Cachet postal

courrier des lecteurs, lettres d’insultes non anonymes, demandes d’autographes, commandes de produits dérivés, achat des droits pour le cinéma, conseils pour devenir joueur de pipeau professionnel, sponsoring à plus de cinq zéros, ou autres raisons indispensables de me contacter directement ? glissez votre message dans l’enveloppe, léchez le timbre, et collez-le ici 

 

 

 

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DURA LEX...

Toutes les lettres (et les chiffres aussi, allez, soyons pas radin) formant les mots qui constituent ce blog, ainsi que tout ce qui s’y trouve, y compris la super méga géniale bannière, sont protégés par la loi, des playmobils surarmés, et plein d’autres trucs plutôt cool. Alors on ne copie pas, on ne vole pas, on ne tire pas les cheveux des filles à la récré, sinon, je vais chercher des copains très baraqués, et on vient tous chez toi manger des pizzas aux anchois sur ton canapé, mettre tes boyaux en guirlande sur ton yucca, et casser ta télé. Alors fais super gaffe les gens. 

 

 

 

 

 

 

 

Avec le temps va

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Lundi 5 octobre 2009

Il n’est pas nécessaire d’avoir fait 3 semaines d’études à la faculté d’astrologie cartomancienne Elisabeth Tessier, pour constater que mon inspiration s’est passablement essouflée...

Mais je crois que j’ai trouvé la solution : je vais prendre un coach. Ben oui, pourquoi pas moi. Tout le monde en a un.

Un coach, c’est le truc bien coiffé qui te sert à faire des choses que tu n’aimes pas ou que tu n’arrives pas à faire.

Par exemple quand tu n’arrives pas à tondre ta pelouse parce que c’est vraiment trop faire comme tes voisins, ou quand tu n’arrives pas à faire le repassage parce que ça te donne envie de pleurer, ou encore lorsque malgré presque plein d’efforts intensifs, tu ne parviens pas à écrire des billets super cools sur le blog vert le plus influent et drôle au nord de la route des cerisiers…

Le problème c’est de trouver le bon, car les coachs, c’est comme les femmes : pas facile de trouver la bonne, et encore moins la super bonne…

Alors comme tout être humain qui n’est pas occupé à mourir de faim, j’ai demandé à Gogol®, parce que lui c’est le plus fort pour te trouver des trucs dont tu n’as pas besoin, et ça c’est l’idéal quand tu cherches un coach…

Grâce à Gogol®, j’ai trouvé un coach sportif, un coach minceur, un coach look, un coach d’expression orale, un coach personnel, un coach de périnée, un coach potato, bref, toutes sortes de coach…

Même un coach sexuel. Je me demande bien ce qu’il fait lui d’ailleurs… Il s’assied sur un banc de touche, au pied du lit, en survêtement, avec un sifflet autour du cou, et te dis des trucs genre : « Vas-y, bien souple des hanches… douuuucement….làààà… bien…. Maintenant retire toi lentement… et là, vas-y d’un coup sec tu la bourres à fond… ok… parfait… pense à Rollier du service immobilier pour pas jouir trop vite…Voilàààà… Ralentis Bieeeen, embrasse lui le sein droit…lààà…. parfait… Ok, maintenant accélère à nouveau, vas-y, vas-y, ça y est… Jouis !… Ok, c’était très bien, cela fera 150 balles, à la semaine prochaine… »

Enfin bref, des coachs, j’en ai trouvé de toutes sortes, mais pas un pour m’aider à retrouver un minimum d’inspiration…

De toute façon, je le vois arriver mon coach, sans doute aujourd’hui, parce qu’il ne faut pas remettre à demain et patati patata. Il va frapper à ma porte bien rasé, souriant, et gourmetté d’argent, et il va me dire un truc genre : « C'est en toute connaissance de cause que je peux affirmer aujourd'hui que l'acuité des problèmes de la vie quotidienne interpelle chacun et nous oblige tous à aller de l'avant dans la voie d'un plan correspondant véritablement aux exigences légitimes de chacun ».

Et c’est le genre de phrase qui va me saouler…

Alors finalement, je ne vais pas prendre de coach…

Ce sera pas la première fois que je suis en dehors du trend, mais tant pis…

Et puis vous, ben faudra vous contenter de cela et être patient…

« Virgule » sous perfusion, par arpenteur, à la mine depuis 1971
(c)photo arpenteur2009 - Paris
Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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Jeudi 3 septembre 2009

Il était une fois un Colonel qui avait pris goût au camping lors de son service militaire. Ancien capitaine il décida un jour de devenir colonel. Pourquoi pas général ? me direz-vous. Eh bien comme ça, parce qu’il est de gauche, et qu’à gauche le Président s’appelle Premier Secrétaire, et le Général s’appelle Colonel, sans doute.

A grands coups de pelle, pas toujours en plastique, Le Colonel est vite devenu le patron du bac à sable et y a enterré tous ses opposants.

Puis, assis sur ce tas de sable judicieusement situé sur un océan de pétrole, il s’est laissé dorer au soleil pendant quarante ans, changeant à l’occasion de casquette, et de lunettes noires.

Comme tous les amateurs de lunettes de marque, il a longtemps fait partie de la jet-set. La jet-set, ce sont ces gens qui font la bombe dans les avions, je crois…

Puis petit à petit, tout le monde s’est habitué à lui, et à ses costumes un peu excentriques. « Il est un peu facétieux, mais pas si méchant » disait-on, et surtout, on aimait beaucoup son tas de sable, ou plutôt ce qu’il y avait dessous.

Le Colonel a fini par se faire inviter volontiers un peu partout, dès qu’il y avait une petite fête. Comme souvent dans la jet-set, certains se la jouent « popu », et notre ami le Colonel aimait voyager léger, et loger dans les campings.

D’aucuns l’ont aperçu au camping de l’Elysée, s’extrayant de sa tente au petit matin, en slip, le PQ à la main, la brosse à dent à la bouche, crachotant son pepsodent ultra white dans la pelouse, pendant que le tenancier faisait son jogging autour de sa tente.

On l’a aussi aperçu lors d’une petite sauterie en Italie, où le gérant du camping de l’Aquila, lui avait proposé de venir passer un week-end avec ses concitoyens, grands amateurs de camping eux aussi, selon lui.

Comme dans bien des familles aisées, les enfants se révoltent un peu. Le fils du fameux Colonel détestait le camping, et voyageait, lui, plutôt de palace en palace, avec une suite de serviteurs plus ou moins dociles. Au moindre petit écart, le petit personnel se voyait violemment réprimandé, voire frappé, laissant presque impunément des taches de sang sur les tapis délicieusement moëlleux et sans acariens des palaces 6 étoiles. Les cris des serviteurs troublaient parfois le sommeil des autres clients des palaces, les mettant quelque peu mal à l’aise. Il fut décidé de porter plainte contre le fils du Colonel campeur, habilement prénommé Hannibal…

Quelques flics bien intentionnés, et sans doute moustachus, l’ont alors menotté et embarqué pour une petite nuit dans un poste de police à côté d’une banque, puisque dans les villes qui ont un jet d’eau, tout est à côté d’une banque.

Le papa d’Hannibal en a été particulièrement fâché. Il était Colonel, quand même, et ce n’était pas un petit appointé de gendarmerie qui allait lui en montrer. Peu importe si celui-ci avait appliqué la loi, la hiérarchie reste la hiérarchie, bon sang de bois !

Afin de bien montrer qui était le patron, le Colonel a commencé par faire disparaître la famille des domestiques un peu douillets. Puis il a fermé le robinet à pétrole, mais ça n’a pas duré, car il s’est vite rendu compte que faisant cela, il n’aurait plus les moyens de s’acheter cette nouvelle paire de lunettes Tom Ford qui ont vraiment trop la classe.

Il a donc décidé de prendre en otage des hommes d’affaires, venus lui faire un prix d’ami pour quelque chose qu’il pouvait sans doute payer le double. Ces commerciaux venaient du pays qui avait osé appliquer la loi envers son fils comme envers n’importe quel Desbaillets, dont le père n’a pas gradé à l’armée et déteste le camping. Pour faire bonne mesure, le Colonel décida également de rompre toute relation commerciale avec ce pays, qui devait être rayé de la carte, et partagé entre ses voisins.

Alors, un an plus tard, le Président démocratiquement élu de ce pays où l’on vote pour tout et n’importe quoi, voire plus si on a un peu de temps, a pris un petit avion un peu pourri pour aller faire une visite de courtoisie au Colonel.

Après d’âpres négociations, le Président du petit pays a obtenu de pouvoir faire des excuses au Colonel et à son fils, pour, je cite « cette arrestation injuste » et a également obtenu la mise sur pied d’un tribunal arbitral, pour que son pays soit sévèrement jugé pour avoir ainsi appliqué sa propre loi.

Satisfait, le Colonel a promis de libérer les criminels qu’il retenait, mais quand il aurait signé tous les documents. Le Président est reparti tout guilleret, avec son avion, qu'il a renvoyé quelque jours plus tard chez le Colonel, pour chercher les bagages des otages (Swiss Force One est un petit avion, je vous l'ai dit).

Puis le Colonel a organisé une petite fête pour le retour d’un vieil ami de la jet-set, qui avait passé quelques années en Ecosse pour des raisons de santé.

Le lendemain, il a pris son plus beau stylo, un Mont-Blanc plaqué or, échangé contre des infirmières bulgares par le tenancier du camping de l’Elysée, qui lui même avait subrepticement emprunté ce stylo au gérant d’un camping roumain. Le Colonel a rédigé un courrier à l’ONU pour demander le démantèlement du petit pays en question, puis a oublié les otages dans un coin, ce qui est très cruel, considérant qu’ils n’avaient plus leurs affaires.

Le Président fut accueilli en héros autour du tourniquet à bagage de l’aéroport, et d’aucun n’hésitèrent pas à dire qu’il faut parfois « oser regarder le bédouin dans les yeux et lui faire confiance »…

Mais il faut reconnaître qu’il est très difficile de regarder dans les yeux un bédouin qui porte des lunettes noires, surtout pendant qu’il est en train de te la mettre dans le cul…

« Humeur » fabuliste, par arpenteur, ridicule depuis 1971
(c)photo arpenteur 2006 - grangettes, suisse
 
En dessin aussi

Par Arpenteur - Publié dans : Humeur
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Jeudi 27 août 2009

Si tu es Suisse, il y a plusieurs chose que tu dois faire dans ta vie : aimer le cervelas, t’excuser auprès des dictateurs, aller au service militaire avec des suisse-allemands, et faire une cabane…

Faire une cabane, ça n’a rien à voir avec le fait de trouver des branches, de les entasser, et de s’y cacher pour jouer aux indiens.

Non.

Faire une cabane, c’est une activité à base de cloques, de jurons, de cartes, d’odeurs, et de vin rouge.

En fait ça commence toujours pareil. Il y a un bon repas, du vin rouge (déjà), le feu crépite dans la cheminée, l’ambiance est agréable et amicale, la neige tombe doucement devant les fenêtres, et tout à coup, c’est le drame… Quelqu’un lance innocemment : « on se fait une cabane cet été ? »…

A partir de là, tout s’enchaîne. Coordination des agendas, choix d’un itinéraire… Faut que ce soit beau, mais pas trop dur parce que sinon Jean-Fabrice ne vient pas car c’est un flemmard, mais pas trop facile non plus, parce que quand même la montagne, ça se mérite, et puis pas trop loin, parce que se taper plus d’heures de route que de marche en vivant dans les Alpes se serait vraiment con, et pas trop compliqué à organiser, parce que là franchement ça devient galère.

Lorsque tout est réglé, commence la première partie de l’aventure : retrouver ton sac à dos, ton sac à viande, ton couteau suisse, et tes chaussures de marche quelque part dans le galetas. Acheter des fruits secs, un saucisson et une bouteille de rouge, mettre le tout dans le sac, puis sur son dos.

Ensuite, il te faut être patient, et attendre Jean-Fabrice, dont la montre est en panne depuis moins quart, ce qui permet de se mettre de la crème solaire en regardant le sommet, et là quelqu’un dit : « Facile, 10 minutes et c’est réglé c’t’affaire »…

Enfin, lorsque tout le monde est prêt, tu peux te mettre en route. Après deux-trois minutes de marche (jamais plus de cinq, c’est scientifiquement prouvé), tu entends inévitablement un : « Pfff c’est encore loin ? » et tout le monde rigole.

Oui c’est vraiment marrant la randonnée.

Normalement un « c’est encore loin Grand Schtroumpf » ne tarde pas trop, puis ce ne sont plus que des soupirs, des « c’est qui le con qui a eu cette idée », « j’arrête, c’est décidé, je m’arrête là, je ne bouge plus »…

Oui, c’est vraiment marrant la randonnée.

Quelques centaines, voir millier de mètres de dénivelé plus haut, la croix blanche nationale flotte fièrement dans le vent, se détachant dans un ciel de ce bleu unique des sommets pas trop hauts.

Au pied du drapeau, la cabane de pierre. Lorsque dégoulinant de sueur, tu poses enfin le pied sur la terrasse avec son panorama magnifique, tu te rappelles pourquoi c’est bien de faire une cabane. Mais cela ne dure que peu de temps, voire moins, car très vite tu apprends qu’il n’y pas de douche, et que ce cabanon branlant, au loin là-bas, ce sont les toilettes.

A l’entrée de la cabane, c’est comme dans une mosquée : il y a une chaussurothèque dans laquelle tu dois déposer tes godillots crottés. En échange, tu peux choisir une paire des sublimes pantoufles mises à disposition, dans lesquelles des milliers de personnes ont fait sécher leurs chaussettes avant toi. Il n’y a forcément jamais ta taille, et tu te retrouves à marcher les orteils recroquevillés dans de jolies mules roses taille 36 avec une grosse fleur sur le dessus.

Avant de profiter d’un repos bien mérité, pour une fois, tu vas dans le réfectoire prendre le repas. A une heure bien précise, on te verse du potage dans un bol à grands coups de louche, puis une assiette de spaghetti, ou un émincé. Rarement plus de variété, ni de choix. Mais tu es dans la sauvagerie échevelée de la nature, alors n’en demande pas trop, ok ? C’est pour ça que tu es venu d’ailleurs…. Quelques fruits en boîte pour faire passer tout ça, une dernière bouteille de vin rouge et un jeu de carte, en attendant l’extinction de feux. Parce que à 22h00 c’est tout le monde au lit sans exception et « silence s’il vous plaît »…

Tu penses que l’absence de douche est une plaisanterie, et tu essaies toutes les portes de la cabane (si, si, toutes les quatre) pour en être bien sûr, et tu finis par t’asperger des quelques gouttes qui restent au fond de ta gourde…

Puis, déprimé tu remets tes chaussures et part à l’ascension du cabanon des toilettes, 100m plus loin, parmi les bouquetins. Tu essaies de ne pas regarder dans le trou, pour éviter de voir les déjections de tous ceux et celles avec lesquelles tu vas partager le dortoir. Mais l’odeur… ça… tu peux pas éviter… Alors tu t’entraînes à l’apnée, et tu tentes de respirer avec tes oreilles, mais très vite la nature te rappelles que tu as quitté le stade poissonnier depuis plusieurs centaines de milliers d’années. Tu t’imprimes sur les fesses la page 5 du journal local du 12 juillet 1998, puis tu essaies de ne pas trop baisser les yeux en cédant ta place à celui ou celle qui attendait juste derrière la porte…. Et qui saura… pour le joli bronze… et pour l’odeur…

Chaussé de tes ravissantes mules roses, tu peux enfin monter dans le dortoir. Une petite escalade plus tard, tu te glisses dans ton sac à viande, sous les lourdes et piquantes couvertures militaires et centenaires, encore poisseux de l’ascension de la journée…

Avec un peu de chance tu as bu assez de vin rouge pour t’endormir le premier… mais certains sont vraiment très fort, et c’est juste avant que les meilleures ronfleurs, et le jour, ne se lèvent que tu parviens enfin à t’endormir…

Les yeux collés, tu n’envisages même pas de te débarbouiller, et tu renonces au thé ou café matinal, de peur de devoir affronter le froid humide du petit matin, pour aller aux toilettes.

Une tranche de pain presque sec, légèrement beurrée plus tard, tu abandonnes à regret tes petites mules roses, et tu te remets en marche, parce que la randonnée, c’est bien sympa, mais il faut redescendre ensuite…

Et il peut y avoir du brouillard, et pleuvoir aussi…. Mais pas toujours…

Vivement l’année prochaine…

« Virgule » montagnarde, par arpenteur, suisse depuis 1971

©photo arpenteur2009

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Jeudi 6 août 2009

Alinghi 5 a passé son mois de juillet en vacances par ici. Si, si.

Vous me direz, c’est quoi ce Alinghi 5 ? Le dernier film de Luc Besson avec du noir et blanc dedans ? La version kirghize de Koh Lanta où Serik est obligé de sucer les sabots d’un chameau mort pour remporter l’immunité ? Le nom d’une nouvelle épidémie qu’on va nous vendre pour animer un petit peu les premières semaines d’automne pendant lesquelles les journalistes n’ont pas grand chose à se mettre sous la dent ? Ou la nouvelle chaîne thématique qui diffuse sur le câble les meilleurs moments des interludes, qui franchement nous manquent beaucoup... ?

Non, rien de tout ça.

Alinghi 5, pour nos néanmoins voisins hexagonaux, et autres, c’est un bateau. En fait c’est LE bateau du moment. C’est le plus grand voilier de régate jamais construit : un catamaran de 36m de long, 24m de large, surmonté d’un mât de 50m (17 étages…), qui coûte sans doute un peu plus que la peau des fesses des jumelles de Federer en première page de L’Illustré.

A quoi ça sert un bateau pareil ? A gagner la Coupe de l’America, une compétition de voile, la plus ancienne compétition sportive du monde (j'en avais parlé un jour ici), avec un bateau construit et testé au cœur des Alpes suisses.

Encore quelques dizaines de procès, et les deux équipes se seront mises d’accord sur les règles : le gagnant sera celui qui arrive en premier à l’arrivée, pour autant que la masse totale de l’équipage avant le petit déjeuner n’excède pas le poids de la voiture du grand-père du barreur divisé par la surface de voile, dont on déduit l’âge du plus jeune à bord, pour autant qu’il soit majeur, vacciné contre la grippe A, et qu’il n’ait jamais voté UDC.

Et aujourd’hui sans doute, le plus grand hélicoptère du monde, venu tout exprès de Sibérie, viendra emporter ce géant par-dessus les Alpes, pour aller le déposer en mer. Puis, en février 2010, aux Emirats Arabes Unis, Alinghi 5 remportera le procès final la régate… Ou pas.

Il est né loin de toute mer, mais comme pour le plus majestueux des fleuves, elle est son seul but.

Plus rapide que le plus gracieux des oiseaux, il vole sur le flots, élégant, serein, impérial, et ça coupe le souffle… Vraiment.

Une seule de ses voiles, coûte la moitié d’un prime de Secret Story, et permettrait de régler la faim dans le monde au moins pour 4-5 jours, et ca me dégoute.

Et en même temps, il n’y a pas à redire… Alinghi 5, c’est vachement beau. Emouvant.

Et ça, ça m’énerve.

« Humeur » admirative, par arpenteur, marin d’eau douce depuis 1971

©photo arpenteuse2009 – Le Bouveret, Lac Léman, Suisse



NB : les petits points rouge tout en bas...c'est l'équipage...

Par Arpenteur - Publié dans : Humeur
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Dimanche 19 juillet 2009

Je sais, tu vas croire que j’en glande pas une, que je suis parti me dorer l’abdominal dans un 5 étoiles des Iles Lofoten grâce aux droits d’auteur qui me sont directement versés par containers entiers de grosses coupures…

Eh bien je vais, sans doute te décevoir, mais tu me mets le doigt dans l’orbite oculaire jusqu’au scaphoide, et t’es vraiment un peu con, parce que ça fait mal... et surtout, c’est très mauvais pour la vision périphérique. Mais bon, tu es grand, je ne vais pas non plus te chaperonner toute la journée… Alors débrouille-toi avec ton scaphoide coincé dans l’œil (essaie quand même de le ressortir à l’occasion, tu pourras en avoir besoin de ton scaphoide…)

Du coup, tu te demandes sans doute pourquoi je ne suis pas parti en vacances comme il se doit, et tu te dis : « Zut, cette crise elle fait vraiment qu’à nous embêter… »

Si je n’ai pas pu partir, c’est parce que c’est l’anniversaire du dépucelage de la lune… Et comme les Virgules restent le blog vert le plus influent et drôle au nord de la route des cerisiers, je me devais de célébrer cet anniversaire avec un billet absolument hors du commun.

Comme on vous le rabâche depuis quelques jours déjà, vous savez bien évidemment que le 21 juillet (comme presque aujourd’hui, c’est pour ça que c’est un anniversaire… tu suis un peu ?) 1969, Neil Armstrong posait ses grosses bottes dans la poussière de la lune. Il chaussait alors un 43 1/3, mais il est probable que tout le monde s’en foot (jeu de mot bilingue, force 3… merci pour vos applaudissements…).

Moi, la Lune, j’y suis jamais allé. Je l’ai bien regardée quelques fois en rêvant, mais de là à entreprendre le voyage, je sais pas…

Peut-être juste pour le paysage alors, mais maintenant, avec GoogleEarth, on peut faire pareil sans devoir respirer dans une bulle de plexiglas...

Parce que sinon, selon ce que j’en ai entendu dire (oui, sur un blog, il faut relayer des rumeurs, sinon ça perd toute sa raison d’être, vous saviez pas ?), la Lune c’est très surfait comme lieu de villégiature.

C’est vrai quoi. C’est très poussiéreux, les mers sont sèches, et surtout, il faut faire de grandes phrases en arrivant genre « I have a dream », « Ich bin ein Berliner », « C’est pas grave si je suis nominé, parce que de toute façon cette expérience c’est que du bonheur », ou « Je trouve que j’ai vraiment bien joué, je suis content d’avoir encore gagné, et je suis désolé pour Andy qui est vraiment un grand joueur ».

Donc le Neil Armstrong, avec son 43 1/3, il a passé les quatre jours du voyage à se triturer la cervelle pour trouver quelque chose de pas trop con à dire.

Il a longtemps hésité à faire un gag avec lune de miel, mais il s’est dit qu’après quatre jour enfermés dans une minuscule capsule avec deux autres mecs, ça risquait de lui casser bien des coups à son retour sur terre.

Il a donc parlé de pas, de géant et d’humanité, ce qui est un comble dans un endroit où il n’y avait jamais eu de pas, et encore moins de géant, mais finalement peut-être un peu plus d’humanité que sur terre…

Et le plus fou dans cette histoire, c’est que le seul endroit où il y a eu du monde sur cette lune, s’appelle la Mer de la Tranquillité…

Voilà qui pourrait peut-être me tenter finalement…

« Virgule » astronomique, par arpenteur, cordonnier depuis 1971
(c)photo arpenteur2009 - Paris

Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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Mardi 7 juillet 2009

Je suis le plus ancien du Negresco. Pas l’hôtel. La Résidence. Enfin, résidence est un bien grand mot pour un banal immeuble de 18 appartements répartis sur 6 étages.

Déjà 48 ans que je suis là. Je m’y plais bien…

Je pense que je m’ennuierais dans un pavillon. Il ne s’y passe pas grand-chose, et la vie au grand air ne m’a jamais attiré.

Ici c’est animé, vivant. Il y a toujours du va-et-vient. Pour quelqu’un de curieux comme moi, c’est beaucoup plus intéressant. Et le temps passe plus vite. Je dors peu, je suis toujours prêt, attentif, je m’en voudrais de manquer quelque chose.

Chaque matin, c’est Monsieur Sarbeck que je vois en premier. Il claque toujours la porte en sortant de chez lui. A l’entendre parfois marmonner autour de son éternelle cigarette, je sais qu’il le fait exprès pour réveiller sa femme : « elle pourrait bosser aussi cette vieille bique, y en a marre de trimer tout seul », puis il laisse une odeur de fumée âcre flotter dans les couloirs, et sort dans la nuit, même en été. Il commence vraiment tôt à l’usine. Je crois que s’il était un peu moins bougon et désagréable, j’aurais pitié de lui. Et puis, j’ai aussi entendu dire qu’il avait plus d’une fois confisqué des ballons ou autre jouets qui arrivaient malencontreusement sur sa terrasse. Toujours à râler contre les enfants. J’imagine que c’est parce qu’il n’en a pas eu qu’il les déteste autant.

Pourtant, moi non plus je n’en ai pas, et je les aime bien les enfants.

Ceux de la résidence, c’est un peu les miens, je les connais tous avec le temps.

Mon préféré, c’est le petit Jérémie, avec ses grands yeux curieux et rieurs derrière de non moins grandes lunettes. Il est vraiment sympa. Avec son sourire craquant, il est le roi du monde de ses huit ans. Il s’amuse à calculer à quelle hauteur il est déjà monté dans cette résidence. Quelques fois, je l’entends faire ses calculs à voix haute : il estime qu’à chaque fois qu’il rentre chez lui, il monte de 14 mètres. A raison de trois à quatre fois par jour, entre les retours de l’école, les courses avec sa maman, et les fois où il joue devant l’immeuble avec ses copains, il monte de presque 50m chaque jour. Comme il a toujours vécu ici, et qu’il a aujourd’hui 8 ans et demi, il estime qu’il a déjà gravi 16 fois l’Everest, et que par conséquent il habite dans la résidence la plus haute du monde.

Je l’aime vraiment bien Jérémie.

C’est le fils du jeune couple de bobos, au troisième gauche. Sa maman aussi est sympa, et surtout mignonne. Un carré strict mais un sourire jovial et un regard pétillant de vie. Je me demande si je suis le seul à avoir remarqué la petite aventure qu’elle a avec le beau gosse du cinquième, Dimitri.

Il se sont croisés un jour devant les boîtes aux lettres et ont fini par monter ensemble. Ils ne se sont rien dit. Mais leurs regards signifiaient bien plus que leur silence. J’ai remarqué par la suite que Dimitri avait repéré les horaires de Cécile et qu’il s’arrangeait pour la croiser de plus en plus souvent. Et ce qui devait arriver arriva. Je sentais une telle tension, une telle attirance animale entre eux, que cela ne m’a vraiment pas surpris.

Je les ai quelques fois vus s’embrasser avec fougue. C’est amusant.

Ils se croient seuls, puis quand j’arrive et que j’ouvre la porte, ils s’arrêtent, reprennent un air vaguement candide qui ne l’est pas du tout. Je ne sais pas si c’est parce que je suis au courant, mais franchement, à la voir réajuster maladroitement sa jupe, et lui se recoiffer nonchalamment, ils n’ont pas l’air du tout innocents.

Je me demande si Cécile sait que son Dimitri du cinquième il les collectionne les conquêtes. Car ce n’est pas la seule que je l’ai vu embrasser dans les couloirs et ailleurs. Je pense qu’elle le sait et que ça lui est bien égal. Elle prend un peu de bon temps à l’occasion et voilà. Mais elle devrait quand même être plus prudente. Les couloirs ce n’est pas l’endroit le plus discret. Quelqu’un pourrait les voir. Je ne suis certainement pas le seul curieux de la résidence. On sait comme sont les voisins. Toujours à s’intéresser aux affaires des autres.

Mais moi, même si je suis un peu trop curieux, je ne me mêle pas de la vie des autres. En tout cas pas activement. D’ailleurs, Dimitri a bien raison de profiter un peu de la vie, il est jeune encore. Et puis je dois avouer que son côté un peu exhibitionniste me plaît assez. J’ai même parfois l’impression qu’il me prend pour un complice. Ca met un peu de piment dans mes journées. Enfin, mes nuits plutôt.

Du piment il y en a eu l’année dernière.

Un matin, la police a débarqué. Ils se sont regroupés dans le hall d’entrée, et j’ai écouté ce que le concierge leur racontait, évidemment :

-         Ben je balayais le couloir du quatrième, comme tous les jeudis matins. Comme d’habitude, j’ai soulevé le paillasson de Madame Flamel, pour faire les choses en ordre. J’aime quand le travail est bien fait. On en connaît assez des responsables de résidence qui font leur boulot à la va-vite, sans aucun sens des responsabilités. Ben pas de ça au Rialto, moi je vous le dis. Ici vous ne trouverez personne qui pourra dire que les corridors ne sont pas propres.

-         S’il vous plaît Monsieur, avait demandé un policier. Venez-en au fait, Monsieur ?

-         Monsieur Chekirout, je suis le concierge de la résidence.

-         Oui, j’avais cru le comprendre. Mais revenons-en à Madame Flamel, si vous voulez bien.

-         Ben, alors quand je balayais, j’ai donné un petit coup contre la porte par accident. Ca n’arrive jamais normalement. Je fais bien attention à ne déranger personne, vous pouvez me croire.

-         Mais on vous croit Monsieur, on vous croit.

-         Ben là, la porte, elle s’est ouverte toute seule. Au début j’ai voulu la refermer tout doucement. Pour pas déranger, vous comprenez. Mais je sais pas pourquoi, j’ai appelé : « Madame Flamel, ne vous inquiétez pas, c’est le concierge. Excusez-moi si j’ai fait du bruit ». C’est important les rapports de bon voisinage. Ben personne m’a répondu. J’ai hésité, et finalement je suis entré, et vous me croirez si vous le voulez, mais Madame Flamel elle était là, dans sa salle à manger, allongée de tout son long sur un tapis franchement pas très joli, mais vous savez ce qu’on dit. Des goûts et des couleurs… Je me suis approché, et ben j’ai vite vu que c’était grave. Tellement grave qu’elle en est morte. Voilà ce que j’en dis moi. Ben, j’ai refermé, et suis rentré chez moi pour vous appeler et voilà. J’ai rien touché. Comme ils disent de faire dans les films. Et comme elle avait vraiment l’air passée, je vous ai appelé vous plutôt que l’ambulance. Pas faire des frais pour rien, vous voyez. Avec le prix que ça coûte le médical…

-         Ok, ok. Vous avez bien fait Monsieur. Venez nous montrer maintenant.

Ils sont tous montés jusqu’au quatrième, et les policiers ont effectivement constaté que Madame Flamel était morte, crise cardiaque apparemment, et qu’elle avait été cambriolée. Ils ont interrogé un peu les résidents qui étaient là, mais personne n’avait rien vu comme toujours. J’avais bien remarqué ce jeune qui était venu la trouver dimanche soir. Je ne l’avais jamais vu. Mais je n’ai pas fait plus attention que cela. C’est pas mes affaires. Alors comme je ne me souvenais de rien de précis, je n’ai rien pu dire aux policiers.

Puis Madame Flamel a été emmenée par les pompiers, dans une caisse en plastic blanche. Ils sont passés par l’escalier.

Ca m’a rappelé la fois où un ses petit-fils était venu passer le week-end chez elle, parce que ses parents étaient partis quelques jours. Je me souvenais de lui quand il était gamin, avec sa raie de côté et son air de premier de classe.

Mais il avait bien changé, et je peux vous dire que le petit-fils, il ne l’a pas beaucoup vue la grand-mère. A peine arrivé, je l’ai vu repartir, et quand il est rentré en plein milieu de la nuit, en se cognant contre tous les murs, il a fini par vomir sur ma porte. J’étais enragé.

Mais il avait fait tellement de boucan, que la voisine de Madame Flamel était sortie, et quand elle l’a vu allongé par terre devant ma porte, elle a réveillé la pauvre grand-mère, qui s’est empressée de tout nettoyer. Alors je n’ai rien dit.

J’aime pas me mêler des affaires des autres.

Jusqu’à la semaine dernière, tout se passait plutôt bien. La petite vie routinière, mais pas tant que ça, d’une résidence ordinaire. Les allées et venues des uns et des autres.

Tout à changé mercredi, dans l’après-midi, quand j’ai gardé le petit Jérémie avec moi pendant cinq heures. En sortant, il était traumatisé, paraît-il.

On m’a tout de suite accusé. On a dit que tout était ma faute, qu’on ne pouvait pas se fier à moi, que ce n’était étonnant que l’enfant soit ressorti aussi choqué que cela de cette expérience, que j’étais trop vieux, qu’il ne fallait pas laisser des enfants seuls avec moi, et j’en passe et des meilleures.

Tout de suite après, on m’a mis de côté. C’est le concierge qui a conseillé à tous les résidents, surtout les enfants, de m’éviter : « On ne sait jamais » disait-il, d’un air soupçonneux.

Et depuis deux jours, je subis même un traitement spécial.

Le concierge, tout fier, a scotché sur ma porte, un carton sur lequel il a dessiné maladroitement quelques marches et s’est appliqué sans grand succès à écrire : « Ascenseur en révision complète, merci de prendre l’escalier »

« Nouvelle mauvaise » qui monte et qui descend, par arpenteur, concierge depuis 1971
(c)photo arpenteuse2009 - Stockholm, Suède

Par Arpenteur - Publié dans : Nouvelles mauvaises
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Vendredi 29 mai 2009

Constatant avec une perspicacité qui m’honore, vous en conviendrez, que mon inspiration est aussi proche du sol que la pile de livres lus par Paris Hilton depuis mars 1984, je creuse à grands coups de pelle dans l’actualité pourtant fort bandante, à la recherche de quelque sujet digne de vos yeux délicats (Paris Hilton et bandante dans la même phrase… ca sent le carton ce billet).

Comme je ne peux décemment vous abandonner plus longtemps, surtout que ce longtemps risque de durer encore plus longtemps, puisque je vais presque de ce pas prendre la mer qui prend l’homme, et comme par hasard ce sera mardi, j’ai tiré au sport, et je suis tombé sur un grand classique du printemps : Roland Garros.

Vous allez me dire : « pas de quoi faire un billet »… et vous auriez raison.

Mais n’avez-vous pas remarqué que c’est une expression qui s’applique à 99.9994% des billets, pour ne pas dire des blogs, pour ne pas dire du web 2.0 (ça je ne sais toujours pas ce que c’est)…

Alors revenons à cet aviateur mort qu’est Roland Garros.

Surtout que ce n’est pas n’importe quel aviateur mort : il a été champion interscolaire de cyclisme en 1906, à une époque où le dopage n’existait pas. Comme maintenant en somme. C’est dire combien il était doué.

Raison pour laquelle on a baptisé un stade de tennis parisien à son nom.

Un aviateur aimant la bicyclette, et un stade de tennis, ça n’a rien à voir en effet, si ce n’est le goût prononcé de nos néanmoins voisins hexagonaux pour donner aux choses le nom de personnes mortes : une Poubelle, la Bibliothèque François Mitterrand, la Rue du Général de Gaulle, le Stade de France, le Boulevard Voltaire, la Fosse sceptique Nikos Aliagas, le Vestiaire Zinédine Zidane, ou autres Vomitorium Jean-Pierre Pernaud…

Dans le stade Roland Garros, des gens en short se passent une petite balle jaune, mais personne ne veux la garder, car « c’est trop non, fallait pas, vraiment… », et ils passent des heures à se la renvoyer en disant « tenez », « mais non, tenez » d’où l’origine du nom de ce sport.

A Paris, cette inhabituelle et pour le moins étrange politesse, n’est pas sans fasciner les foules, peu coutumières d’une telle prévoyance envers son prochain. Alors les parisiens, après s’être insultés dans la queue, s’installent autour des joueurs, et les regardent avec admiration, dans un silence religieux en secouant la tête de gauche à droite, et de droite à gauche pour les plus audacieux. Arbitre compris. Un tel succès ne pouvait laisser indifférent les médias, et par conséquent les sponsors.

Les joueurs, flairant la coke la bonne affaire, se sont mis à rivaliser d’adresse et de politesse, se renvoyant la balle à qui mieux-mieux, jusqu’à ce que l’un abandonne en serrant la main gluante de sueur de l’autre.

Le gagnant s’excuse alors d’avoir gagné, pleure de désolation et loue le talent de son adversaire, qui promet de perdre encore plus élégamment la prochaine fois, devant un public époustouflé.

Pour les récompenser d’une telle leçon d’humilité, les organisateurs et les sponsors donnent au vainqueur un chèque avec plein de zéros, et celui-ci dit merci. On donne presque le même chèque au perdant, pour pas faire de jaloux.. Cela ne serait pas très poli de défavoriser l’un des invités. Et le perdant dit merci aussi.

Puis les joueurs s’en vont ensemble, bras dessus-dessous, en riant.

Pour résumer, le tennis est un sport de racket, où il faut éviter les coups de filet… Contrairement au cyclisme qui est un sport de pédale qui fait mal au cul…

« Virgule » en terre battue, par arpenteur, out depuis 1971

(c) photo arpenteuse2008 - Istanbul (c'est ce qu'il y de plus proche d'un filet dans mon stock)

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Samedi 25 avril 2009

En ce moment en Suisse, il y a les championnats du monde de hockey sur glace. Le monde du hockey sur glace est très froid, sinon, ce serait du water-polo.

Il se compose principalement de russes, de scandinaves et de nord-américains, qui mettent de la glace dans toutes leurs boissons, sauf dans la bière parce que l’alcool c’est mal (d’ailleurs, ils ne torturent leurs prisonniers qu’avec de l’eau, c’est bien la preuve d’une part que l’alcool c’est mal et d’autre part qu’ils respectent les croyances musulmanes de leur victimes, non mais oh c’est quand même pas des barbares les étazuniens).

Mais revenons à nos glaçons.

Pour jouer au hockey sur glace, il faut une rondelle, une canne, un casque, des cages, une prison et de la glace bien évidemment, et bien froide aussi.

Les joueurs de hockey se composent d’accent canadien, de casque en plastique pour y mettre encore plus de publicité que sur un cycliste (dont les casques ont des trous, quel gaspillage quand même), de patins, et de dents. En principe 5, parfois 6 ou 7 chez les moins bons joueurs.

Au début du match, un joueur déguisé en prisonnier se met au milieu de la patinoire, parce qu’il se la pète un peu. Il est beaucoup plus maigre que les autres et pour montrer qu’il n’a pas peur, il jette très fort la rondelle sur la glace (sans doute essaie-t-il de la briser pour mettre un peu d’ambiance, on ne sait pas trop, en fait).

Les joueurs, peu coutumiers de tels gestes de violence tout à fait inadéquats dans une enceinte sportive autre qu’un stade de football,. se précipitent sur la rondelle et essaient de l’attraper avec leur canne pour vérifier si elle n’a pas été malencontreusement ébréchée.

Mais essayez d’attraper une rondelle de caoutchouc sur de la glace. C’est comme récupérer une savonnette dans la douche : on finit toujours par s’écraser la gueule contre la vitre en tombant. Raison pour laquelle ces lopettes de hockeyeurs ont un casque, des gants, des coudières, des genouillères, des couillières, et des dentières dentiers.

Le seul moyen de récupérer la rondelle que ce con d’arbitre a jeté par glace, c’est de la bloquer dans un coin. Mais, comme l’inventeur du hockey était un gros niaiseur avec une chemise à carreaux et un chatoyant accent de Taddoussac, les patinoires n’ont pas de coins.

Dès lors, pas d’autre solution que d’essayer de lancer cette fichue rondelle dans une des deux cages pour enfin l’immobiliser. C’est là que se trouve un petit malin qui a compris que le meilleur moyen d’attraper la rondelle est de se poster devant la cage, puisque tout le monde va essayer de l’y mettre. Afin d’augmenter ses chances, il s’est fait faire des gants spéciaux, et a mis une grille devant son visage (je vous avais dit qu’il était plus malin que les autres).

Au bout d’un moment, cette saloperie de rondelle insaisissable énerve tout le monde. Le hockeyeur, souvent un peu soupe au lait, enlève alors ses gants, et tape très fort à mains nues sur le casque de son adversaire, qui jette alors lui aussi ses gants par glace, car il n’a pas l’intention de se laisser faire devant tout le monde.

Tous deux (ou tous quatre ou tous dix) finissent par se rouler sur la glace de rage avec le maillot tellement relevé qu’on ne voit plus très bien les publicité des sponsors.

C’est alors que le type déguisé en prisonnier s’approche de la bagarre, et leur dit qu’ils vont prendre froid s’ils continuent, et qu’ils feraient bien de remettre leur maillot en place parce que tout le monde voit que leurs muscles sont des imitations en plastique, et leur ordonne de ramasser leurs gants.

Puis il les envoie en prison pour réfléchir à leur étrange comportement. Parce que quand même, frapper à mains nues sur un casque alors qu’on aurait pu garder ses gants, ça mérite réflexion. Les joueurs en cause s’installent alors sur un banc tous seuls derrière une vitre, pour que tout le public puisse se foutre de leur gueule. Tête baissée, ils repensent, avec amertume et une gourde, à leurs actes inconsidérés, tout en crachant du sang par terre.

Au bout de deux minutes (le hockeyeur ne peut pas réfléchir plus longtemps, c’est scientifiquement prouvé), le prisonnier les libère, et ils ont une nouvelle chance s’essayer d’attraper cette rondelle.

A coups de body-check, de power play, de ligne bleue, et de crosse (nom québécois pour dire la canne), ils finissent par mettre la rondelle dans la cage et la lumière rouge s’allume.

Le public et la moitié des joueurs sont fous de joie, car c’est très joli. Pour éviter que ceux qui n’ont pas réussi à attraper la rondelle ne se mettent à bouder, ce con d’arbitre, au lieu de leur payer une glace, retourne au centre de la patinoire, et relance la rondelle entre leurs patins…

Alors évidemment, tout recommence, jusqu’à ce que quelqu’un se décide enfin à actionner une sirène. Tout le monde croit alors à un incendie, que la glace va fondre, et de peur se noyer, quitte la patinoire…

Et à la fin, ce sont les russes qui ont gagné.

« Virgule » en deux minutes, par arpenteur, glaciologue depuis 1971
(c)photo arpenteur2006 - Grangettes, Suisse
Pour ceux qui aiment le sport ou pas, n'hésitez pas à découvrir le rugby, le hornuss, le cyclisme, la voile, ou l'olympisme historique

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Jeudi 16 avril 2009

Le téléphone sonne. Clarisse garde la tête plongée dans son polycopié de droit international humanitaire. Elle ne veut pas entendre. Peut-être que c’est un rêve, un cauchemar plutôt, et que personne n’a appelé.

C’est le portable de Maya qui vient de l’arracher une nouvelle fois à ses études.

Clarisse marque la page avec le surligneur rose qu’elle a en main. Elle soupire, prend son souffle et le retient à la fois, comme lorsqu’on est sur le point de sauter dans une piscine d’eau glacée.

Puis elle décroche.

-         Oui ?

-        

-         Oui, c’est moi. Maya.

-        

-         Oui.

-        

-         Oui.

-        

Elle se félicite une nouvelle fois d’avoir été précise dans l’annonce. Ca lui évite de devoir répondre aux questions plus précisément. Elle sait qu’elle n’y arriverait pas.

-         Oui. D’accord. Dans une heure.

-        

-         Oui, à tout à l’heure.

Le téléphone de Maya serré dans la main, Clarisse s’assied sur son vieux fauteuil, une jambe repliée sous ses fesses. De l’autre main, elle empoigne un coussin qu’elle presse contre sa poitrine, inutile bouclier, dérisoire doudou. Elle ferme les yeux, respire lentement. Profondément. Elle se concentre. Lorsqu’elle estime avoir rassemblé assez de force et de courage, elle se lève. D’un pas lourd elle se traine jusqu’à la douche, ne lâchant son coussin que lorsqu’elle est nue.

La tête basse, elle laisse l’eau brulante emporter les larmes qui débordent malgré elle sous ses paupières. Pourtant elle ne pleure pas. Mais comme à chaque fois qu’elle essaie de faire le vide, tout s’échappe par ses yeux.

Elle lisse doucement ses longs cheveux bruns, et s’en veut d’être si triste. Rien ne la force. Mais c’est plus simple ainsi. Plus d’argent en moins de temps qu’un travail ordinaire, c’est plus de temps pour étudier, et peut-être un ou deux semestres de gagnés.

Elle se prépare avec lenteur, espérant qu’ainsi chaque minute durera un peu plus longtemps, repoussant virtuellement l’échéance qu’elle s’est elle-même choisie.

Ombre à paupière, rouge à lèvre, perruque carrée noire. Tout en achevant sa transformation, Clarisse se remémore la première fois où elle est devenue Maya. C’était un mercredi après-midi. Il y a seulement quelques mois. Et pourtant si longtemps. Tout se confond. Tous se mélangent.

Il y a le geignard, qui miaule pendant 30 minutes, comme un chat en manque de lait devant la porte du frigo. Le larmoyant qui se sent coupable, parle de lui, mais finalement gémit comme les autres. Les silencieux qui ravalent leur gêne sans laisser échapper le moindre soupir. Les pires, ce sont les bavards qui répètent du début à la fin : « oui… oh oui… c’est bon, continue…oui, encore… oh oui ». Pour occuper ses pensées, Maya compte parfois : le record est de 117 « oui » en moins de 25 minutes.

Et il y a elle : « Maya, réelle étudiante, totalement indépendante et occasionnelle, jeune et douce, vous offre ses mains (et rien d’autre) pour 30 minutes de détente et d’extase, 200 francs. Laissez vous tenter. Se déplace uniquement ».

Il en faut trois pour le loyer, deux pour la nourriture et les rares sorties, et un pour les divers frais d’études proprement dits. C’est peu et le téléphone sonne juste assez souvent. La prestation offerte et le prix lui permettent sans doute de faire une certaine forme de sélection. Par contre, c’est beaucoup, au moment où il faut répondre au téléphone, et où Clarisse doit devenir Maya, et refermer la porte de son minuscule studio pour aller vers l’inconnu.

Comme aujourd’hui.

Tête baissée elle entre dans l’immeuble. Elle contourne l’ascenseur et s’engage dans l’escalier. Elle monte toujours à pied : quelques secondes de gagnées avant l’échéance. Elle vérifie une dernière fois sur le petit billet plié au creux de sa main : « Troisième gauche, Damien ».

D’une profonde respiration, elle expire les restes de Clarisse.

Maya cale fermement ses pieds sur le paillasson sur lequel dort un chat noir au ventre usé, elle se redresse, et sonne à la porte. Souffle court, cœur battant, gorge serrée.

L’homme est grand, maigre, des cheveux châtain clairs en bataille masquent son visage qu’il tient baissé. Il la fait entrer sans un regard, totalement recroquevillé sur lui-même.

- Bonjour, dit-elle timidement. Je suis Maya.

La réponse est à peine audible.

- Bonjour, entrez.

Maya semble avoir perçu un tremblement dans la voix. Cela arrive parfois. Elle passe devant le jeune homme qui s’écarte et elle se retrouve dans un studio poussiéreux, à peine plus grand que le sien. Elle remarque une table couverte de feuilles volantes en équilibre précaire, des livres qu’on a vaguement regroupés et empilés dans un coin, sur la moquette, sans doute en prévision de sa visite. Ça sent la bougie parfumée. Toujours sans lever les yeux, Damien s’éclaircit la gorge.

- Je… Je suis désolé, je sais pas trop comment ça se passe. C’est la première fois que je fais ça.

- La première fois ? tu veux dire, ta première fois, euh… avec une fille, demande Maya, inquiète.

- Non, la première fois comme ça. C’est la première fois que je…

Il s’interrompt, passe ses mains dans ses cheveux un peu trop longs, elle se rejoignent sur sa nuque, et toujours tête basse, il continue dans un soupir.

- C’est la première fois que… que je paie… Enfin, disons plutôt que… que j’achète, voilà le mot juste en fait : la première fois que j’achète une fille.

Maya reste sans voix. Sous le choc. C’est la première fois qu’elle l’entend. Qu’elle entend ce qu’elle fait.

Il continue, marmonnant sa gêne dans une barbe qu’il n’a pas.

- Et je me sens perdu, je suis pas sûr que c’était une bonne idée, excusez-moi. Vraiment. Je…

Dans le silence qui s’installe, Maya essaie de reprendre ses esprits, et se dit aussi qu’elle a perdu son temps. Encore un larmoyant qui va s’apitoyer sur son sort quelques minutes et la renvoyer, ou pire, en profiter quand même.

Pourtant il y a quelque chose de différent, de sincère. Et même si elle n’a encore qu’entraperçu son regard, elle sait qu’il s’en dégage une grande tendresse. Un regard qu’elle a déjà vu.

- Je suis désolée, je me sens perdue aussi, se surprend-elle à répondre, alors qu’il lui tend les quelques billets qu’elle est venue chercher. Souvent je me demande ce que je fais là, comme ça, chez des inconnus. Disons que c’est le prix de ma liberté. Pourtant, la liberté, ça n’a pas de prix. La question est en fait de savoir combien on est prêt à payer pour elle… Et pour moi, cette liberté ce sont mes études… Mon avenir…

Le garçon a toujours la tête baissée, assis au pied du lit. Il sent plus qu’il ne voit que Maya, lasse, s’y installe aussi, s’appuie contre le mur, étend ses jambes.

- Je ne sais pas quoi dire. Excusez-moi d’avoir appelé. Peut-être que vous devriez y aller.

- Euh, oui, peut-être. Mais ton argent ? Et puis je suis quand même venue…

- Ne vous en faîtes pas, gardez-le. S’il vous plaît.

- Merci, mais tu n’es pas obligé tu sais. Tu en as sans doute besoin aussi.

- Peut-être que vous non plus vous n’êtes pas obligée….

Le silence s’épaissit, il devient un dialogue sans mots, sans regards. Ils sont immobiles. Figés dans cette réalité trop lourde pour eux. Damien scrute toujours sa moquette avec attention, le visage masqué par une longue mèche.

Maya est fatiguée Des images se bousculent dans sa tête. Clarisse et tous ces livres qui l’attendent, à « oui-oui », à tous ces polycopiés entassés sur son petit bureau, exactement comme sur celui qui est là, juste à côté, à l’anniversaire de sa grand-mère, samedi prochain, aux cinq courtes semaines qui lui restent avant les examens, à sa perruque noire qui la gratte.

Elle ferme les yeux, juste quelques instants.

Lorsqu’elle se réveille il n’est plus là.

Elle est seule. Le studio est si petit qu’il est inutile de vérifier. Sur le lit, à côté d’elle, une feuille à l’en-tête de son université. Barrant le texte, au marqueur noir elle y lit : « Je suis désolé. Claquez simplement la porte en repartant, D. ».

Clarisse se lève, vérifie que la porte est bien fermée, et s’en va prendre l’ascenseur. Elle n’a plus besoin de perdre du temps.

De retour dans la rue, elle se sent légère. Libre et étrangement fière. Elle rentre chez elle.

Elle n’entend pas le téléphone de Maya, qui sonne avec insistance… étouffé par une perruque noire, dans la poubelle près du carrefour, à trois rues de là, maintenant…

Elle avale une grande bouffée de cet air printanier au goût si particulier de liberté et d’examens, en se demandant si lui aussi il l’a reconnue.

Elle en est sûre. Deux ans. C’est peu. Son pupitre était quand même juste à droite du sien au lycée. Sauf si ce n’était pas lui, se dit-elle, mais juste pour se rassurer..

« Nouvelle mauvaise » occasionnelle, par arpenteur, gratuit depuis 1971
(c)photo arpenteur2009 - Paris

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Mercredi 8 avril 2009

En fond sonore, les Chariots de feu de Vangelis. Dans la lueur orangée d’un soleil couchant, court une girafe, qui se transforme en éléphant, et ainsi de suite, jusqu’à un chaton trop mignon, en passant par le dromadaire, le tigre, la jolie petite biche, le poney chatoyant et l’ornithorynque fougueux, entre autres. Fondu enchaîné, sur lequel apparaît le titre « ils ont quatre pattes, mais ont-ils une âme ? », une émission des télévisions publiques francophones garantie sans pub pour de la viande.

Ce n’est qu’au début du printemps, que nous avons la chance de pouvoir observer ce phénomène rare. Afin d’en percer les mystères, nous avons envoyé une équipe de tournage sur un de leurs lieux de rassemblement, accompagnée de spécialistes renommés. C’est après des nuits et des nuits de planque et de patience, que nous les avons vu apparaître.

Par petits groupes, ils arrivent, dans un silence à peine troublé par le souffle délicat d’un filet d’air frais. Ils s’installent dans un espace dégagé, bien serrés les uns contre les autres. Généralement ils ne sont pas très éloignés de l’endroit où l’on trouve le plus de fruits dans la région, et restent de préférence à l’abri du soleil.

Charles-Brandon Wang, professeur à la faculté de socio-zoologie de Wangen an der Aare et ceinture verte de judo :

« Le mystère de ces rassemblements n’a encore jamais été percé. Lorsqu’on les observe chez d’autres espèces, comme les gnous par exemple, leur signification est logique : grandes migrations vers des territoires où la nourriture est plus abondante, fuite devant une prolifération exceptionnelle de prédateurs, reproduction, etc. Pour l’espèce qui nous occupe aujourd’hui, ces rassemblement semblent liés à une certaine forme de reproduction. Ils se regroupent autour de leurs œufs, sans doute pour les protéger. Soit-dit en passant, la raison pour laquelle ces mammifères ont des œufs n’est pas encore éclaircie. Encore une de ces merveilleuses énigmes de la nature qui n’aura jamais fini de nous révéler ses innombrables secrets. Toutefois, ces regroupements, qui augmentent à mesure que le printemps avance, ne sont pas si protecteurs qu’ils paraissent, et au contraire rendent ces animaux particulièrement vulnérables à leurs prédateurs. »

Comme pour la plupart des espèces, le prédateur principal, c’est l’homme, qui dans ce cas particulier chasse bien plus pour la peau que pour la chair, trop peu consistante à son goût, et même carrément volatile.

En restant quelques semaines sur les lieux, nos équipes ont pu observer les techniques de chasse, tout comme la stratégie de défense des proies, dont on ne peut que regretter l’inefficacité. L’homme diffuse une aveuglante lumière artificielle tout autour du groupe, provocant ainsi une étonnante immobilité qui facilite bien évidemment la chasse. De plus, le fin voile translucide que projette chaque individu tout autour de lui le protège certes des attaques de certains petits insectes, mais ne peut rien contre des prédateurs de plus grande taille.

Devant un tel nombre de proies rassemblées, et résignées à rester jusqu’au bout près de leurs œufs plutôt que de fuir, les prédateurs n’ont que l’embarras du choix. Chacun d’entre eux tourne alors plusieurs fois autour du groupe, avant de fondre sur sa ou ses victimes. Désorientées, celles-ci sont rapidement enfermée dans une cage à roulette, et séparées du groupe, emmenée vers un funeste destin. Le chasseur en profite d’ailleurs souvent pour faire également main basse sur quelques œufs.

De retour sur son territoire, le prédateur fait preuve de ce qui pourrait passer pour un certain sadisme envers sa pauvre proie, indifférent à son regard implorant : il la relâche dans la nature. Surpris, désemparé, isolé, le pauvre animal qui a l’habitude de vivre en groupe met du temps à reprendre ses esprits, à profiter de la chance qui lui est offerte. Mais tout ceci n’est qu’un jeu éducatif. Comme chaque espèce, mue par les lois cruelles de la nature éternelle, le prédateur apprend ainsi à ses petits les techniques de chasse, gage de la survie. Il les laisse partir à la recherche de la proie, et c’est avec une fierté légitime qu’il se réjouit des cris de joie de sa progéniture lorsque la chasse est fructueuse.

Il aide alors ses petits à ramener le gibier capturé dans la tanière, et tous ensemble, ils procèdent à la mise à mort. Malgré la dureté de ces images, il nous semblait important de vous montrer le rituel.

Le gibier est allongé sur une table, et le chef de famille, ou le petit le plus méritant parfois, lui fracasse le crâne d’un coup de poing, sous les applaudissement des autres, qui très vite se disputent les meilleurs morceaux : « moi je veux les oreilles », « non, c’est moi, c’est moi qui l’ai trouvé celui-là », « j’aime pas le chocolat blanc », sous le regard attendri des parents, qui d’un tendre coup de patte leur ébouriffent le pelage « alors prends plutôt des œufs si tu préfères, Marie-Gudule ».

« Virgule » animalière, par arpenteur, voix off depuis 1971 
(c)photo arpenteur2007 - Namibie

Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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