Cachet postal

courrier des lecteurs, lettres d’insultes non anonymes, demandes d’autographes, commandes de produits dérivés, achat des droits pour le cinéma, conseils pour devenir joueur de pipeau professionnel, sponsoring à plus de cinq zéros, ou autres raisons indispensables de me contacter directement ? glissez votre message dans l’enveloppe, léchez le timbre, et collez-le ici 

 

 

 

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DURA LEX...

Toutes les lettres (et les chiffres aussi, allez, soyons pas radin) formant les mots qui constituent ce blog, ainsi que tout ce qui s’y trouve, y compris la super méga géniale bannière, sont protégés par la loi, des playmobils surarmés, et plein d’autres trucs plutôt cool. Alors on ne copie pas, on ne vole pas, on ne tire pas les cheveux des filles à la récré, sinon, je vais chercher des copains très baraqués, et on vient tous chez toi manger des pizzas aux anchois sur ton canapé, mettre tes boyaux en guirlande sur ton yucca, et casser ta télé. Alors fais super gaffe les gens. 

 

 

 

 

 

 

 

Avec le temps va

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Vendredi 29 mai 2009

Constatant avec une perspicacité qui m’honore, vous en conviendrez, que mon inspiration est aussi proche du sol que la pile de livres lus par Paris Hilton depuis mars 1984, je creuse à grands coups de pelle dans l’actualité pourtant fort bandante, à la recherche de quelque sujet digne de vos yeux délicats (Paris Hilton et bandante dans la même phrase… ca sent le carton ce billet).

Comme je ne peux décemment vous abandonner plus longtemps, surtout que ce longtemps risque de durer encore plus longtemps, puisque je vais presque de ce pas prendre la mer qui prend l’homme, et comme par hasard ce sera mardi, j’ai tiré au sport, et je suis tombé sur un grand classique du printemps : Roland Garros.

Vous allez me dire : « pas de quoi faire un billet »… et vous auriez raison.

Mais n’avez-vous pas remarqué que c’est une expression qui s’applique à 99.9994% des billets, pour ne pas dire des blogs, pour ne pas dire du web 2.0 (ça je ne sais toujours pas ce que c’est)…

Alors revenons à cet aviateur mort qu’est Roland Garros.

Surtout que ce n’est pas n’importe quel aviateur mort : il a été champion interscolaire de cyclisme en 1906, à une époque où le dopage n’existait pas. Comme maintenant en somme. C’est dire combien il était doué.

Raison pour laquelle on a baptisé un stade de tennis parisien à son nom.

Un aviateur aimant la bicyclette, et un stade de tennis, ça n’a rien à voir en effet, si ce n’est le goût prononcé de nos néanmoins voisins hexagonaux pour donner aux choses le nom de personnes mortes : une Poubelle, la Bibliothèque François Mitterrand, la Rue du Général de Gaulle, le Stade de France, le Boulevard Voltaire, la Fosse sceptique Nikos Aliagas, le Vestiaire Zinédine Zidane, ou autres Vomitorium Jean-Pierre Pernaud…

Dans le stade Roland Garros, des gens en short se passent une petite balle jaune, mais personne ne veux la garder, car « c’est trop non, fallait pas, vraiment… », et ils passent des heures à se la renvoyer en disant « tenez », « mais non, tenez » d’où l’origine du nom de ce sport.

A Paris, cette inhabituelle et pour le moins étrange politesse, n’est pas sans fasciner les foules, peu coutumières d’une telle prévoyance envers son prochain. Alors les parisiens, après s’être insultés dans la queue, s’installent autour des joueurs, et les regardent avec admiration, dans un silence religieux en secouant la tête de gauche à droite, et de droite à gauche pour les plus audacieux. Arbitre compris. Un tel succès ne pouvait laisser indifférent les médias, et par conséquent les sponsors.

Les joueurs, flairant la coke la bonne affaire, se sont mis à rivaliser d’adresse et de politesse, se renvoyant la balle à qui mieux-mieux, jusqu’à ce que l’un abandonne en serrant la main gluante de sueur de l’autre.

Le gagnant s’excuse alors d’avoir gagné, pleure de désolation et loue le talent de son adversaire, qui promet de perdre encore plus élégamment la prochaine fois, devant un public époustouflé.

Pour les récompenser d’une telle leçon d’humilité, les organisateurs et les sponsors donnent au vainqueur un chèque avec plein de zéros, et celui-ci dit merci. On donne presque le même chèque au perdant, pour pas faire de jaloux.. Cela ne serait pas très poli de défavoriser l’un des invités. Et le perdant dit merci aussi.

Puis les joueurs s’en vont ensemble, bras dessus-dessous, en riant.

Pour résumer, le tennis est un sport de racket, où il faut éviter les coups de filet… Contrairement au cyclisme qui est un sport de pédale qui fait mal au cul…

« Virgule » en terre battue, par arpenteur, out depuis 1971

(c) photo arpenteuse2008 - Istanbul (c'est ce qu'il y de plus proche d'un filet dans mon stock)

Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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Samedi 25 avril 2009

En ce moment en Suisse, il y a les championnats du monde de hockey sur glace. Le monde du hockey sur glace est très froid, sinon, ce serait du water-polo.

Il se compose principalement de russes, de scandinaves et de nord-américains, qui mettent de la glace dans toutes leurs boissons, sauf dans la bière parce que l’alcool c’est mal (d’ailleurs, ils ne torturent leurs prisonniers qu’avec de l’eau, c’est bien la preuve d’une part que l’alcool c’est mal et d’autre part qu’ils respectent les croyances musulmanes de leur victimes, non mais oh c’est quand même pas des barbares les étazuniens).

Mais revenons à nos glaçons.

Pour jouer au hockey sur glace, il faut une rondelle, une canne, un casque, des cages, une prison et de la glace bien évidemment, et bien froide aussi.

Les joueurs de hockey se composent d’accent canadien, de casque en plastique pour y mettre encore plus de publicité que sur un cycliste (dont les casques ont des trous, quel gaspillage quand même), de patins, et de dents. En principe 5, parfois 6 ou 7 chez les moins bons joueurs.

Au début du match, un joueur déguisé en prisonnier se met au milieu de la patinoire, parce qu’il se la pète un peu. Il est beaucoup plus maigre que les autres et pour montrer qu’il n’a pas peur, il jette très fort la rondelle sur la glace (sans doute essaie-t-il de la briser pour mettre un peu d’ambiance, on ne sait pas trop, en fait).

Les joueurs, peu coutumiers de tels gestes de violence tout à fait inadéquats dans une enceinte sportive autre qu’un stade de football,. se précipitent sur la rondelle et essaient de l’attraper avec leur canne pour vérifier si elle n’a pas été malencontreusement ébréchée.

Mais essayez d’attraper une rondelle de caoutchouc sur de la glace. C’est comme récupérer une savonnette dans la douche : on finit toujours par s’écraser la gueule contre la vitre en tombant. Raison pour laquelle ces lopettes de hockeyeurs ont un casque, des gants, des coudières, des genouillères, des couillières, et des dentières dentiers.

Le seul moyen de récupérer la rondelle que ce con d’arbitre a jeté par glace, c’est de la bloquer dans un coin. Mais, comme l’inventeur du hockey était un gros niaiseur avec une chemise à carreaux et un chatoyant accent de Taddoussac, les patinoires n’ont pas de coins.

Dès lors, pas d’autre solution que d’essayer de lancer cette fichue rondelle dans une des deux cages pour enfin l’immobiliser. C’est là que se trouve un petit malin qui a compris que le meilleur moyen d’attraper la rondelle est de se poster devant la cage, puisque tout le monde va essayer de l’y mettre. Afin d’augmenter ses chances, il s’est fait faire des gants spéciaux, et a mis une grille devant son visage (je vous avais dit qu’il était plus malin que les autres).

Au bout d’un moment, cette saloperie de rondelle insaisissable énerve tout le monde. Le hockeyeur, souvent un peu soupe au lait, enlève alors ses gants, et tape très fort à mains nues sur le casque de son adversaire, qui jette alors lui aussi ses gants par glace, car il n’a pas l’intention de se laisser faire devant tout le monde.

Tous deux (ou tous quatre ou tous dix) finissent par se rouler sur la glace de rage avec le maillot tellement relevé qu’on ne voit plus très bien les publicité des sponsors.

C’est alors que le type déguisé en prisonnier s’approche de la bagarre, et leur dit qu’ils vont prendre froid s’ils continuent, et qu’ils feraient bien de remettre leur maillot en place parce que tout le monde voit que leurs muscles sont des imitations en plastique, et leur ordonne de ramasser leurs gants.

Puis il les envoie en prison pour réfléchir à leur étrange comportement. Parce que quand même, frapper à mains nues sur un casque alors qu’on aurait pu garder ses gants, ça mérite réflexion. Les joueurs en cause s’installent alors sur un banc tous seuls derrière une vitre, pour que tout le public puisse se foutre de leur gueule. Tête baissée, ils repensent, avec amertume et une gourde, à leurs actes inconsidérés, tout en crachant du sang par terre.

Au bout de deux minutes (le hockeyeur ne peut pas réfléchir plus longtemps, c’est scientifiquement prouvé), le prisonnier les libère, et ils ont une nouvelle chance s’essayer d’attraper cette rondelle.

A coups de body-check, de power play, de ligne bleue, et de crosse (nom québécois pour dire la canne), ils finissent par mettre la rondelle dans la cage et la lumière rouge s’allume.

Le public et la moitié des joueurs sont fous de joie, car c’est très joli. Pour éviter que ceux qui n’ont pas réussi à attraper la rondelle ne se mettent à bouder, ce con d’arbitre, au lieu de leur payer une glace, retourne au centre de la patinoire, et relance la rondelle entre leurs patins…

Alors évidemment, tout recommence, jusqu’à ce que quelqu’un se décide enfin à actionner une sirène. Tout le monde croit alors à un incendie, que la glace va fondre, et de peur se noyer, quitte la patinoire…

Et à la fin, ce sont les russes qui ont gagné.

« Virgule » en deux minutes, par arpenteur, glaciologue depuis 1971
(c)photo arpenteur2006 - Grangettes, Suisse
Pour ceux qui aiment le sport ou pas, n'hésitez pas à découvrir le rugby, le hornuss, le cyclisme, la voile, ou l'olympisme historique

Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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Jeudi 16 avril 2009

Le téléphone sonne. Clarisse garde la tête plongée dans son polycopié de droit international humanitaire. Elle ne veut pas entendre. Peut-être que c’est un rêve, un cauchemar plutôt, et que personne n’a appelé.

C’est le portable de Maya qui vient de l’arracher une nouvelle fois à ses études.

Clarisse marque la page avec le surligneur rose qu’elle a en main. Elle soupire, prend son souffle et le retient à la fois, comme lorsqu’on est sur le point de sauter dans une piscine d’eau glacée.

Puis elle décroche.

-         Oui ?

-        

-         Oui, c’est moi. Maya.

-        

-         Oui.

-        

-         Oui.

-        

Elle se félicite une nouvelle fois d’avoir été précise dans l’annonce. Ca lui évite de devoir répondre aux questions plus précisément. Elle sait qu’elle n’y arriverait pas.

-         Oui. D’accord. Dans une heure.

-        

-         Oui, à tout à l’heure.

Le téléphone de Maya serré dans la main, Clarisse s’assied sur son vieux fauteuil, une jambe repliée sous ses fesses. De l’autre main, elle empoigne un coussin qu’elle presse contre sa poitrine, inutile bouclier, dérisoire doudou. Elle ferme les yeux, respire lentement. Profondément. Elle se concentre. Lorsqu’elle estime avoir rassemblé assez de force et de courage, elle se lève. D’un pas lourd elle se traine jusqu’à la douche, ne lâchant son coussin que lorsqu’elle est nue.

La tête basse, elle laisse l’eau brulante emporter les larmes qui débordent malgré elle sous ses paupières. Pourtant elle ne pleure pas. Mais comme à chaque fois qu’elle essaie de faire le vide, tout s’échappe par ses yeux.

Elle lisse doucement ses longs cheveux bruns, et s’en veut d’être si triste. Rien ne la force. Mais c’est plus simple ainsi. Plus d’argent en moins de temps qu’un travail ordinaire, c’est plus de temps pour étudier, et peut-être un ou deux semestres de gagnés.

Elle se prépare avec lenteur, espérant qu’ainsi chaque minute durera un peu plus longtemps, repoussant virtuellement l’échéance qu’elle s’est elle-même choisie.

Ombre à paupière, rouge à lèvre, perruque carrée noire. Tout en achevant sa transformation, Clarisse se remémore la première fois où elle est devenue Maya. C’était un mercredi après-midi. Il y a seulement quelques mois. Et pourtant si longtemps. Tout se confond. Tous se mélangent.

Il y a le geignard, qui miaule pendant 30 minutes, comme un chat en manque de lait devant la porte du frigo. Le larmoyant qui se sent coupable, parle de lui, mais finalement gémit comme les autres. Les silencieux qui ravalent leur gêne sans laisser échapper le moindre soupir. Les pires, ce sont les bavards qui répètent du début à la fin : « oui… oh oui… c’est bon, continue…oui, encore… oh oui ». Pour occuper ses pensées, Maya compte parfois : le record est de 117 « oui » en moins de 25 minutes.

Et il y a elle : « Maya, réelle étudiante, totalement indépendante et occasionnelle, jeune et douce, vous offre ses mains (et rien d’autre) pour 30 minutes de détente et d’extase, 200 francs. Laissez vous tenter. Se déplace uniquement ».

Il en faut trois pour le loyer, deux pour la nourriture et les rares sorties, et un pour les divers frais d’études proprement dits. C’est peu et le téléphone sonne juste assez souvent. La prestation offerte et le prix lui permettent sans doute de faire une certaine forme de sélection. Par contre, c’est beaucoup, au moment où il faut répondre au téléphone, et où Clarisse doit devenir Maya, et refermer la porte de son minuscule studio pour aller vers l’inconnu.

Comme aujourd’hui.

Tête baissée elle entre dans l’immeuble. Elle contourne l’ascenseur et s’engage dans l’escalier. Elle monte toujours à pied : quelques secondes de gagnées avant l’échéance. Elle vérifie une dernière fois sur le petit billet plié au creux de sa main : « Troisième gauche, Damien ».

D’une profonde respiration, elle expire les restes de Clarisse.

Maya cale fermement ses pieds sur le paillasson sur lequel dort un chat noir au ventre usé, elle se redresse, et sonne à la porte. Souffle court, cœur battant, gorge serrée.

L’homme est grand, maigre, des cheveux châtain clairs en bataille masquent son visage qu’il tient baissé. Il la fait entrer sans un regard, totalement recroquevillé sur lui-même.

- Bonjour, dit-elle timidement. Je suis Maya.

La réponse est à peine audible.

- Bonjour, entrez.

Maya semble avoir perçu un tremblement dans la voix. Cela arrive parfois. Elle passe devant le jeune homme qui s’écarte et elle se retrouve dans un studio poussiéreux, à peine plus grand que le sien. Elle remarque une table couverte de feuilles volantes en équilibre précaire, des livres qu’on a vaguement regroupés et empilés dans un coin, sur la moquette, sans doute en prévision de sa visite. Ça sent la bougie parfumée. Toujours sans lever les yeux, Damien s’éclaircit la gorge.

- Je… Je suis désolé, je sais pas trop comment ça se passe. C’est la première fois que je fais ça.

- La première fois ? tu veux dire, ta première fois, euh… avec une fille, demande Maya, inquiète.

- Non, la première fois comme ça. C’est la première fois que je…

Il s’interrompt, passe ses mains dans ses cheveux un peu trop longs, elle se rejoignent sur sa nuque, et toujours tête basse, il continue dans un soupir.

- C’est la première fois que… que je paie… Enfin, disons plutôt que… que j’achète, voilà le mot juste en fait : la première fois que j’achète une fille.

Maya reste sans voix. Sous le choc. C’est la première fois qu’elle l’entend. Qu’elle entend ce qu’elle fait.

Il continue, marmonnant sa gêne dans une barbe qu’il n’a pas.

- Et je me sens perdu, je suis pas sûr que c’était une bonne idée, excusez-moi. Vraiment. Je…

Dans le silence qui s’installe, Maya essaie de reprendre ses esprits, et se dit aussi qu’elle a perdu son temps. Encore un larmoyant qui va s’apitoyer sur son sort quelques minutes et la renvoyer, ou pire, en profiter quand même.

Pourtant il y a quelque chose de différent, de sincère. Et même si elle n’a encore qu’entraperçu son regard, elle sait qu’il s’en dégage une grande tendresse. Un regard qu’elle a déjà vu.

- Je suis désolée, je me sens perdue aussi, se surprend-elle à répondre, alors qu’il lui tend les quelques billets qu’elle est venue chercher. Souvent je me demande ce que je fais là, comme ça, chez des inconnus. Disons que c’est le prix de ma liberté. Pourtant, la liberté, ça n’a pas de prix. La question est en fait de savoir combien on est prêt à payer pour elle… Et pour moi, cette liberté ce sont mes études… Mon avenir…

Le garçon a toujours la tête baissée, assis au pied du lit. Il sent plus qu’il ne voit que Maya, lasse, s’y installe aussi, s’appuie contre le mur, étend ses jambes.

- Je ne sais pas quoi dire. Excusez-moi d’avoir appelé. Peut-être que vous devriez y aller.

- Euh, oui, peut-être. Mais ton argent ? Et puis je suis quand même venue…

- Ne vous en faîtes pas, gardez-le. S’il vous plaît.

- Merci, mais tu n’es pas obligé tu sais. Tu en as sans doute besoin aussi.

- Peut-être que vous non plus vous n’êtes pas obligée….

Le silence s’épaissit, il devient un dialogue sans mots, sans regards. Ils sont immobiles. Figés dans cette réalité trop lourde pour eux. Damien scrute toujours sa moquette avec attention, le visage masqué par une longue mèche.

Maya est fatiguée Des images se bousculent dans sa tête. Clarisse et tous ces livres qui l’attendent, à « oui-oui », à tous ces polycopiés entassés sur son petit bureau, exactement comme sur celui qui est là, juste à côté, à l’anniversaire de sa grand-mère, samedi prochain, aux cinq courtes semaines qui lui restent avant les examens, à sa perruque noire qui la gratte.

Elle ferme les yeux, juste quelques instants.

Lorsqu’elle se réveille il n’est plus là.

Elle est seule. Le studio est si petit qu’il est inutile de vérifier. Sur le lit, à côté d’elle, une feuille à l’en-tête de son université. Barrant le texte, au marqueur noir elle y lit : « Je suis désolé. Claquez simplement la porte en repartant, D. ».

Clarisse se lève, vérifie que la porte est bien fermée, et s’en va prendre l’ascenseur. Elle n’a plus besoin de perdre du temps.

De retour dans la rue, elle se sent légère. Libre et étrangement fière. Elle rentre chez elle.

Elle n’entend pas le téléphone de Maya, qui sonne avec insistance… étouffé par une perruque noire, dans la poubelle près du carrefour, à trois rues de là, maintenant…

Elle avale une grande bouffée de cet air printanier au goût si particulier de liberté et d’examens, en se demandant si lui aussi il l’a reconnue.

Elle en est sûre. Deux ans. C’est peu. Son pupitre était quand même juste à droite du sien au lycée. Sauf si ce n’était pas lui, se dit-elle, mais juste pour se rassurer..

« Nouvelle mauvaise » occasionnelle, par arpenteur, gratuit depuis 1971
(c)photo arpenteur2009 - Paris

Par Arpenteur - Publié dans : Nouvelles mauvaises
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Mercredi 8 avril 2009

En fond sonore, les Chariots de feu de Vangelis. Dans la lueur orangée d’un soleil couchant, court une girafe, qui se transforme en éléphant, et ainsi de suite, jusqu’à un chaton trop mignon, en passant par le dromadaire, le tigre, la jolie petite biche, le poney chatoyant et l’ornithorynque fougueux, entre autres. Fondu enchaîné, sur lequel apparaît le titre « ils ont quatre pattes, mais ont-ils une âme ? », une émission des télévisions publiques francophones garantie sans pub pour de la viande.

Ce n’est qu’au début du printemps, que nous avons la chance de pouvoir observer ce phénomène rare. Afin d’en percer les mystères, nous avons envoyé une équipe de tournage sur un de leurs lieux de rassemblement, accompagnée de spécialistes renommés. C’est après des nuits et des nuits de planque et de patience, que nous les avons vu apparaître.

Par petits groupes, ils arrivent, dans un silence à peine troublé par le souffle délicat d’un filet d’air frais. Ils s’installent dans un espace dégagé, bien serrés les uns contre les autres. Généralement ils ne sont pas très éloignés de l’endroit où l’on trouve le plus de fruits dans la région, et restent de préférence à l’abri du soleil.

Charles-Brandon Wang, professeur à la faculté de socio-zoologie de Wangen an der Aare et ceinture verte de judo :

« Le mystère de ces rassemblements n’a encore jamais été percé. Lorsqu’on les observe chez d’autres espèces, comme les gnous par exemple, leur signification est logique : grandes migrations vers des territoires où la nourriture est plus abondante, fuite devant une prolifération exceptionnelle de prédateurs, reproduction, etc. Pour l’espèce qui nous occupe aujourd’hui, ces rassemblement semblent liés à une certaine forme de reproduction. Ils se regroupent autour de leurs œufs, sans doute pour les protéger. Soit-dit en passant, la raison pour laquelle ces mammifères ont des œufs n’est pas encore éclaircie. Encore une de ces merveilleuses énigmes de la nature qui n’aura jamais fini de nous révéler ses innombrables secrets. Toutefois, ces regroupements, qui augmentent à mesure que le printemps avance, ne sont pas si protecteurs qu’ils paraissent, et au contraire rendent ces animaux particulièrement vulnérables à leurs prédateurs. »

Comme pour la plupart des espèces, le prédateur principal, c’est l’homme, qui dans ce cas particulier chasse bien plus pour la peau que pour la chair, trop peu consistante à son goût, et même carrément volatile.

En restant quelques semaines sur les lieux, nos équipes ont pu observer les techniques de chasse, tout comme la stratégie de défense des proies, dont on ne peut que regretter l’inefficacité. L’homme diffuse une aveuglante lumière artificielle tout autour du groupe, provocant ainsi une étonnante immobilité qui facilite bien évidemment la chasse. De plus, le fin voile translucide que projette chaque individu tout autour de lui le protège certes des attaques de certains petits insectes, mais ne peut rien contre des prédateurs de plus grande taille.

Devant un tel nombre de proies rassemblées, et résignées à rester jusqu’au bout près de leurs œufs plutôt que de fuir, les prédateurs n’ont que l’embarras du choix. Chacun d’entre eux tourne alors plusieurs fois autour du groupe, avant de fondre sur sa ou ses victimes. Désorientées, celles-ci sont rapidement enfermée dans une cage à roulette, et séparées du groupe, emmenée vers un funeste destin. Le chasseur en profite d’ailleurs souvent pour faire également main basse sur quelques œufs.

De retour sur son territoire, le prédateur fait preuve de ce qui pourrait passer pour un certain sadisme envers sa pauvre proie, indifférent à son regard implorant : il la relâche dans la nature. Surpris, désemparé, isolé, le pauvre animal qui a l’habitude de vivre en groupe met du temps à reprendre ses esprits, à profiter de la chance qui lui est offerte. Mais tout ceci n’est qu’un jeu éducatif. Comme chaque espèce, mue par les lois cruelles de la nature éternelle, le prédateur apprend ainsi à ses petits les techniques de chasse, gage de la survie. Il les laisse partir à la recherche de la proie, et c’est avec une fierté légitime qu’il se réjouit des cris de joie de sa progéniture lorsque la chasse est fructueuse.

Il aide alors ses petits à ramener le gibier capturé dans la tanière, et tous ensemble, ils procèdent à la mise à mort. Malgré la dureté de ces images, il nous semblait important de vous montrer le rituel.

Le gibier est allongé sur une table, et le chef de famille, ou le petit le plus méritant parfois, lui fracasse le crâne d’un coup de poing, sous les applaudissement des autres, qui très vite se disputent les meilleurs morceaux : « moi je veux les oreilles », « non, c’est moi, c’est moi qui l’ai trouvé celui-là », « j’aime pas le chocolat blanc », sous le regard attendri des parents, qui d’un tendre coup de patte leur ébouriffent le pelage « alors prends plutôt des œufs si tu préfères, Marie-Gudule ».

« Virgule » animalière, par arpenteur, voix off depuis 1971 
(c)photo arpenteur2007 - Namibie

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Jeudi 26 mars 2009

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Ooooops… Désolé… je reprends…

Il est des inventions dont il faut se servir pour en parler, et dont l’importance nous échappe, tant elles nous semblent évidentes.

Et pourtant, leur inventeur sombre dans l’oubli et meurt seul et pauvre dans un caniveau et une flaque de merde, les sphincters relâchés et la conscience tranquille, aigri, mais fier du travail accompli.

C’est ce qui est arrivé à Olga-Xiao Hjàlmardòttir. Elle était née un matin de février au son d’un mélodieux : « aaargh putaaiiiiiiiiiiin…meeeerde ca fait mal…saloooooooope…. » chantonné par sa mère, qui s’inquiétait surtout du fait qu’elle allait arriver en retard à son boulot et qu’elle n’aurait pas le temps de se laver les cheveux. A l’image de ce premier jour, l’enfance d’Olga-Xiao se passa dans la joie, la bonne humeur, et le hall d’entrée de son immeuble au 1 Ruelle du Numéro-un à Ayent. Elle était très douée en classe, particulièrement en écriture, et décida de ce fait d’entamer une carrière de docker (le poste de baptiseur de rue étant déjà pris).

Elle suivit des cours par correspondance, et en juin, vers 9h40, elle reçut son diplôme de docker de l’Institut Steevy Dulooffft, mention « trop bonne ». Elle alla le montrer avec fierté à sa charcutière, puisque sa mère était morte depuis 14 ans et 8 mois, et qu’Olga-Xiao était totalement seule. Et un peu moche aussi.

Elle était heureuse : elle allait enfin pouvoir se faire des amis à son travail. Mais trouver une place de docker dans une station de moyenne montagne des alpes suisses n’était pas chose facile à l’époque. Loin de se laisser abattre, elle prit son courage à deux mains, une paire de gants, et une pelle, et décida de créer un port de commerce dans son village natal. Mais vu le peu de soutien des autorités et de la population, et devant l’ampleur de la tâche, elle dut se résoudre à abandonner son rêve…

Et c’est un soir de mélancolie où elle regardait une flaque de pluie derrière la buvette du stade municipal Yannick Noah, rêvant de mers exotiques, de marins au long cours, de ports lointains et de bars à putes, que lui vint son idée.

Ce qui l’avait amenée à réussir une si belle carrière de docker (elle était d’ailleurs la seule du pays à être titulaire de ce diplôme) c’était son goût pour l’écriture et les lettres. Elle se revoyait calligraphiant avec soin des « M », des « K », et même des « O », et parfois, quand elle était en forme, des « £ »…

Et l’idée lui apparut alors comme une évidence. Mais le problème de son invention, fut justement son évidence. A tel point que personne ne la crut quand elle la présenta au Salon des Trouvailles de Choëx-sur-Monthey-d’En-bas. Tout le monde disait que cela avait toujours existé, comme le nez au milieu de la figure, facebook, les chats, ou encore la connerie humaine.

Son invention se répandit dans le monde entier avec la rapidité d’une rumeur sur les faux seins de Rachida Dati dont la facture est passée en notes de frais du ministère (ah bon ? vous ne saviez pas ? Ben si.). Et Olga-Xiao a regardé son rêve lui échapper, comme elle avait dû déjà laisser sa carrière de docker sur le quai…

C’en était trop. Elle sombra avec gloutonnerie dans le désespoir autodestructeur et l’addiction au Chocapic light.

Un soir elle s’allongea près d’une mer de pluie dans le caniveau, et se coupa la main droite avec un « H » imprimé en gras 26 points Comic sans MS. Ca lui prit beaucoup de temps et elle mourut d’épuisement. Personne ne remarqua sa disparition qui passa comme une lettre à la poste.

Pourtant grâce à elle, la lecture est devenue un plaisir, on peut entrer ou effacer, la ponctuation est incontournable, et les virgules existent…

Olga-Xiao Hjàlmardòttir avait inventé la moitié droite du clavier… << sera<t b<e< q<’e<<e <e s<<t <as t<ta<eme<t <<b<<ee.

« Virgule » de droite par arpenteur, calligraphe depuis 1971
(c)photo arpenteur2008 - Lisbonne, Portugal
Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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Mercredi 11 mars 2009

Dans l’année, il y des mardis et même des vendredis, mais il y a aussi une journée de la femme (8 mars), une journée des zones humides (2 février), une journée du patrimoine (20 septembre), du cheval (21 septembre), des secrétaires (16 avril), de la trisomie 21 (21 mars), et de la jante en alu chromé, mais il n’y pas la journée internationale des cons.

Ce qui est un peu con.

Oui, c’est con parce que le con est l’espèce la plus répandue sur terre. Bien plus que les femmes, les zones humides, les francophones (20 mars) ou les victimes du psoriasis (29 octobre).

D’ailleurs, le fait que l’on soit tous le con de quelqu’un implique qu’il n’y a QUE des cons… Toi compris. Oui, je sais moi aussi, mais c’est une évidence.

Des cons il y en a de toutes sortes.

Des gros, des petits, des sales, des pauvres, des vieux, des tristes, des sinistres, des comme la lune, des comme leurs pieds, des comme des balais.

Il y a aussi, entre autres (car l’infini ne peut être vraiment appréhendé que dans ce domaine là), le con génital, le con cessionnaire, le con vaincu, le con cierge, le con citoyen, le con sultan, le con descendant, le con fesseur, le con fondu en excuses, le con frère, le con voyeur, le con volé en justes noces qui devient le con joint, le con damné, le con sanguin, le con tracté, le con vive, le con juré, le con sensuel, et le con-nasse dans lequel on peut mettre beaucoup beaucoup plus que dans le con standard…

Depuis tout petit, jusqu’à tout vieux rabougri, con est une vocation. Un art que chacun pratique avec un naturel si désarmant que les proches du con ne s’en rendent pas compte. Seuls les esprits aiguisés qui côtoient le con avec une certaine distance, sont capable de le repérer. Jusqu’à ce que cet esprit aiguisé soit repéré à son tour, et devienne lui-même un con. Et ainsi de suite…

Un con de cour de récréation, un con de voisin, un con sur la route, un con au boulot, un con au téléphone, un con derrière son guichet, un con sur les pistes de ski, un con dans la file d’attente à la poste, un con devant la télévision, un con dans la télévision.

D'ailleurs, si on met si souvent des cons dans la télévision, c’est pour que les cons qui sont devant se sentent un peu moins cons, et finissent par dire : « quel con celui-ci ». Pour renforcer le piège, on pose des questions con auxquelles le con peut répondre « C » (faudrait être con pour ne pas savoir la réponse d’ailleurs), en envoyant C au 61313 pour presque pas cher en espérant gagner presque rien, si ce n’est le plaisir d’être moins con qu’il ne le croit… Du coup le con regardera à nouveau cette chaîne ou cette émission là, car c’est quasiment le seul endroit où on dit la vérité, puisque là, il voit que quand même, il est bien moins con que les autres…

Con, ce n’est pas un nouveau truc inventé pour faire de l’audience à la télévision. Non, non, des cons, il en a toujours existé.

Déjà au Neandertal, par exemple, il y avait des cons qui aimaient la fourrure.

Dans l’Antiquité, il y avait des condisciples de Socrate, des conspirateurs à Rome.
Au Moyen-Age, c’étaient les consanguins qui convolaient à contrecoeur pour consolider les contours de leur contrée.

Puis il y eût des conquérants qui partaient après un conclave convertir des continents avec des objets contondants pour concasser la tête du con un peu bronzé d'en face lors de combats sanglants.

Au siècle des Lumières, il y a eu des contemplatifs illuminés assoiffés de connaissance.

Puis il y eut des contre-révolutionnaires qui se faisaient condamner à mort par des cons citoyens constituants.

Au début du XXème siècle sont apparues des cons citoyennes ce qui n’a pas du tout empêché les conflits continentaux.

Consécutivement des jeunes contestataires ont jeté des pavés sur des contingents de contractuels, pour la contraception, sous le regard consterné de leur contribuables de parents.

Et maintenant, il y a les consommateurs…

L’histoire est constellée de cons… L’espace aussi : chaque mètre carré est occupé par un con, qui pense ne pas en être un…

Et pourtant… il est inévitable de passer du petit con au vieux con… Le tout est de faire en sorte d’échapper aux étapes intermédiaires genre sale con, pauvre con, et surtout gros con…

Mais c’est impossible…

Ce que j’aimerais bien savoir… c’est de qui je suis le con (à part de moi…)

« Virgule » compatissante, par arpenteur, con depuis 1971

(c)photo arpenteur2004 

La mort c'est un peu comme la connerie.
Le mort il ne sait pas qu’il est mort, ce sont les autres qui sont tristes.
Pour le con c’est pareil…

Philippe Geluck

Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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Mardi 24 février 2009

Dans ma famille, on est croque-mort de père en fils.

Sauf mon père.
Et moi.

C’est normal quelque part, puisque c’est ma mère, la fille du croque-mort. Et dans la famille, on n’est pas croque-mort de père en fille. Ca ne se fait pas. Du moins, pas encore.

J’avais 8 ans le jour où j’ai découvert le métier de mon grand-père. Jusqu’à ce jour-là, je croyais simplement qu’il était « camion-poubelle », comme on disait. Puisqu’il était le seul du village à avoir un camion, une fois par semaine il ramassait les ordures sur la Commune. Un jour, il m’a rapporté une de ses trouvailles : « Tintin au Congo » et « Tintin en Amérique ». D’anciennes éditions, un peu tâchées, par endroits légèrement déchirées. Avec une drôle d’odeur. Mes premières BD. Elles sont toujours là, dans ma bibliothèque, parmi des centaines de livres.

Puis un jour, avec ma cousine nous avons découvert le secret.

C’était l’été du feu. Nous avions passé l’après-midi assis sur le banc devant l’étroite petite maison blanche avec ses trois étages et ses volets verts. Comme tous les enfants, nous étions fascinés par les hélicoptères. Cette année-là, ils frôlaient le toit pour aller plonger dans le lac une sorte de gros sac noir suspendu au bout d’un long filin. Puis ils remontaient, déverser leur chargement d’eau sur les pentes enflammées de la montagne, juste derrière le village. Parfois nous recevions quelques petites gouttes, et ça nous faisait rire.

Je me demandais si on trouverait beaucoup de poissons grillés la prochaine fois que nous irions dans la forêt. Etrangement je ne pensais pas aux autres animaux, aus renards ou aux chevreuils que l’on voyait parfois. C’était surtout pour les poissons que j’avais du souci.

Après le goûter, nous étions descendus dans le rez-de-chaussée presque borgne de la vieille maison familiale, près du garage, là où ça sentait la terre humide de la cave, et là où, derrière une porte de bois à la peinture toute écaillée, se cachait le mystère. On nous avait toujours dissuadé d’y aller : « il y des rats, ne descendez pas ». Armés d’un parapluie, promu au rang de gourdin anti-rats, nous nous étions engagés dans l’escalier de pierre, le cœur battant.

En poussant la fameuse porte, qui n’avait par accident pas bien été fermée, nous avons d’abord eu un geste de recul. « Mince, c’est ouvert… ». Nous nous sommes ensuite lentement approchés, et peu à peu, l’ampoule blafarde du couloir nous a révélé une armée de cercueils, tous identiques, alignés à la verticale contre tous les murs. Une véritable haie d’horreur que nous n’avons pas pris le temps de traverser, trop occupés que nous étions à remonter les escaliers quatre à quatre, pour rejoindre nos parents.

Ils trempaient des bricelets dans leur tasse de thé dans la cuisine de ma grand-mère. Les tommettes étaient bordeaux et bien lisses, et près du poêle en fonte, elles gardaient une chaleur agréable, sur laquelle nous nous installions souvent pour manger nos parts. Il n’y avait pas toujours assez de place pour nous à la petite table.

Nous avons essayé de prendre un air innocent, mais nous étions très mauvais acteurs. Ils ont vite deviné que nous étions descendus là où nous n’aurions pas dû.

Alors, ils nous ont expliqué.

C’est surtout Mémé qui a parlé. Elle a parlé du papa de Pépé, et de son grand-père, et d’autres encore. Elle a raconté le transport avec les chevaux. On transportait tout. Même les morts. Ca avait commencé parce que personne d’autre n’avait de cheval. Pépé Maurice, lui, ne disait rien. Il semblait chercher quelque chose au fond de sa tasse de thé avec sa cuiller. Mais de temps à autre, il me jetait un regard furtif. A la fois gêné et tendre. Je n’ai pas vraiment eu moins peur. Mais en quelque sorte si.

Et surtout je n’ai plus jamais regardé mon grand-père de la même façon.

Ce soir-là, quand j’ai demandé à ma mère pourquoi on appelait Pépé le croque-mort, j’ai compris pourquoi il n’avait plus beaucoup de dents. Elles avaient été usées par les orteils, même si Maman m’a juré qu’il ne le faisait plus…

Tout en douceur, lentement, j’ai réussi à convaincre mon grand-père de me laisser l’accompagner dans son bureau. J’avais senti que ce serait possible, et même qu’il l’espérait, lorsque nous regards s’étaient croisés à travers la fumée de sa tasse de thé.

J’ai pu entrer avec lui dans son antre si secret. Jamais plus loin, jamais derrière la grosse porte métallique. Il m’a peu à peu fait découvrir son travail, avec le sourire. Au début, ça me dérangeait ce sourire. Lorsque je le lui ai dit, il m’a répondu : « Tu sais, je pense que j’aimerais bien que la dernière personne qui s’occupe de moi avant le curé me sourie. Alors j’imagine qu’eux aussi, tu crois pas ? Un petit sourire, avant de fermer le couvercle…».

Un jour, sans dire un mot, il a ouvert le dernier tiroir, tout en bas à gauche. Il en a sorti un carnet vert. J’étais debout, les coudes appuyés sur le côté du petit bureau, la tête posée sur mes mains. Il a ouvert le carnet et a commencé à écrire. Le silence était complet. J’entendais à peine le frôlement du stylo sur le papier. Il avait l’air grave, mais toujours cet énigmatique sourire sur les lèvres. J’ai hésité longtemps. J’avais peur que ma voix casse quelque chose. Il me fallait du courage, alors j’ai serré les poings contre mon menton, et desserré les dents. Juste de quoi laisser passer un murmure.

- Tu fais quoi ?

- De l’histoire… Je lutte contre l’oubli. Contre le temps qui passe.

J’avoue que je n’ai pas bien compris de quoi il parlait. Puis il a continué.

- Tu sais, ces gens dont je m’occupe, ils ne sont pas que deux dates sur une croix dans le cimetière, leur début et leur fin. Entre les deux, ils ont fait beaucoup de choses. Ils ont aimé, ri, pleuré, crié, chanté, fait du bien souvent, du mal parfois… Mais souvent surtout du bien. Oh pas grand chose, rien d’extraordinaire, mais ils ont essayé d’être heureux et de rendre les autres heureux… Et pourtant peu à peu, quand leurs enfants s’en vont à leur tour, la seule chose qui reste, c’est une croix et des dates. Puis on enlève la croix, et il ne reste plus qu’un nom et une date dans un registre poussiéreux.

Il ne m’avait pas regardé en me disant tout cela. Il écrivait, lentement, avec application. Puis il s’est tourné vers moi avec ses yeux tristes et son sourire sur les lèvres :

- Alors j’écris des petites choses sur ces gens du village, c’est souvent des amis d’ailleurs. J’écris pour qu’on se souvienne un peu mieux de qui ils étaient, de qui ils sont dans le cœur de ceux qui les aiment.

J’ai peu à peu pris l’habitude de le rejoindre dans son petit bureau. Je le regardais penché sur son petit carnet, et je trouvais totalement extraordinaire le pouvoir qu’il avait de garder ces gens en vie. A l’école je m’appliquais de mon mieux en écriture. Je voulais écrire comme lui, sans faire de fautes ni de taches. Proprement, sobrement.

Quand il avait fini, je lui demandais de me raconter qui c’était le mort. Alors ils se penchait en arrière, faisant grincer son fauteuil, et lisait quelques phrases. Il me semblait qu’il m’en disait plus que ce qu’il avait écrit, et c’était sans doute le cas. Parfois, il prenait un vieux carnet, au fond de la pile, rédigé par le père du père de son père peut-être, et me racontait des gens dont il n’avait même pas connu les arrière-petits enfants.

- Ils sont précieux ces carnets. Faudrait pas qu’ils se perdent quand je serais parti. C’est beaucoup de travail. Peut-être qu’il faudrait les donner à la Commune…

Et il laissait ces mots en suspens, le regard dans le vide. Et moi, je me demandais déjà ce qu’il écrirait sur moi.

Un après-midi de l’été suivant, presque toute la famille s’est retrouvée dans la cuisine, profitant de sa fraîcheur. Nous avons partagé des bricelets et du thé. Les voix étaient un peu plus graves que d’habitude, mais comme toujours, il y avait des rires. Chez les croque-morts, on aime surtout croquer la vie, on en connaît la valeur.

J’ai pris un bricelet, et je suis descendu.

Je n’ai pas eu besoin de m’armer d’un parapluie, je savais qu’il n’y avait pas de rats. Sur la pointe des pieds, le bras tendu à l’extrême, j’ai décroché la clé de son clou, trop haut derrière la deuxième poutre à gauche. C’était la première fois que j’entrais seul. Mais je n’avais pas peur. J’ai traversé la haie de cercueils, et je me suis installé au fond, près de la petite fenêtre. La chaise de Pépé a émis un grincement qui m’a fait sursauter quand je m’y suis assis. J’ai souri.

En retenant mon souffle, j’ai ouvert le dernier tiroir. Le carnet vert était là. Au sommet de la pile, bien à sa place.

Je l’ai feuilleté, et comme s’il m’attendait, il s’est ouvert directement au bon endroit. J’ai pris un stylo dans le porte-crayons que ma cousine avait fabriqué pour un anniversaire, et j’ai commencé, de ma plus belle écriture, en souriant.

« Pépé Maurice, 1915-1984. Croque-mort, camion-poubelle et transporteur. Grand-père de beaucoup beaucoup d’enfants. Il a des lapins, des poules et des camions. Il aime quand on rigole, et les saucisses aux choux, et l’odeur du goudron après l’orage. Il a les joues qui piquent, et qui sentent un peu la fumée. Dans sa salle de bain, il a des poils de blaireau pour sa barbe. Il m’a donné son carnet vert. »

Quelques jours plus tard, Maman a trouvé le carnet vert sous mon lit. Je lui ai tout expliqué. J’avais peur qu’elle me gronde.

Mais elle a souri bizarrement. Avec des larmes.

Puis elle m’a proposé de donner tous les carnets à l’oncle Gilbert. C’est lui qui allait reprendre le travail de pépé. J’ai hésité. Un peu. Surtout pour le dernier.

Mais je savais que je ne pouvais pas le garder, le carnet vert…

« Nouvelle mauvaise » en sapin, par arpenteur, fossoyeur depuis 1971

(c)photo arpenteur2006 - Boston, USA

Par Arpenteur - Publié dans : Nouvelles mauvaises
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Mardi 17 février 2009

Trois ans, 165 billets, 123'530 visiteurs égarés… 1096 jours… C’est long.

Et pourtant…

En trois ans, beaucoup d’eau coule sous les ponts dit-on…

Vraiment ?

Ca commence toujours par ruisseau plein de fraîcheur jailli d’un glacier sous un ciel limpide. Il s’en échappe d’abord doucement, goutte à goutte. Rapidement, il prend de l’assurance. Un peu trop vite sans doute. Il sautille de rocher en rocher en riant. Insouciant, le torrent se met à dévaler la montagne avec fracas, à traverser ses alpages, plein d’un espoir légitime.

C’est clair comme de l’eau de roche : il deviendra rivière. Il varie ses centres d’intérêts, s’ouvre, élargit son point de vue, passe des rapides, ondule paresseusement dans des forêts, baigne de tendres clairières, saute de façon un peu trop intrépide quelques mètres plus bas, juste pour impressionner ceux qui le regardent. Puis il s’assagit un peu, comme étourdi par sa propre inconscience.

Sur ses rives, la rivière rit des groupes d’amis venus pique-niquer qui goûtent leurs premières bières en crânant. Elle couve des amoureux qui se baladent main dans la main et qui s’embrassent à l’ombre d’un saule. Elle surveille des familles qui regardent avec fierté le petit dernier faire ses premiers tours de roue sur sa digue bien droite, et l’aîné qui s’essaie à faire des ricochets sur sa surface lisse.

Elle bombe le torse avec raison, elle y est presque. Elle va devenir un fleuve, large et vigoureux. Indifférent. Traçant sa route avec détermination, sûr de son importance et de son succès. Dans quelques temps, il atteindra la mer, avec un calme et une sérénité qui ne feront que masquer sa puissance.

Cette force qu’il a puisée dans tous ces rochers qui l’ont griffé et ces paysages qu’il a traversés. Cette sérénité apprise de toutes ces pierres qu’on lui a lancées, et de ces corps qui s’y sont timidement baignés…

Et imperceptiblement, il finira par s’endormir sur une plage orangée d’un soleil qui s’y noie… Libre…

Mais si on reste sur le pont, à regarder passer l’eau… le bondissant torrent de montagne risque bien de venir s’endormir dans un étang trouble, duquel jaillissent de temps à autres des rêves de voyages réalisés, des sourires partagés, ou quelques virgules… comme des nénuphars qui égaient de rose une mare saumâtre au printemps…

Et trois ans plus tard, l’étang n’a pas changé.

De temps en temps une goutte de pluie triste comme une larme amie ou un papillon fragile comme un rire d’enfant en troublent brièvement la surface.

Mais son eau est toujours tiède, et l’on y voit plus grand chose. Flou. Ses rives restent identiques, indéfinies mais stables… A la fois boueuses et paisibles, bourbeuses, gluantes, mais pleines de vie…

Comment faire pour y créer une vague, un raz-de marée, en voir le fond, sous la beauté pure d’un ciel après une bouleversante tempête.

Une pierre très grosse, une de celles qu’on ne peut jeter qu’à deux… ?

« Virgule » tri-anniversaire, par arpenteur, hydrologue depuis 1971
(c)photo arpenteur2006 - Canada
(c)photo arpenteur2004 - Islande

Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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Lundi 9 février 2009

Cher Cupidon Bonjour, merci de nous recevoir, malgré un programme plus que chargé.

Merci à vous de m’avoir invité.

Je crois que tout le monde vous connaît, alors venons en directement au vif du sujet : on recommence à vous voir à poil dans toutes les vitrines, du magasin de décoration à la boucherie du coin, en passant par l’inévitable fleuriste et la boutique de lingerie. Franchement, Cupidon, la tournée 2009 n’est-elle pas celle de trop ?

Ecoutez, on me le reproche régulièrement, mais force est de reconnaître que je suis très attendu par mes fans, année après année. Je ne peux pas les abandonner ainsi. Comment feraient-ils ?

Comment expliquez-vous un tel succès ? Parce que vous ne vous renouvelez pas vraiment, et le secret de l’amour n’est-il pas d’être capable de se réinventer chaque jour ou presque, mais surtout le lundi ?

Je reste très basique. Il ne faut pas perturber ses clients son public par des changements trop fréquents. D’ailleurs, les changement ça crée toujours le doute. Apportez un bouquet de fleur à l’improviste, rien de tel pour que le « merci » qu’elle vous dira signifie en fait : « Le salaud, qu’est ce qu’il a à se faire pardonner encore ? ». Et dans l’autre sens c’est pareil : si une femme attend son homme au retour du boulot en lingerie, bas nylon, etc, le mec se demandera bien évidemment quel collègue de travail à réussi à booster ainsi la libido de sa moitié. Bon, d’abord, bien sûr, il va en profiter, putain, c’est pas tous les jours. Mais juste après, il commencera à se poser des questions… Donc une date fixe c’est important, ça rassure tout le monde…

Votre public est essentiellement féminin. Quel est votre secret ?

Sans vouloir me vanter, je crois que ma plastique y est pour beaucoup. Des fesses sublimes dans un corps d’enfant exposées dans tous les magasins, voilà de quoi assouvir les rêves de base de toutes les femmes : le cul, les enfants, et le shopping (je ne cite pas forcément dans l’ordre, les femmes sont toutes différentes, et c’est ce qui fait leur charme). Mais il faut faire rêver son public, voilà le secret. Et en toute honnêteté, les fesses, même comme les mien, ça fait vendre.

Vendre, nous y voilà. Cette énième tournée, ça sent un peu le pur produit commercial, pour ne pas dire le réchauffé, non ?

Je ne crois pas. Toutes ces filles et ces femmes qui attendent une petite attention, dont l’oubli est capable de remettre totalement en question une relation, ça n’a rien de commercial. Mais c’est vrai que le cœur de cible ce sont les hommes. C’est sur eux que repose toute la pression, toute la démarche marketing. Il faut les faire rêver aussi. Parce que les mecs, s’ils se mettent en quatre à la St-Valentin, c’est simplement parce qu’ils espèrent tirer un coup ce soir-là, et si possible avec la lingerie qu’ils lui ont offerte. Je vous l’ai déjà dit, pour vendre, rien de tel que le cul… Alors qu’en fait le grand succès, c’est d’avoir réussi à leur faire croire que le plus important, c’était de trouver le cadeau parfait, pour éviter de se faire larguer, et de devoir se frotter contre son coussin pour s’endormir dans un lit froid. Et nous revoilà au secret de toute cette affaire : le cul…

Vous n’avez jamais pensé vous recadrer vers quelque chose d’un peu moins commercial ?

Force est de reconnaître que réveiller sa femme pour l’emmener sur les toits regarder le lever de soleil emmitouflés dans une grosse couverture un matin de St-Valentin, c’est un truc à se faire engueuler parce qu’il fait froid et qu’elle va être en retard au boulot. Aller marcher sous la neige dans la forêt au clair de lune, c’est pas facile en ville surtout avec les gamins qui braillent à la maison, et jeter ensemble une grosse pierre dans une rivière pour en dévier un peu le cours, comme la rencontre à changé le cours de nos vies, ça a déjà été fait. Alors finalement, une carte format A4 avec un cœur qui clignote et un texte manuscrit piqué sur internet, un cœur en peluche gros comme ça, ou un bouquet de fleurs préemballé, ça n’emballe personne, mais ça sauve des couples.

Un brin cynique non ?

Non, je crois pas. Pas plus que tout le monde. J’ai une affaire à faire tourner. Avec la crise (c’est la crise, vous saviez pas ?), les actionnaires sont de plus en plus exigeants. Donc on mise à fond sur la marketing, ça met la pression sur les clients le public qui devient aussi de plus en plus exigeant. Le mec fait une folie, il y va de son couple. Pour nous c’est le gros lot, pour lui, c’est les lolos… Et finalement tout le monde est content. Alors même si je suis cul nu partout, j’ai des couilles en or… Et ça, toutes les femmes en rêvent…

« Interviewage » sans Valentin, par arpenteur, archer depuis 1971
(c)photo arpenteur2006 - suisse

Par Arpenteur - Publié dans : Interviewage
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Dimanche 1 février 2009

Voilà quelques jours, c’est arrivé. Tout le monde dit que c’est historique, que les temps ont changé, que yes we can, et que la planète est sauvée… Je crois qu’il est important de jeter un seau d’eau glacée sur cette frénésie quasi copulatoire et messianique…
Parce que si on fait bien gaffe, rien n’a changé.
C’est le schéma classique. George le gosse de riche se goinfre pendant huit ans, dégueulant du bretzel sur la moquette, et faisant la bombe partout où ça lui chante, puis quand la fête est finie, il retourne chez papa-maman la queue entre les jambes.
Et comme d’habitude, c’est un black qui se tape le sale boulot et qui doit tout ranger. Et mettre de l’ordre dans tous les recoins d’un bureau c’est pas évident, surtout quand il est ovale, alors imaginez avec une planète, toute ronde, et qui tourne en plus.
Alors le petit Obama, quand il s’est rendu compte du bordel qu’il avait à ranger, forcément il a hésité. Mais il ne pouvait plus reculer. Il avait déjà la main sur la bible. Et au moment de prêter serment, il a bredouillé.
Pour être toujours au plus près de l’information, les Virgules ont mandaté Pierre-Mouloud Mac Rodriguez professeur de scrapbooking en milieu naturel à l’Université de Saint-Triphon pour analyser les raisons de cette déconcentration fort peu présidentielle. Voici quelques-unes de ses conclusions :
1. parce qu’Obama a aperçu une lueur de lucidité dans le regard de Deubelyou (hypothèse rapidement réfutée après visionnage d’un ralenti au microscope électronique, pas le moindre neurone n’était visible)
2. parce qu’il a vu que les Clinton étaient là (il a buté sur le faithfully, qui veut dire fidèlement en américain de la capitale)
3. parce que quelqu’un dans la foule a crié « tu veux un bretzel ? »
4. parce qu’il s’est rendu compte que la dernière chose qu’il pourra encore faire tout seul, et encore c’est pas sûr, c’est aller chier le matin, le pantalon sur les chevilles, comme vous et moi (et comme vous aussi les filles, on le sait très bien, ne dîtes pas le contraire)… Casse moins la baraque du coup l’Obama…
Quoi qu’il en soit, ce petit balbutiement ne remet constitutionnellement pas en cause son engagement, si ce n’est peut-être auprès de sa femme, puisque pour conclure il demande l’aide d’un gode… mais cela ne nous regarde pas.
Or donc par conséquent, il en découle subséquemment que depuis une semaine, il y a un chômeur de plus aux Etats-Unis. Enfin, considérer comme chômeur quelqu’un qui n’a jamais bossé, je sais pas si on peut le faire. Toutefois, il devra maintenant se trouver un vrai travail, parce qu’il n’est pas sûr que les pots-de-vins qui lui ont été versés par les marchands d’armes et autres pétroliers, suffisent à assurer son pouvoir d’achat.
Malheureusement pour notre ami Bush ce n’est pas une période très favorable pour l’embauche. Seul solution, fonder sa propre entreprise.
Il pourrait par exemple se lancer dans le spectacle. Son show « pyrotechnique et magie » de Bagdad fut d’ailleurs d’une qualité rare. FoxNews a battu des records d’audience, notamment lorsqu’il a transformé l’hôpital Gingolph Al-Souflaki en une grosse boule verte du plus belle effet.
Siegfried&Roy vont devoir s’accrocher à leur lifting face à cette nouvelle concurrence…
Ou sinon, Bush pourrait s’essayer au sport de combat. Déjà champion irakien de double esquive à la savate, il pourrait remettre en jeu son titre dans un magasin de chaussures... De nombreuses marques sont prêtes à sponsoriser l’événement.
Mais finalement, laissons le plutôt rentrer peinard chez lui, en espérant qu’un de ses chevaux ait le bon goût de piétiner par accident son sourire niais … Plus de retraite… Ce serait déjà une dépense de moins dans le budget de l’état non ?
Pour le reste, après mûre réflexion je crois qui si… Il y a vraiment quelque chose qui a changé…
A la maison blanche, je parie qu’il y a des femmes de ménage, blanches, justement (entre autres). Imaginez des femmes de ménage blanches au service d’une famille noire, qui se trouve être les présidents de la Maison Blanche, et de tout ce qui va avec…
Franchement, on vous aurait dit ça il y a 100, 50, ou même 5 ans, vous auriez dit : « t’es con ou quoi ? ».
Y a pas à dire, ils sont vraiment forts à Hollywood…
Vous verrez un jour ils vont inventer un film où les deux plus grandes tours de New York se font descendre par des avions de ligne…
« Virgule » qui dépasse la fiction, par arpenteur, politologue depuis 1971

(c)photo arpenteur2004 - New York 

Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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