Cachet postal

courrier des lecteurs, lettres d’insultes non anonymes, demandes d’autographes, commandes de produits dérivés, achat des droits pour le cinéma, conseils pour devenir joueur de pipeau professionnel, sponsoring à plus de cinq zéros, ou autres raisons indispensables de me contacter directement ? glissez votre message dans l’enveloppe, léchez le timbre, et collez-le ici 

 

 

 

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DURA LEX...

Toutes les lettres (et les chiffres aussi, allez, soyons pas radin) formant les mots qui constituent ce blog, ainsi que tout ce qui s’y trouve, y compris la super méga géniale bannière, sont protégés par la loi, des playmobils surarmés, et plein d’autres trucs plutôt cool. Alors on ne copie pas, on ne vole pas, on ne tire pas les cheveux des filles à la récré, sinon, je vais chercher des copains très baraqués, et on vient tous chez toi manger des pizzas aux anchois sur ton canapé, mettre tes boyaux en guirlande sur ton yucca, et casser ta télé. Alors fais super gaffe les gens. 

 

 

 

 

 

 

 

Avec le temps va

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Vendredi 7 décembre 2007

En cette période de frénétique surconsom-

mation pré-

noëlique, il me semble important de revenir à l’essentiel : l’amitié et le pardon pour pouvoir fêter Noël l’âme en paix. Mais bon, il arrive que ce soit trop dur, et qu’on aie plutôt envie que s’abattent sur certains toutes les plaies d’Egypte, de Grèce (ah non, pas Nikos c’est trop cruel ça) ou d’ailleurs, voire de nouvelles plaies super chiantes.

N’hésitez pas par exemple à menacer les importuns d’ordonner à votre marabout personnel de les transformer en playmobils. Croyez-moi, ce genre d’intimidation devrait rendre n’importe qui un peu plus conciliant et aimable à votre égard.

Ce qui vous aidera à lui pardonner d’être un vrai con, et à faire de cette planète un monde de paix, avec des bougies en forme de rennes, des airs de violon, et des enfants qui cessent de mourir sous des arbres secs pour se mettre à chanter sous des sapins lumineux arrachés à la forêt qui finiront par étouffer sous une avalanche de déchets post-déballage.

Personne ne voudrait être transformé en playmobil. Parce que le playmobil, des emmerdements il en a à la pelle, que dis-je, au tracto-pelle.

Tout d’abord, sa survie elle-même est un miracle de tous les instants.

Parce que le playmobil ne peut pas se nourrir, ni boire. Essayez de manger proprement cinq fruits et légumes par jour sans plier les coudes, ou de boire une bière au bar du coin, voire au coin du bar. Totalement impossible sans assistance. Ne pas boire permet toutefois d’éviter de devoir appeler à l’aide pour ouvrir son pantalon pour aller aux toilettes. Ce qui est quelque part dommage, puisque le playmobil a une excuse en or jaune pour arroser les bords de la cuvette par accident.

Et si le pot de confiture aux fruits de mer de Tata Marie-Cindy est sur l’étagère du haut, pas question de se mettre sur la pointe des pieds pour l’attraper les bras tendus. L’absence de chevilles et d’orteils se fait alors cruellement sentir.

Le playmobil a les bras les plus inutiles qui soient, et chez lui, l’adage le plus populaire est : « des bras ? eh non, pas d’chocolat quand même ». Le crabe le plus maladroit du monde est sans doute plus habile de ses pinces qu’un playmobil bricoleur. Par contre puisqu’il ne mange rien, cela devient beaucoup moins grave pour lui de ne pas pouvoir se brosser les dents.

Le playmobil ne peut pas non plus se frotter les yeux, mettre ou enlever ses lunettes, pire, ses lentilles de contact. Impossible de se gratter les oreilles, ni les couilles, ni encore de coiffer sa petite mèche crénelée d’un air dégagé, lorsqu’elle lui tombe sur les yeux. Sur ce point là, il a d’ailleurs l’avantage de ne pas perdre trop de temps chez le coiffeur, puisqu’il peut être intégralement scalpé et recoiffé en quelques instants, moyennant l’assistance de quelques potes.

Il ne peut pas lacer ses chaussures, ni mettre des tongs, et par conséquent, il se balade toujours pieds nus, ce qui dans certains milieux est très mal vu. De plus, à défaut de pouvoir nouer sa cravate, ses possibilités professionnelles sont aussi très réduites. Exclu de rêver par exemple d’une carrière de vendeur en assurances, ou de politicien de droite.

Finalement, pour presque tout, notre ami le playmobil a besoin du coup de main, tendue, d’un camarade. Le problème c’est qu’il se trouve souvent seul, étant donné les difficultés qu’il rencontre pour composer le numéro de ses amis sur son portable, et encore pire, pour le porter à son oreille, s’il n’a pas un kit main libre.

La santé du playmobil est extrêmement fragile, puisqu’il ne peut pas pratiquer une activité physique régulière pour compenser le fait qu’il lui est impossible de manger cinq fruits ou légumes par jour. Comment courir, jouer au foot ou au tennis, voire faire du vélo, sans genoux, lorsque les deux jambes ne font qu’une ?

Inutile aussi pour lui de sortir draguer en boîte puisqu’il ne peut pas mettre ses lunettes de soleil sur son crâne, qu’il n’a pas de genoux, et que les particularités de ses bras le rendent totalement incapable de danser la tecktonik, la macarena, ou de s’éclater sur YMCA à la Salle de Fêtes de Farvagny-Le-Petit. Admettons qu’il arrive à emballer une jolie playmobilette qui déteste la danse, il ne tarderait pas à se faire jeter, à force d’être en retard, puisqu’il lui est impossible de regarder sa montre.

De toute façon, Madame Playmobil n’a pas de seins, pas de fesses, ne peut pas écarter les jambes, et ne peut que faire non de la tête. Donc aucune chance de faire un jour des galipettes. Et pas question non plus pour le playmobil, mâle ou femelle d’ailleurs, de se consoler en essayant de se satisfaire tout seul…

Ne pas manger, ne pas boire, ne pas faire de sport, ne pas avoir de vie sexuelle, et ne pas pouvoir faire des pompes… Quelle plaie mobile…

Et le pire pour le playmobil c’est que jamais personne ne l’a serré dans ses bras, et je suis sûr que s’il pouvait prendre rendez-vous, il suivrait des séances bihebdomadaires chez un psy, qui lui donnerait tous les cachets qu’il est incapable d’avaler seul. Pour tenir le coup.

Non, y a pas à dire, ça doit être dur dur d’être un playmobil.

« Virgule » raide comme la justice de Berne, par arpenteur, assouplissant à la lavande depuis 1971

(c)photo arpenteuse2002 - îles cayman

Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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Vendredi 30 novembre 2007

Il est des sports méconnus, qui devraient l’être un peu moins, et pouvoir enfin bénéficier d’une couverture médiatique, et de droits télévisuels faramineux, dignes de ce nom. Toujours soucieux de votre culture, fut-elle cycliste, maritime, ou ovale, j’ai décidé de faire sortir de l’ombre un de ces sports : le hornuss.

Il n’y a pas de raisons que seuls quelques Schwitzertütsch moustachus en profitent, non ?

Le hor-quoi ? vont se demander en se tordant la bouche tous ceux qui vivent en dehors du pays des montagnes en or où coulent des rivières de chocolat (ou l’inverse), et ils sont nombreux, car ce blog est lu sur plusieurs continents, je le sais… et en quelque sorte on peut dire que ça me troue le cul, en bon français…

Bref, revenons à nos néanmoins compatriotes suisse-allemands.

Le hornuss est un sport de plein air.

Et vous n’allez pas tarder à comprendre pourquoi il vaut mieux éviter d’entamer une partie dans son salon, en particulier si Valérie Damidot vient de vous le redécorer en gloussant, avec une « mag-nifique pitite loupiote qui lui donne tussuite un air beaucoup plus cosy, n’est-ce pas mon frankyky… ? », en moins de temps qu’il n’en faut à Ikea pour vendre un meuble au nom imprononçable, et à M6 pour diffuser un spot de pub.

Donc, pour pratiquer le hornuss, commencez par trouver un champ d’une longueur respectable, soit au moins 350 mètres, situé à l’extérieur de votre salon, et qui porte de préférence un intitulé chatoyant comme une chevelure qui le vaut bien, par exemple Brötlifeld, Röstifeld, Spätzlifeld, ou autre Würstlifeld.

Il vous faudra ensuite arpenter les routes cantonales de l’Emmental Bernois (non, chers néanmoins voisins hexagonaux, l’Emmental n’est pas un fromage, c’est un vrai endroit avec des gens moustachus qui vivent dedans), de préférence de nuit, afin de dérober le plus de panneaux routiers possible, en violation de l’art. 98 LCR. Choisissez-les de préférence carré : par exemple un « sens obligatoire » ou un « H », voire un « P ». Mais n’hésitez pas à laisser libre cours à votre imagination. La collaboration d’un ami soudeur, étranger (car en Suisse allemande, seuls les étrangers commettent des infractions), est d’ailleurs recommandée pour gagner du temps, et couper les poteaux à leur base. Et veillez à ce qu’il se protège bien les yeux, afin d’éviter qu’il n’abuse ensuite de l’assurance-invalidité.

Vous devrez ensuite vous munir d’une boule. Une boule standard, à circonférence sphérique globulaire d’un diamètre passant par le centre. Celle-ci sera placée sur une sorte de rail, et il s’agira de la frapper avec votre fouet (je te vois déjà frétiller des fesses petite coquine, mais non, ça n’a rien à voir. Je te rappelle que ce sport est suisse-allemand et protestant). Le fouet est une longue tige flexible au bout de laquelle se trouve une partie plus rigide pour frapper la boule, et l’expédier à plus de 180 km/h en direction des joueurs adverses, situés à l’autre bout du terrain, soit plus loin que la distance d’un stand de tir fédéral.

Dès lors vos adversaires vont vivre dans la terreur. Vous les verrez courir dans tous les sens, comme des greluches un jour de solde chez Mango, tout en regardant le ciel vide avec un air niais d’électeur aimant les affiches à base de moutons. Puis dans leur panique ils commenceront à jeter des panneaux indicateurs dans les airs : « stop », « sens interdit », « ne pas tourner (trop ?) à droite », et « Obersteckholz BE » (par exemple comme ça).

Quand tous les panneaux sont retombés, les joueurs adverses se congratulent, tout heureux d’être restés en vie. Ils ramassent les panneaux, car ils n’ont pas l’habitude de jeter des trucs par terre, puis s’en vont boire une bière au Gasthaus zum Bären.

Et là vous êtes sans doute comme moi : vous vous demandez en trépignant où trouver l’album des figurines Panini de la fédération thurgovienne de hornuss, et comment faire pour vous inscrire. Si, si, ne faites pas les innocents, je le sais.

Alors n’hésitez pas, rendez-vous ici (attention, le design défrise la moustache), et entraînez-vous… il paraît que le hornuss sera un sport olympique d’ici les Jeux d’été de Wangen-an-der-Aare 2148

« Virgule » moustachue, par arpenteur, trans-palette depuis 1971

(c)photo arpenteur2006 - grangettes, vd, suisse

Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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Lundi 19 novembre 2007

- C’est fini pour aujourd’hui, Monsieur Sammel. Et je suis désolé, je sais combien ces rendez-vous comptent pour vous, mais malheur-

eusement, je serai absent la semaine prochaine. Je dois assister à un cycle de colloques à Londres.

Il m’a dit ça d’un ton très satisfait, pour ne pas dire suffisant, que l’air grave et désolé qu’il prenait derrière ses lunettes rondes ne masquait aucunement. Sa moue sérieuse et professionnelle semblait devoir légitimer la blancheur de sa blouse.

Cela ne m’a pas étonné que le Docteur Lefumaz me précise son emploi du temps. Il pensait justifier ainsi ses compétences, et les tarifs exorbitants qu’il pratiquait, faisant de la collection le concernant la plus onéreuse de toutes.

Il m’a tendu la petite carte, sur laquelle figurait notre prochain rendez-vous. Je l’ai regardée, et j’ai acquiescé tristement. Il a du prendre ça pour un « au revoir » puisqu’il a refermé sur moi la lourde porte de bois moulé sur laquelle étincelait sa plaque : « Docteur Cyril Lefumaz, Psychiatre ». Elle brillait tellement, que je le soupçonnais de l’astiquer tous les soirs.

Je me suis retrouvé seul dans ce couloir qui sentait la vieille humidité. Une légère odeur de neuf émanait encore de l’épais tapis couleur prune installé depuis peu sur l’escalier de pierre qui s’entortillait autour d’un ascenseur brinquebalant. Elle ne masquait toutefois pas la vétusté de cet hôtel particulier investi par diverses professions libérales. Mais cette vieille architecture permettait des hauts plafonds, et de grandes portes en bois, qui devaient ravir le Docteur Lefumaz. Il s’en dégageait une certaine classe, une respectabilité, que l’on n’aurait pas trouvées dans un quatre pièces d’un immeuble des années 70.

La carte de rendez-vous dans la main, je l’examinais encore une fois avec soin : c’était effectivement pour jeudi en quinze 16h45, comme d’habitude. Une éternité, et surtout un trou de plus dans ma collection. Le huitième.

Tout comme les vacances, je détestais ces congrès auxquels le docteur se rendait de temps en temps, et où je l’imaginais se pavanant parmi ses pairs, en sirotant des cocktails. Je suis sûr qu’en plus il y parlait de moi, de mon « cas très intéressant », comme il disait, tout en piquant des olives avec un cure-dent.

Quand je me suis retrouvé dans la rue, la nuit commençait à tomber, comme tous les jeudis de novembre vers 17h45.

Deux cent dix-neuf.

J’avais 219 cartes de rendez-vous du Docteur Lafumaz pour le jeudi 16h45. Cette pensée a légèrement apaisé ma colère, alors que je répertoriais ma nouvelle acquisition dans mon calepin.

Voilà plus de quatre ans que je consultais ce charlatan, uniquement pour réunir cette collection unique. Je n’avais eu aucune peine à le convaincre que j’avais un problème nécessitant un suivi hebdomadaire : je lui ai parlé des collections que je ne faisais pas.

Ben oui, je ne suis pas fou. Je n’allais pas lui parler de celles que je faisais vraiment. J’avais constaté qu’il devait être collectionneur, lui aussi : les trois étagères sur lesquelles trônaient une trentaine de petites statues africaines en bois, représentant des sorciers, le trahissaient. Je me suis tout de suite méfié, me félicitant de la longue expérience qui m’avait permis de remarquer ce détail.

Alors pour éviter qu’il ne profite de nos séances pour noter sur son bloc des idées de nouvelles collections, tout en feignant m’écouter d’un air distrait, je me suis bien gardé de lui parler des miennes.

Je l’ai accroché dès notre première rencontre, avec ma soi-disant collection de timbres et la tristesse frisant le désespoir que j’avais ressentie, lorsqu’un soir, en rentrant de l’école, j’avais découvert que ma mère avait tout vendu, pour s’acheter une robe en vue du mariage de sa soeur. Comme si Grégoire Sammel était du genre à collectionner des timbres… Dès le début, j’ai pu lui faire avaler n’importe quoi à ce bon Docteur.

Je n’avais pas à en rajouter beaucoup, parce qu’effectivement j’avais toujours dû lutter avec mes parents pour sauvegarder mes collections, et que parfois ils en avaient détruit l’une ou l’autre. La perte qui m’avait fait le plus de peine fut celle des 1871 cannettes de soda de couleur bleue, toutes différentes, que j’avais réunies en moins de cinq ans, qui avait disparu un mois avant que je ne fête mes treize ans. Toutes différentes, mais beaucoup trop encombrantes, paraît-il. Et tout ce qu’il m’en restait aujourd’hui, était un vieux cahier scolaire, intitulé « Collection No 9, canettes bleues », dans lequel je les avais toutes listées, précisant la date et le lieu de leur acquisition.

En rentrant de ma séance chez Lefumaz, j’ai constaté qu’à l’angle de la Rue du Crochet et de l’avenue Monthelier, tristement dégarnie en cette fin d’automne, il y avait eu un accident. Un vieil homme avec un chapeau de feutre, avait coupé la priorité à un jeune cycliste. La police venait d’arriver sur les lieux, et prodiguait les premiers soins à la victime, sous le regard toujours trop curieux des badauds. Le vélo vert, dont la roue avant était totalement pliée gisait sur la route, trois ou quatre mètres devant une Subaru couleur rouille. Quelques agents essayaient de réconforter le chauffard qui semblait être particulièrement choqué. L’ambulance est arrivée quelques instants plus tard, et a emmené le blessé.

C’est alors que j’ai remarqué la silhouette jaune que les policiers avaient dessinée à la craie à l’emplacement du cycliste. Elle saignait.

J’ai ressenti une impression étrange face au vide que la victime avait laissé sur la route. C’était la première fois que je voyais du vide.

Le lieu de l’accident a été mesuré, dessiné, puis peu à peu dégagé. J’ai alors vu que la silhouette de la voiture, et celle du vélo accidenté avaient également été marquées. Puis la circulation a repris, écrasant le vide et le sang.

De retour chez moi, j’ai classé rapidement la deux cent dix-neuvième carte de rendez-vous du Docteur Lefumaz avec les autres. Quinze jours. Une éternité.

J’ai pris un bain bouillant, tout en relisant le carnet consacré à ma collection de chaussures gauches. La collection No 66. A chaque fois que je voyais une paire de chaussures, devant une porte, dans un vestiaire, n’importe où, je glissais la gauche dans mon sac, avec un sentiment de honte, mêlé au plaisir de compléter ma collection, et à la peur de me faire prendre. Comment aurais-je pu alors me justifier ? La relecture de certaines de ces 377 acquisitions que j’avais notées également de 1 à 5 selon le degré de danger, m’a fait sourire, et très vite je me suis senti beaucoup mieux.

En sortant de mon bain, je me suis coupé les ongles des pieds, et comme à chaque fois, j’en ai déposé les morceaux dans un grand bocal de verre. Il y en avait près de trois kilos, et j’en étais très fier. C’était le résultat d’innombrables années de travail et de discipline, mais j’avoue que pour cette collection-ci, je n’avais pas de carnet, ni de numéro.

Je suis ensuite passé à mon contrôle quotidien, et j’ai vérifié que ma collection principale était toujours complète à l’aide du cahier « Collection 0 : collections ». J’avais beau avoir installé un système d’alarme très perfectionné sur ma porte d’entrée, de nos jours, on ne peut être sûr de rien.

Malgré cette activité qui chaque soir me procurait un apaisement délicieux, je n’ai  pas trouvé le sommeil. J’ai ressenti cette nuit-là un grand vide. C’est dans la pénombre de ma chambre que j’ai compris : il me fallait commencer une nouvelle collection. Laquelle ? La réponse m’est apparue comme une évidence.

J’ai pris mon appareil photo, et je me suis rendu sur les lieux de l’accident que j’avais vu en rentrant. En chemin, j’espérais de toutes mes forces que la circulation n’ait pas déjà fait disparaître le vide.

Tout était là : la voiture, le vélo, le cycliste, le sang. Le rare trafic de cette fin de soirée m’a permis de prendre la victime en photo sous tous les angles, et c’est presque en courant que je suis rentré chez moi.

J’ai passé la nuit à imprimer les photos, à les classer, puis à les répertorier, dans un carnet tout neuf : lieu, date, circonstances. Au petit matin, j’ai écrit sur la couverture « Collection No 114 : Vides ».

Je savais que je ne dormirais pas. Comme à chaque fois que j’inaugurais un nouveau cahier, l’excitation du moment était trop forte. Il me fallait un deuxième exemplaire de vide, sinon, ce n’était pas encore une collection. J’ai passé ma journée à arpenter les rues de la ville, espérant rencontrer l’attroupement de badauds qui me révélerait l’absence dont j’avais besoin. Mais en vain. J’ai marché pendant des heures, et pas le moindre accident en vue. Lorsqu’à quelques reprises, j’ai entendu des sirènes, j’ai couru comme un fou dans leur direction, mais jamais je ne les ai trouvées. Leur son ricochait d’immeuble en immeuble en me désorientant complètement.

Après avoir passé la soirée avec ma collection No 59, « gommes en forme d’animaux domestiques herbivores », puis avec la No 47, qui contenait les pages 47 de tous les livres que j’avais lu depuis quinze ans, je me suis enfin endormi.

Dès le lendemain, j’ai fait l’acquisition d’un scanner, afin d’écouter les fréquences de la police. Ainsi, j’en étais certain, je ne manquerai plus le moindre accident, plus le moindre vide.

Mais malheureusement j’ai constaté qu’il était rare que je trouve le vide d’une personne blessée. La plupart du temps ce n’était que le vide rectangulaire et banal de véhicules légèrement accidentés.

J’en ressentais une obsédante frustration, qui grandissait chaque jour un peu plus. Je parvins à l’apaiser légèrement en subtilisant un escarpin noir, taille 38, dans les vestiaires de la piscine municipale. Mais cela ne me suffisait pas. Jour après jour, je recherchais encore et encore. Je poursuivais ces silhouettes fantômes avec l’acharnement du désespoir. Grégoire Sammel ne pouvait avoir une collection ne comprenant qu’un seul exemplaire. Cela n’avait pas de sens.

Jamais je n’avais ressenti un tel besoin d’aller voir le Docteur Lefumaz. Mais Monsieur se pavanait de l’autre côté de la Manche, et son absence était le vide le plus inutile que je pouvais trouver.

La veille de ma séance du jeudi, j’ai enfin trouvé un moyen de compléter ma collection de vide. J’allais en créer moi-même. Je n’aurai pas l’outrecuidance de faire un faux, et de dessiner moi-même une silhouette sur un quelconque trottoir, non. Je suis un collectionneur, pas un tricheur.

Ce soir-là, alors que je passais dans la rue du Docteur Lefumaz, j’ai eu le plaisir de voir un attroupement, à une centaine de mètres de l’hôtel particulier. L’ambulance quittait les lieux, et les policiers dispersaient la foule, tout en arpentant méticuleusement la zone qu’ils avaient délimité à l’aide de rubans de plastic rouge et blanc. Je me suis renseigné sur ce qui s’était passé en interrogeant les passants amassés sur le trottoir.

Un badaud m’a annoncé fièrement qu’un homme avait été tué, et qu’il avait eu le temps de voir la victime avant que les policiers ne la recouvrent d’un drap blanc. Il m’a raconté qu’elle aurait semble-t-il été poignardée, ce qui expliquait la longue trace de sang qui s’étalait jusqu’au caniveau. Je ne me suis pas attardé sur les lieux, je n’avais pas rendez-vous aujourd’hui.

Mais quelques heures plus tard, je suis revenu, profitant du calme de la nuit. A coup de flashs répétés qui illuminaient la rue déserte, j’ai immortalisé le vide ensanglanté du Docteur Lefumaz. 

Je n’aurai jamais une deux cent vingtième carte de rendez-vous… C’était certain.

Mais je savais qu’il fallait parfois savoir sacrifier une collection pour en valoriser une autre. Je l’avais appris il y a déjà bien longtemps.

« Nouvelle mauvaise » à la craie, par arpenteur, collectionneur depuis 1971 

(c)photo arpenteuse2005 - mongolie

 

 

Par Arpenteur - Publié dans : Nouvelles mauvaises
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Mercredi 14 novembre 2007

Mes doigts se prennent pour des scénaristes hollywoodiens, qui aiment conduire des trains en étudiant la littérature népalaise, et ils se sont mis en grève.

Au début, je dois dire que je me suis un peu foutu de leur gueule : « C’est ça, c’est ça, n’importe quoi pour être à la mode… Vous n’avez vraiment aucune personnalité. Vous savez, vous n’êtes pas obligés de faire comme tout le monde ».

Puis ils m’ont envoyé une délégation, pour me faire part de leurs revendications. Parce que dans une grève, on prend des décisions à main levée, on délègue et on revendique, c’est le principe de base. On défile un peu aussi sous des banderoles bourrées de jeux de mots si pathétiques qu’ils pourraient avoir leur place ici, en scandant des slogans, dans une doudoune tapissée d’autocollants fluorescents…

Alors la délégation de mes deux doigts est venue. C’était les plus moches. C’est fou ce que les représentants syndicaux digitaux sont laids en général. Je me demande où ils font leurs castings. A croire qu’ils les trouvent dans le matériel abandonné sur place après la délocalisation d’un train-fantôme (train-fantôme/grève, tiens, je ne l’ai pas fait exprès celui-là, je vous jure). Enfin bref, chez moi, c’était l’annulaire de la main droite, et l’auriculaire de la main gauche.

Ils m’ont dit qu’ils en avaient vraiment marre de se faire ronger. L’auriculaire a prétendu être allergique au cérumen, et a demandé une prime de risque et la retraite anticipée, comme s’il voulait rester en l’air à boire du thé. Ils en avaient marre d’obéir au doigt et à l’œil. Bref, ils tentaient le coup de poing.

Je leur ai expliqué qu’à force, il ne faudrait pas qu’ils s’étonnent si un poil prenait la direction de la main à leur place. Que les pouces devraient bien sortir du cul où ils se prélassaient depuis trop longtemps, histoire que les usagers de ce blog ne soient pas pénalisés par leur prise d’otage. Que ceux-ci n’y pouvaient rien, et que si ça continuait, ils iraient sur d’autres blogs, plus influents et plus drôles. Et que, dans ce cas, mes doigts n’auraient plus de boulot, et que ce n’était pas en se tournant les pouces qu’on pouvait se lécher les doigts après un bon repas.

C’est là qu’il m’ont dit qu’en les menaçant, je n’arriverai à rien, que je me foutais le doigt dans l’œil, jusqu’au coude.

« Je ne lâcherai rien. Je ne bougerai pas d’un pouce » leur ai-je répondu.

Alors ils sont partis, en me montrant du doigt d’un air menaçant. Ils n’y allaient pas de main morte : « Attention mon gars, tu mets le doigt dans l’engrenage là ». Puis ils m’ont envoyé leurs hommes de main, pour m’impressionner. Je les ai tout de suite reconnus. Deux gars plutôt grands, qu'on appelait les deux majeurs. IIs avaient l’air tendus : « Fais gaffe, tu vas finir avec notre main dans la gueule, et tu vas t’en mordre les doigts ». Je les ai trouvés vulgaires, et ça ne m’a pas impressionné du tout.

Mais une chose était sûre, cette histoire n’allait pas se régler en claquant des doigts. On était à deux doigts du blocage total, et pour m’en sortir, il me faudrait glisser ma main de fer dans un gant de velours.

Heureusement, mon petit doigt m’avait dit qu’ils n’étaient pas unis comme les doigts de la main, et j’étais sûr que j’en avais quelques uns qui avaient deux doigts de jugeotte. J’en aurais mis ma main au feu.

En croisant les doigts, je suis allé les voir : « Dis donc, vous voudriez pas me donner un coup de main ? ». Ils en avaient marre eux aussi d’être toujours mis à l’index. Ce n’étaient pas des gars qui me mangeaient dans la main, loin de là, mais ils aimaient leur travail, et ont décidé de prendre les choses en main, tous seuls.

En un tour de main, de maître, c’était réglé, et c’est grâce à ces doigts de fée, mes deux index, qu’aujourd’hui, vous avez malgré tout pu lire ce billet.

Les autres sont repartis les mains dans les poches. Puis ils ont fini par se prendre en main, et comme ils ne savaient pas quoi faire de leurs dix doigts, ils ont remis la main à la pâte, et tout est rentré dans l’ordre.

« Humeur » digitale, par arpenteur, piquet de grève depuis 1971

(c)photo arpenteur2007 - barcelone

Par Arpenteur - Publié dans : Humeur
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Jeudi 8 novembre 2007

Et pourquoi pas péter dans un accordéon, vomir sur un xylophone, chier dans une flûte à bec, se moucher dans un piano à queue, cracher dans une vielle à roue, se curer les oreilles avec un cor des alpes, se frotter les yeux avec une guimbarde ?

Tout le monde le sait, la langue française est pleine d’expressions dont on ignore l’origine. Une fois de plus c’est ici que vous trouverez la réponse à toutes les questions que vous ne vous posez pas, parce que vous n’avez pas que ça à foutre, et vous avez bien raison.

Mais quand il faut remplir un blog, quand il faut fidéliser les lecteurs sans photos de nichons, et les lectrices sans commentaires sur la nouvelle crème antiride aux liposomes enzymatiques à rotation alternative, il faut parfois payer de sa personne, et développer votre culture musicale.

Pisser dans un violon ? Pourquoi donc cette expression a-t-elle traversé la route et les âges ?

Depuis tout petit, Jean-Fernand Stradivarius, d’Ingres, souffrait d’incontinence. A peine né, il se pissait dessus. Comme tout un chacun (et chacune, ne faites pas vos petites princesses mesdemoiselles), me direz-vous, avec votre perspicacité coutumière. Certes. Mais le problème de Jean-Fernand était que son incontinence était permanente, même passé l’âge, comme on dit. 

Il n’avait absolument aucun contrôle de sa vessie.

Qu’il soit en classe, à la boum de Anne-Bérénice, sur les genoux de Tonton Dylan, ou dans les vestiaires après son entraînement de jokari, Jean-Fernand devait en permanence porter des Pampers sous ses jeans (merci à Pampers de m’envoyer le chèque comme convenu, en rajoutant un zéro, parce que je suis sympa). Ce qui n’était pas particulièrement discret, et qui lui valu très tôt le surnom de « Lélasticla ».

Pour oublier ces moqueries, il se lança accords à corps perdu dans la musique. Il commença par l’harmonica. Mais cela ne résolut pas son problème de fuites, et qu’il soit dans la bibliothèque municipale rayon « biographies de bouriates pratiquant l’origami en apnée», à son cours de musique avec Madame Cynthia Dumolard, ou à son bureau de technicien en viande au 2ème étage de la charcuterie Dupain, il devait toujours porter ces insupportables pampers, qui lui faisaient des irritations dans les plis, et des moqueries dans les oreilles.

Il s’essaya alors au triangle, puis aux maracas. Mais rien à faire.

Il eût la révélation lors d’une soirée un peu arrosée qu’il termina au poste de police : il allait se mettre au violon et faire de la musique de pot de chambre. Enfin un instrument qu’il pouvait aisément et plus ou moins discrètement remplir en cas de besoin.

Cela ne résolut pas non plus son problème, mais ça en donnait l’impression, puisqu’il a ainsi pu abandonner les pampers.

Finalement, pisser dans son violon n’avait aucun effet. Il restait incontinent.

Son, ou plutôt ses, instruments lui apportèrent toutefois des trompettes et de la renommée bien au-delà de la bretelle-nord d’Ingres, puisque sa première composition sobrement intitulée « L’apaisant petit fil jaune » (puisque le « Beau Danube bleu » était déjà pris, paraît-il) connu un succès quasi planétaire.

Jean-Fernand Stradivarius décéda en pleine gloire, lorsque son œuvre était à la deuxième place du Top50 depuis plusieurs semaines (la première place étant squattée depuis la fin du XVIIème siècle par le générique de la Nouvelle Pop Star Academy de Models). Il mourut d’une fracture de la vessie seulement quelques jours après avoir épousé, en première page d’un de ses Galas et à l’église d’Ingres, la dame-pipi de l’opéra Bastille de Sydney.

En l’honneur de l’apport de Jean-Fernand à la musique, l’expression pisser dans un violon est restée dans le langage courant, et signifie « être totalement inutile », ce qui en soi justifie totalement sa présence sur ce blog…

A noter que de nos jours cette expression tend parfois, voire de plus en plus, à être remplacée par celle-ci : « mettre son bulletin dans l’urne »…

« Pourquoi » diurétique, par arpenteur, luthier depuis 1971

(c)photo arpenteur2003 - bruxelles

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Lundi 29 octobre 2007

Hier, je me suis acheté une nouvelle tondeuse à gazon. Non je déconne. Je déteste assez celle que j’ai pour la tuer à petit feu en faisant des ronds sur ma pelouse.

Non, hier, je me suis acheté un grille pain à propulsion hydraulique (oui, je sais, ça n’existe pas, mais c’est pour vous faire comprendre que sur ce blog je ne raconte pas ma vie, laquelle est d’un tel intérêt qu’elle mériterait un support bien mieux adapté, comme par exemple une superproduction hollywoodienne avec Johnny Depp pour jouer mon rôle, voire une série-culte). Enfin bref, revenons à mon ce grille-pain.

Et comme sur tout ce qui s’achète de nos jours, grâce aux subtilités du système judiciaire américain, qui risque un jour de transformer le nôtre (puissé-je être décédé dans mon lit à l’âge vénérable de 2814 ans le jour où cela arrivera), celui-ci disparaît presque complètement sous les diverses consignes de sécurité et autres modes d’emploi.

Nul doute qu’un de ces quatre matins (ce sera probablement un jeudi d’ailleurs), sans même que l’on ne s’en soit rendu compte, une notice de 1291 pages en papier bible sera vendue à l’achat du moindre stylo*.

Et ça commencera comme ça :

Consulter la notice d’emballage, mais surtout un opticien, c’est écrit petit. Ne nuit pas à la couche d’ozone si on n’y met pas le feu. Tenir hors des portées de petits chatons, des enfants, de Loana, et des Schtroumpfs si vous en avez capturé. Ne convient pas aux enfants de moins de 7 ans et 4 mois. Ne pas avaler, sauf avec une sauce béarnaise. Eviter tout contact avec l’œil gauche. Pas d’utilisation prolongée sans l’avis d’un commentateur sportif spécialisé dans le jokari à voile départ arrêté. En cas de contact avec la langue, rincer avec 6 litres de champagne millésimé, mais ne pas prendre le volant. Ne convient pas aux femmes enceintes, sauf si c’est des filles. Pour votre santé pratiquez une activité physique régulière en tâtant des pommes avec la banane 5 fois par jour profitez-en, ça ne coûte pas un radis et ça file la pêche. Emballage non recyclable, ne pas jeter dans la cuvette des WC, mais vous pouvez le couper et en faire un marque-page de très bon goût. Attention à la marche. Toute modification personnelle sur le produit qui n’a pas été approuvée par l’instance en charge de la conformité peut rendre nul le droit d’écrire des conneries avec ce stylo. Ne provoque pas de rayonnement nuisible sauf en cas de rayonnement nuisible ou de radiation nucléaires. L’utilisation de procédures autres que celles spécifiées dans le présent guide d’installation peut entraîner un dégradation de l’ancrage capillaire provoquant la calvitie précoce. Ne pas secouer sans avis médical quant à la solidité de vos bras. En cas de défaut, prière de contacter immédiatement votre avocat, de lui faire une provision substantielle, et de lui louer un stylo pour signer la procuration. Tout acte de malveillance à l’encontre de ce guide d’utilisation sera puni par sa publication immédiate en six langues supplémentaires dont un dialecte minoritaire du sud-est du Kirghizstan.

1. Retirer de l’emballage. 2. Saisir le stylo entre le pouce et l’index. 3. Apposer la partie pointue sur une feuille de papier recyclé non quadrillé de grammage standard. 4. Déplacer la pointe au moyen d’un élégant mouvement du poignet afin de tracer des lettres et de rédiger… un mode d’emploi avec schéma explicatif.

*Stylo : n. m. objet de forme allongée contenant de l’encre et qui servait à communiquer dans les années 100 av. JC BG (Bill Gates).

« Humeur » précautionneuse, par arpenteur, effet secondaire depuis 1971

(c)photo arpenteur2007 - venise

Par Arpenteur - Publié dans : Humeur
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Lundi 22 octobre 2007

L’arpenteuse est partie au Danemark faire la petite sirène. Mais cette fois-ci, plutôt que de me morfondre au milieu de mes chaussettes sales et des cartons de pizza comme à l’époque, j’ai décidé de parfaire votre culture (oui, aujourd’hui, liseuse, liseur, je te vouvoie, car dans le milieu de la culture, on se vouvoie), et je me suis dit : voilà l’occasion de vous parler de ce pays si méconnu, auquel nous devons beaucoup depuis un certain 11 juin 2002 en Corée, enfin surtout à 11 de ses concitoyens en short…

Politique-people

Le Danemark, pour ceux qui ne sauraient pas où c’est sur la carte, c’est l’espèce de phallus qui pointe au-dessus de l’Allemagne, en direction des suédoises.

Le Danemark est un royaume, ce qui est assez démodé de nos jours, où les rois s’appellent « Président ».

Un royaume, ça veut dire qu’ils ont des gardes en costume ridicule devant les portes d’un palais dans lequel survivent de vieilles personnes, qui n’ont pas de nom de famille, mais un numéro, comme par exemple la reine Marguerite II, fille de Frédéric IX, Cendizhuit 218, ou 50-cent, demi-frère de Dollar I. Les rois, c’est un peu comme des papes, sauf qu’ils ont le droit de baiser entre eux, que les gardes des papes sont suisses, et qu’ils suivent le dress-code da vinci, ce qui les met à l’abri du ridicule, qui, on le rappelle, ne tue pas (on se demande toutefois pourquoi ces gardes ont une hallebarde).

Les rois, les reines, leurs gosses s’ennuient. Alors ils vont parfois dans la rue serrer des mains, dans des Gala et des journaux people pour passer le temps et vérifier qu’ils ne sont pas morts.

Géographie

Le Danemark fait 43’044km2 ce qui est déjà pas mal, mais c’est moins que la Suisse, alors un effort supplémentaire serait bienvenu pour le prochain trimestre, d’accord mon petit ? Comme pour la Suisse, le drapeau du Danemark est rouge et blanc à base de croix. Donc le Danemark manque terriblement d’originalité. Il est plat, terriblement plat. Plus que la Suisse, mais moins que certains suisses.

Le point le plus élevé du pays est le Yding Skovhøj qui culmine à 173m, soit la moitié de la Tour Eiffel. Par conséquent le danois est particulièrement sensible au vertige, bien que sa taille moyenne soit supérieure à celle d’un portugais.

Le Danemark est un pays proche de la mer, puisqu’on y trouve 7’314km de côtes. C’est-à-dire que si on déplie le Danemark, on a une plage entre Moscou et New York, donc largement de quoi ramasser des coquillages et pester contre ce putxxx de sable dans les chaussures.

Il y a 5'447'084 habitants qu’on appelle Lars, Mogens ou au moyen d’un téléphone. On trouve à peu près 124 danois par kilomètre carré. En gros, chacun dispose d’un terrain de foot et demi pour gambader. Mais bon, tout seul sur un terrain de foot, on se fait vite chier. Alors le Danois a inventé les Legos, pour pouvoir jouer tout seul. Na.

Histoire

L’unité du Danemark a été réalisée vers 980 par Harald à la Dent Bleue, qui n’était autre que le fils du fameux Méthylène, le beau-frère de Barbe-Bleue, et l’arrière-petit-cousin de La-Bicyclette. Une belle bleue lignée de sang bleu. Dès son jeune âge, Harald aimait unifier des trucs, principalement des petites briques multicolores.

En grandissant, il décide d’unifier le pays. C’était un garçon assez sympathique, malgré une haleine fétide réputée bien au-delà des frontières, ce qui provoqua l’invention des Fisherman’s Friend, par les premiers pêcheurs scandinaves qui s’approchèrent des côtes.

Les danois furent les premiers à organiser des croisières touristiques avec soirées costumées : déguisés en Vikings, ils visitèrent très tôt les rivages d’Europe, tout en profitant des escales pour commercer avec les autochtones. Leur notion du commerce était très basique et consistait principalement en cet adage « donne-moi tout, sinon je t’arrache les tripes pour en faire un string à ta femme », qui impressionnait beaucoup les populations locales, surtout hurlé en danois ancien. Mais il faut reconnaître que les Vikings étaient aussi très polis puisqu’ils remerciaient leurs partenaires commerciaux en donnant un intense plaisir sexuel pas toujours souhaité à leurs femmes, leurs filles, et parfois leurs chèvres.

Traditions et tourisme

Le danois ingurgite 3470 calories par jour, principalement avec du smorrebrod, des biscuits dans une boîte métallique bleue, du poisson mort, et de la Carlsberg, qu’il consomme assis par terre dans son salon en jouant aux Legos avec son 1.9 enfant, et en disant des choses comme « Udfyld denne forespørgsel for at få et tilbud på et mødearrangement eller send mødespecifikationer », mais pas que.

Le Danemark a quelques curiosités connues un peu partout : une toute petite sirène qui glande sur un caillou toute l’année dans la capitale où ils stockent leurs touristes, le Groenland où ils stockent leur glace, ainsi que les Iles Feroë où ils stockent leur vent.
 Proverbes danois
« Lorsque le saucisson est trop long, on y remédie facilement », « Oignon, fumée et femme font pleurer », « Celui qui veut manger des œufs doit supporter les poules », « Qui veut moucher autrui doit avoir les doigts propres », « Mangez le poisson tandis qu'il est frais et mariez votre fille tandis qu'elle est jeune », et pour terminer, la justification de ce billet essentiel : « Celui qui a peur de demander est honteux d'apprendre. »

« Virgule » encyclopédique, par arpenteur, scandinave depuis 1971

©photo arpenteuse2004 - bornholm, danemark

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Jeudi 11 octobre 2007

Lundi 13 février

Aujourd’hui je suis allée à la police. Enfin.

J’étais vraiment stressée d’aller tout raconter, mais il le fallait. Maman est venue avec moi. C’était mieux comme ça, mais c’était dur quand même. Fallait bien se rappeler, et c’est pas facile de dire ce genre de choses. Mais la policière était gentille alors je me suis vite détendue, et j’ai pu raconter.

C’est pas grave si je ne me rappelle pas tout, qu’elle m’a dit, vu que ça fait longtemps qu’il est parti. De toute façon Franco c’est pas mon père. Je suis content qu’il soit enfin loin. Je n’ai jamais compris pourquoi Maman s’est mise avec lui. Bon maintenant, au moins, on a Valeria. Elle est trop belle notre petite sœur café-au-lait. Suis contente qu’on puisse la garder. Elle aurait été malheureuse de toute façon avec lui. J’espère qu’il sera renvoyé dans son pays.

Vivement mercredi prochain. Avec Maman, on a invité toutes mes copines pour mon anniversaire. Je n’en peux plus d’attendre d’avoir 14 ans.

Samedi 4 mars

Cet après-midi, balade avec Ariane au centre commercial. On a traîné dans le hall à regarder les garçons. A un moment, il y a en deux qui sont venus vers nous. C’est des grands. Ils doivent avoir presque 16 ans. Je ne savais pas quoi dire. Mais ils étaient cool, et Ariane a accepté quand ils nous ont proposé d’aller voir les disques. C’était sympa, on a bien rigolé. Mais après je devais rentrer, déjà. Ariane m’appelée un peu plus tard, et elle m’a dit que Jérémie, celui qui avait le bonnet, il l’avait embrassée quand elle avait dû partir elle aussi. J’aurais bien aimé qu’il m’embrasse, lui. L’autre non, il est un peu moche je trouve. Mais je suis trop timide des fois, et ça m’énerve.

Maman, elle m’a demandé pourquoi j’étais énervée. Je ne pouvais pas lui dire que c’était à cause de Jérémie. Elle pense que c’est à cause de tout ça, la police et tout. Elle a dit que ce serait dur, mais qu’il faudrait tenir. Parce qu’il allait tout nier, et tout faire pour se défendre, et pouvoir voir sa fille. Ils font tous ça, qu’elle dit. C’est normal aussi, je trouve.

Mercredi 22 mars

J’ai dû aller chez le juge d’instruction confirmer ce que j’ai dit à la police. C’est la procédure il paraît. J’avais peur, parce qu’il serait là, avec son avocat. Je n’ai pas osé le regarder. L’avocat était jeune, j’étais surprise. Ca m’a rassurée, mais quand il a exigé que Maman sorte pendant mon interrogatoire, j’ai vraiment eu la trouille. Heureusement le Juge a été gentil. Et chaque fois que l’avocat insistait trop sur certaines choses, il le calmait, en disant qu’il devait respecter la loi sur les victimes, que j’étais jeune et tout et tout. Ensuite c’est maman qui a été interrogée. J’ai du attendre toute seule devant la porte. J’avais toujours cette boule au ventre. Et quand ils sont sortis, l’avocat est venu nous serrer la main à maman et à moi. Ca fait bizarre. Il y avait Franco derrière. Mais, j’ai pas osé le regarder, lui. Pourtant il était là, tout près. Je sentais ses yeux sur moi, je me sentais sale. C’était horrible. Bien pire que le jour où je suis allée à la police.

Vendredi 31 mars

Je suis retournée chez la psychologue. Je lui ai dit que dans l’ensemble ça allait bien, sauf que j’ai toujours cette boule au ventre. Elle dit que c’est à cause de ce que j’ai eu, et que subir des attouchements par son beau-père, ça laisse des traces, c’est normal. Faut pas que je m’inquiète.

Mais c’est désagréable, et à cause de cette boule, je n’arrête pas de penser à tout ça. Heureusement les vacances de Pâques commencent demain.

Lundi 17 avril

Ca fait qu’un jour que les vacances sont finies, et j’en ai déjà marre de retourner en classe. Heureusement qu’il y a les copines, parce que sinon, je deviendrai folle. Et ma mère m’énerve. Sans cesse à me tanner à propos des devoirs, de l’avenir, et des responsabilités. Elle ferait bien de s’occuper de ses oignons. Se marier avec un mec 20 ans plus jeune qu’elle et faire un gamin de plus, alors qu’elle a déjà trois enfants. Et dire que c’est elle me parle de responsabilité.

Vendredi 12 mai

Aujourd’hui, Valeria est aussi allée à la police. Il y a quelques jours, elle nous a entendu parler avec Maman, je pense, et elle a dit : « moi aussi ». On a vraiment été surprises, alors on lui a posé plein de questions. On a pas compris vraiment ce qu’elle racontait. C’est normal, elle a 3 ans, alors c’était un peu n’importe quoi. Mais plus on lui posait de questions, plus ça devenait clair.

Alors Maman a décidé qu’il faudrait qu’elle aille aussi à la police. C’était une bonne chose. Parce qu’en plus le Service de la Protection de l’Enfance voulait rétablir le droit de visite. C’est le père de Valeria qui a demandé au Juge. Faut dire qu’apparemment il a très envie de revoir sa fille.

Mercredi 7 juin 

C’est bientôt les examens de fin d’année, mais je m’en fous. Je vais redoubler. Ma mère va me faire une crise, et mon père me fera un week-end de morale la prochaine fois que j’irai le voir. Au moins il me parlera pour une fois. Je préférerais presque ça, plutôt que de le voir partir en virée avec ses potes, me laissant devant la télé. Parce que moi me geler au bord d’un terrain de foot, ça me fait chier. En plus ses copains c’est vraiment trop des beaufs.

Je sais pas si je devrais lui parler de l’histoire du tribunal à mon père. Peut-être que ça l’intéresserait. Mais d’un autre côté il risque de poser plein de questions, et ça j’aimerais pas trop. J’aurai peur de me tromper.

Lundi 10 juillet 

Aujourd’hui Maman m’a raconté que l’avocat a fait interroger Mammy, mais elle bien répondu il paraît. Elle a dit qu’elle ne venait jamais, et que Franco était tout le temps seul avec nous.  Mais son avocat a été assez agressif, et il a expliqué au juge que les enfants de l’âge de Valeria étaient terriblement influençables, même si on leur posait pas de questions. Moi je pense pas que nos questions l’aient influencée, mais Maman a dit qu’il valait mieux lui faire répéter ce qu’elle avait raconté la première fois. Alors chaque jour on va lui poser quelques questions. C’est plus sûr.

J’ai parlé un peu avec Valeria, et c’est vrai qu’on dirait qu’elle se souvient pas de ce qui s’est passé, et elle demande simplement pourquoi son papa a dû repartir en Afrique. J’espère qu’on ne le croisera pas dans la rue un jour, car elle comprendra plus rien. Mais peut-être que de toutes façons, elle ne se souvient pas comment il est, vu que Maman a enlevé les photos qu’il y avait dans l’album.

J’espère que cette affaire va vite se régler, car j’ai de la peine à m’endormir. Pourvu qu’il soit condamné, et renvoyé dans son pays, que je puisse oublier tout ça au plus vite.

Jeudi 17 août

Hier soir je suis allée à une boum dans le jardin des parents d’Ariane. Juste avant de partir, José, celui qui est assis juste devant moi en classe, m’a fait venir derrière un buisson, et il m’a embrassée. Ca faisait drôle parce que je pensais à Jérémie, mais j’étais toute fière, et impatiente de le raconter à Ariane.

Il m’a même un peu touché les seins par-dessus mon survêt pendant qu’il m’embrassait. C’est la première fois qu’on me faisait ça. Ca faisait bizarre, mais j’ai bien aimé. Depuis le temps que les copines m’en parlaient. Et que moi j’en parlais, surtout depuis le début de cette histoire. J’espère que personne ne lira jamais ça.

Dimanche 3 septembre

Hier on est allés tous ensemble faire des courses. A un moment donné, on a aperçu Franco de l’autre côté de la route. Maman nous a dit à Mammy et à moi de distraire Valeria et de la cacher un peu. J’ai pas aimé. Depuis la boule au ventre est encore plus grosse. Ca fait drôle de voir Maman réagir comme ça, être prête à tout. Mais je comprends, je suis comme elle, je ne veux pas que Valeria ait envie d’aller le voir. Ou que le juge la lui rende.

Jeudi 14 septembre

Aujourd’hui, on a reçu une lettre de l’avocat de Maman. Le procès a été fixé.  Ca m’a fait un coup. J’espère je ne vais pas avoir à tout répéter. Mais il y aura trois juges, et peut-être que l’avocat de Franco va leur faire remarquer des choses, ou poser des questions. J’ai vraiment peur. L’avocat de Maman a dit qu’avec la loi sur la protection des victimes, on ne va pas m’interroger encore une fois. C’est pour protéger les enfants. Finalement on a fait répéter Valeria que pour la police. Le juge il voudra pas l’écouter. Mais c’est mieux comme ça. J’espère vraiment que je ne serai pas obligée d’y aller. Je ne veux pas devoir les regarder ou leur parler.

Mercredi 8 novembre

Plus qu’une semaine, et ce sera le procès. Je sens que Maman est aussi stressée que moi, et Valeria est pénible. Elle veut jamais être seule, et tout. Elle doit sentir la tension. Hier avec Maman on s’est encore engueulées quand je lui ai dit que j’en avais marre de tout ça, que c’était pour ça qu’à l’école que j’ai toujours des mauvaises notes. J’arrive pas à me concentrer, et que je dors mal. Elle dit que c’est pas possible. Pourtant elle aussi ça lui prend la tête, je le vois bien. Alors elle devrait comprendre que c’est pas facile. Je trouve que c’est beaucoup de devoir porter tout ça pour une enfant comme moi.

Mardi 14 novembre

Après l’école, Maman nous a tous réunis. Elle avait une grande nouvelle à nous annoncer. J’étais contente car elle souriait. Elle a dit que le procès était annulé. J’ai senti un soulagement incroyable.

Mais quand elle nous a dit qu’il était mort, je me suis vraiment sentie mal. Il s’est suicidé avec des médicaments.

La boule au ventre est revenue d’un coup. Brûlante. Je suis partie dans ma chambre. J’ai beaucoup pleuré. Je voulais mourir. Je ne suis même pas sortie pour le dîner, malgré Maman qui criait après moi.

On voulait pas que ça finisse comme ça. On voulait juste garder Valeria pour nous.

Au bout d’un moment, Maman est venue. Elle m’a dit que c’était mieux ainsi. Que ça évitait bien des souffrances à tout le monde. Et que Valeria, elle ne s’en souvient même pas, de son père, alors qu’elle n’est pas triste. Ca aurait été encore pire si un jour elle l’avait rencontré, qu’elle a dit.

Moi je sais pas. J’en suis pas si sûre.

C’est pas bien ce qu’on a fait. J’ai envie de vomir par moments, et la boule au ventre maintenant elle m’étouffe.

Mais en même temps, je suis soulagée. Je ne sais pas si j’aurais pu mentir encore longtemps. Surtout devant la Cour d’Assises.

« Nouvelle mauvaise » incestueuse, par Arpenteur, avocat depuis 1971

Par Arpenteur - Publié dans : Nouvelles mauvaises
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Jeudi 4 octobre 2007

Je me suis fait refiler un truc par ce brave Tancrède Lavomisse, qui lui-même l’a reçu directement de son inventrice ou –teuse (les profs de français me corrigeront), à savoir MadameJo

Et après on va dire que les Suisses ne sont pas créatifs ? 

 

Ce truc, c’est le jeu mondial de l’automne que jamais on en refera des comme ça. Ca ressemble à une chaîne, ça fonctionne comme une chaîne, ça a les mêmes avantages qu’une chaîne, à savoir sauver les blogueurs en mal d’inspiration (damned, je suis démasqué), mais ce n’est pas du Canada dry, ni une chaîne, c’est un jeu. 

En fait non, c’est une chaîne, j’en suis sûr, n’essayez pas de me rouler. 

Et comme vous le savez je ne réponds jamais aux chaînes. Mais cette fois-ci, je vais faire une exception, car d’une part, on sait d’où elle est partie, et suis curieux de voir où elle arrivera, et d’autre part, c’est bien con comme jeu. 

Et comme vous le savez, je suis terriblement sérieux quant il s’agit de trucs à la con. Mais surtout, ce jeu permettra un jour de vivre dans un monde idéal, où les préférences de chacun seront enfin connues, et respectées. Alors je me devais d’y apporter ma contribution. 

Voici les règles rédigées par l’initiatrice : 

Le nouveau grand jeu de l'automne.

Ce jeu nécessite classe et raffinement, que vous soyez prévenus.  Les règles:

1. Copie les trois questions qui te sont posées ainsi que les règles ici présentes sur ton blog et réponds-y (aux questions, pas aux règles) 

2. Trouve ensuite TROIS questions ayant la même forme, à savoir "Tu préfèrerais Truc Gerbant A ou Truc Gerbant B?" 

3. Tu choisis TROIS victimes et leur fais savoir - par blog interposé ou mail ou MSN, tu es grand, tu te démerdes - qu'ils/elles ont été sollicités pour le jeu de plus délicat de l'année. 

4. Pis si t'es cool, envoie un email à mdamejo at hotmail dot com parce que ça me ferait marrer de pouvoir suivre tout ça.  

 

Et voici les questions qui m’ont été refilées par Tancrède Lavomisse 

1.Tu préférerais avoir une bouche qui se transforme instantanément en trouduc dès que tu prends la parole en société ou plutôt des bras qui s'allongent brusquement de 25 mètres dès que tu entres dans des toilettes (ce qui a pour conséquence de rendre l'essuyage très compliqué, tu comprends?)? 

Ma réponse : considérant que quand j’ouvre la bouche, il n’est pas rare qu’en sorte de la merde, je prendrai la deuxième option et j’engagerai Tancrède pour me lustrer le fondement… avec du papier triple épaisseur spécial douceur, et pas autre chose, qu’est-ce que vous allez imaginer bande de gros dégueulasses… 

2.Tu préférerais avoir des aiguilles à la place des poils pubiens ou que ta salive soit remplacée de façon permanente par de l'urine comportant une violente odeur d'après-asperges en note de tête? 

Ma réponse : des aiguilles à la place des poils pubiens, puis je m’offrirais une épilation définitive sous anesthésie générale, avec l’argent gagné en vendant des asperges au marché du mercredi matin. 

3.Tu préférerais devoir utiliser des préservatifs en laine de verre ou être contraint de recourir à de la vaseline dans laquelle quelqu'un aurait balancé une bonne poignée de sable? 

Ma réponse : ça dépend, la laine de verre, elle est à l’intérieur ou à l’extérieur du préservatif ? Parce que moi des questions à la con, je veux bien, mais qu’elles soient claires… 

*** 

Vous remarquez que tout tourne autour du cul, ce qui est consternant. Mais ainsi va le monde non ? Et peut-on demander plus à un homme dégoût tel que lui… 

Maintenant, il me reste à vous refiler trois questions, et à trouver trois victimes non consentantes… 

Les questions : 

1. Préfères-tu A. être suivi/e en permanence par une famille de canards (papa, maman, et 17 canetons) ou B. que cela fasse un énorme bruit de pet (avec l’odeur qui va avec) à chaque fois que tu t’assieds (oui, il fallait un peu de cul, désolé, mais c’est Lavomisse qui m’a filé ça, donc c’est un peu un hommage que je lui fait) 

2. Préfères-tu A. te transformer en playmobil, et ne plus avoir ni les bras ni les mains flexibles, ce qui est très compliqué pour boire une bière ou un jus de goyave, se torcher, se mettre les doigts dans le pif, et enlever ses lunettes, ou alors B. répondre à cette chaîne ? (je t’ai vu tendre ton bras et essayer de boire comme un/e playmobil, inutile de faire l’innocent/e) 

3. Préfères-tu A. être suivi en permanence par une fanfare villageoise de 42 membres, qui ne connaît que trois morceaux, ne dort jamais, et a toujours soif, ou B. être transformé dans le chiffre 8 de l’article 118 du code de procédure pénale estonien, édition de poche 2001 ? 

Les victimes : Kir, qui a un évident potentiel pour ce genre de choses, Bonpourtonpoil parce que chacun des ses billets est un beau cadeau, alors je voulais lui en faire un aussi et je le sais capable de faire des trucs à la con, puisqu’il est à l’armée en ce moment, et les Ra7or, comme ça j’ai une fille, un poilu, et un groupe… pas de jaloux… D’ailleurs, peuvent participer tous ceux qui veulent finalement… 

Ca c’est mon côté consensuel suisse qui prend le dessus. 

« Virgule » à la con, par arpenteur, enchaîné depuis 1971 

Edit bonus pour pas un rond de plus : préfères-tu être l’enfant de Paris Hilton ou de Britney Spears… ?

(c)photo arpenteur2006 - jasper, canada

Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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Lundi 1 octobre 2007

Je sais, tu es perspicace, et tu as bon goût, vu que tu es ici. Donc cela ne fait aucun doute, tu as remarqué l’évènement historique qui a bouleversé la vie de ce blog : aucun billet pendant 15 jours, alors que l’arpenteur n’est pas parti arpenter quoi que ce soit, si ce n’est le parquet bon marché de son bureau…

Et là, tout fier, je te vois bomber le torse et te dire « je l’savais, j’avais bien vu qu’il se passait quelque chose d’historique ». Inutile d’aller te la péter auprès de tout tes potes, ni de t’inscrire avec la fougue d’un moustique un soir d’été à la première fac d’histoire venue. C’était quand même pas si difficile que ça à trouver.

Que s’est-il passé pendant tout ce temps, te demandes-tu, et tu as bien raison vilain petit curieux/espèce de grosse commère (oui, ce blog est unisexe).

La vie de l’arpenteur serait-elle devenue tellement passionnante qu’il n’a plus de raison de bloguer et qu’il va laisser la blogosphère orpheline du site le plus influent et drôle au nord de la route des cerisiers, pour devenir mannequin chez Liebig ?

Non, c’est simplement que l’inspiration de l’arpenteur est devenue aussi stérile qu’un parpaing de béton congelé dans un bac de désinfectant.

Certes j’aurais pu faire des gogol-liste ce qui m’aurait sans doute informé sur le pourquoi du comment les statistiques sont toujours aussi réjouissantes et stables malgré ce silence. Mais mon hébergeur ne me le permet pas.

J’aurais pu vous présenter la dernière crème anti-ridules-temporales-à-orientation-bidirectionnelle à base d’algues cueillies de la main droite par des filles uniques vierges et gauchères vivant dans la banlieue ouest de Maubeuge, algue dont il est scientifiquement prouvé que 100% de ses consommatrices dépensent de l’argent et ont six autres potions à base de légumes marins dans leur salle de bain. Mais les grandes marques cosmétiques se sont rendues compte que ce blog a du poil aux pattes, et ont renoncé à m’envoyer des cadeaux pour que je leur fasse de la pub à l’œil pour les remercier du fait qu’un jour une de leurs commerciales a parcouru ces pages pendant son temps de travail.

J’aurais aussi pu répondre à une chaîne, ou mieux encore en créer une, qui serait si bien foutue qu’elle ferait plusieurs fois le tour du monde et serait traduite en 249 langues, de telle sorte que personne sur les restes de la planète n’ignorerait que Vassili, un tourneur de bois bouriate récemment divorcé, ne met jamais de parmesan sur son omoul séché et lit en ce moment « Guère de pets » dernier opuscule (ce mot est drôle non ?) de son proctologue, à qui il pense d’ailleurs refiler la chaîne.

Je suis même allé jusqu’à imaginer vous présenter une recette. Mais considérant que lorsque j’entre dans une cuisine, les ingrédients les plus indispensables sont une trousse de secours particulièrement bien fournie, et du matériel de nettoyage industriel plutôt que des produits frais et comestibles à consommer 5 fois par jour, j’ai renoncé, sauvant ainsi la vie aux quelques centaines de personnes qui prennent le risque de s’arrêter ici. Pour commémorer ce fait héroïque, une plaque a d’ailleurs été déposée voilà 18 minutes sur ma maison natale, en présence d’un Conseiller communal, et de Mme Grumelle.

J’ai pensé vous parler d’un film qui m’a fait beaucoup rire, ainsi que toute la salle (ce qui est plutôt bon signe, car je suis un peu trop bon public bon public bon public). Sans hésiter, je considère ce film comme le meilleur long métrage à base de cercueil, de valium, et de nain, de sa génération. Mais comme vous passez votre temps sur les blogs, vous n’irez sans doute jamais au cinéma manger des pop-corn pour faire chier votre voisin, tout en regardant « Death at a funeral » ou « Joyeuses funérailles » pour les anglophobes.

Quoi qu’il en soit, je trouve que j’ai fait un billet très moyen, et que j’ai manqué de réalisme à la conclusion, mais l’important c’est que je me resaisisse, et que lors du prochain post, j’aille chercher les trois points, si je veux que le public soit toujours fidèle. Mais il faut rester concentrer, travailler dur à l’entraînement, et prendre les billets les uns après les autres, et les résultats viendront tous seuls.

« Virgule » vide, par arpenteur, vide depuis 1971

*NB : pour ceux que ne comprennent pas le titre, rien.

(c)photo arpenteur2006 - boston, usa

Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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