Michel Corne et l'autre au Pôle Nord (des cons gèlent?)

Publié le par Arpenteur

Mike Horn et Borge Ousland (c’est lui l’autre) ont enfin retrouvé le soleil. Leur barbe commence à dégivrer. Quand ce sera fait, ils iront prendre une douche (enfin j’espère, et surtout qu’ils ne viennent pas la prendre trop près). 

Ils ont parcouru 1000 km à ski sur la banquise, pour atteindre le Pôle Nord, avant le printemps, que le soleil ne reparaisse sur l’horizon, dans la nuit 24 heures par jour, et le reste aussi. 

Pourquoi donc se cacher et le faire de nuit ? Voulaient-ils cambrioler quelques igloos en passant, pour éviter d’avoir à transporter trop de matériel ? Ou peut-être est-ce une simple allergie au soleil qui les a contraints à faire ça dans le noir ? 

Autre piste : Monsieur Corne étant sud-africain, c’est un geste politique pour amener la réconciliation dans son pays, et démontrer qu’on peut faire autre chose dans le noir que lui donner des coups de matraque. 

Et ce coup-ci en plus, Monsieur Corne (ce nom n’a rien à voir avec le fait que sa femme reste des années à l’attendre au Tea room de Château d’Oex) n’est pas parti tout seul. Commencerait-il à avoir les chocottes ? Peut-être qu’il a simplement peur des fantômes dans le noir. Qui sait ? 

Ou alors il avait besoin de quelqu’un pour lacer ses chaussures ? Non quand même, il n’est pas du genre à ne rien savoir faire de ses dix sept doigts. 

Quoique… 

Ben oui, la dernière fois, il était parti tout seul, de jour, et avait eu les doigts gelés en voulant resserrer ses bottes. Alors qu’il touchait le but du doigt. 

Ca lui a fait une bonne leçon, lui qui pensait faire le tour du Cercle polaire à pied comme ça, les doigts dans le nez, eh bien il s’était plutôt mis le doigt dans l’œil. Et il a dû s’en mordre les doigts d’avoir eu une idée pareille. 

A force de manger sur le pouce (même si rien ne pousse en ces contrées), et de ne pas avoir opté pour le velcro, il a quand même été à deux doigts d’y rester. Il a dû se sortir les pouces du cul pour se faire rapatrier, amputer et recoudre (essayez d’envoyer un SMS ou de passer un fil dans une aiguille avec des moufles…). L’Histoire ne dit pas s’il a laissé ses doigts aux ours blancs, avec lesquels il vaut mieux éviter, paraît-il, de jouer au doigt-donneur. 

Heureusement, avec l’aide de sa femme et de ses deux filles, avec lesquels il est uni comme les cinq quatre trois doigts de la main, il a pu repartir, leur foutre la paix, et réussir enfin son défi. Des gars comme ça, ça se compte sur les doigts d’une main (et la sienne en plus). 

Maintenant, il va rentrer, et bonne nouvelle pour sa femme : ils pourront enfin dormir la lumière éteinte. Le petit Mike n’a plus peur du noir. 

Mais bon, mon petit doigt me dit qu’il ne vas pas rester longtemps à la maison à obéir à sa femme au doigt et à l’œil. J’en mettrai ma main à couper. 

Ca fait longtemps qu’il a mis le doigt dans l’engrenage, et il ne va pas tarder à repartir pour une autre aventure. 

Doigt devant…

« Virgule » déglaçante, par Arpenteur, chirurgien-plasticien depuis 1971

Publié dans Virgules

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Elle est à Part 08/08/2011 12:56



Ravie que tu mettes le doigt sur cette question épineuse.