Cupidon?... Cupide, non?

Publié le par Arpenteur

Cher Cupidon Bonjour, merci de nous recevoir, malgré un programme plus que chargé.

Merci à vous de m’avoir invité.

Je crois que tout le monde vous connaît, alors venons en directement au vif du sujet : on recommence à vous voir à poil dans toutes les vitrines, du magasin de décoration à la boucherie du coin, en passant par l’inévitable fleuriste et la boutique de lingerie. Franchement, Cupidon, la tournée 2009 n’est-elle pas celle de trop ?

Ecoutez, on me le reproche régulièrement, mais force est de reconnaître que je suis très attendu par mes fans, année après année. Je ne peux pas les abandonner ainsi. Comment feraient-ils ?

Comment expliquez-vous un tel succès ? Parce que vous ne vous renouvelez pas vraiment, et le secret de l’amour n’est-il pas d’être capable de se réinventer chaque jour ou presque, mais surtout le lundi ?

Je reste très basique. Il ne faut pas perturber ses clients son public par des changements trop fréquents. D’ailleurs, les changement ça crée toujours le doute. Apportez un bouquet de fleur à l’improviste, rien de tel pour que le « merci » qu’elle vous dira signifie en fait : « Le salaud, qu’est ce qu’il a à se faire pardonner encore ? ». Et dans l’autre sens c’est pareil : si une femme attend son homme au retour du boulot en lingerie, bas nylon, etc, le mec se demandera bien évidemment quel collègue de travail à réussi à booster ainsi la libido de sa moitié. Bon, d’abord, bien sûr, il va en profiter, putain, c’est pas tous les jours. Mais juste après, il commencera à se poser des questions… Donc une date fixe c’est important, ça rassure tout le monde…

Votre public est essentiellement féminin. Quel est votre secret ?

Sans vouloir me vanter, je crois que ma plastique y est pour beaucoup. Des fesses sublimes dans un corps d’enfant exposées dans tous les magasins, voilà de quoi assouvir les rêves de base de toutes les femmes : le cul, les enfants, et le shopping (je ne cite pas forcément dans l’ordre, les femmes sont toutes différentes, et c’est ce qui fait leur charme). Mais il faut faire rêver son public, voilà le secret. Et en toute honnêteté, les fesses, même comme les mien, ça fait vendre.

Vendre, nous y voilà. Cette énième tournée, ça sent un peu le pur produit commercial, pour ne pas dire le réchauffé, non ?

Je ne crois pas. Toutes ces filles et ces femmes qui attendent une petite attention, dont l’oubli est capable de remettre totalement en question une relation, ça n’a rien de commercial. Mais c’est vrai que le cœur de cible ce sont les hommes. C’est sur eux que repose toute la pression, toute la démarche marketing. Il faut les faire rêver aussi. Parce que les mecs, s’ils se mettent en quatre à la St-Valentin, c’est simplement parce qu’ils espèrent tirer un coup ce soir-là, et si possible avec la lingerie qu’ils lui ont offerte. Je vous l’ai déjà dit, pour vendre, rien de tel que le cul… Alors qu’en fait le grand succès, c’est d’avoir réussi à leur faire croire que le plus important, c’était de trouver le cadeau parfait, pour éviter de se faire larguer, et de devoir se frotter contre son coussin pour s’endormir dans un lit froid. Et nous revoilà au secret de toute cette affaire : le cul…

Vous n’avez jamais pensé vous recadrer vers quelque chose d’un peu moins commercial ?

Force est de reconnaître que réveiller sa femme pour l’emmener sur les toits regarder le lever de soleil emmitouflés dans une grosse couverture un matin de St-Valentin, c’est un truc à se faire engueuler parce qu’il fait froid et qu’elle va être en retard au boulot. Aller marcher sous la neige dans la forêt au clair de lune, c’est pas facile en ville surtout avec les gamins qui braillent à la maison, et jeter ensemble une grosse pierre dans une rivière pour en dévier un peu le cours, comme la rencontre à changé le cours de nos vies, ça a déjà été fait. Alors finalement, une carte format A4 avec un cœur qui clignote et un texte manuscrit piqué sur internet, un cœur en peluche gros comme ça, ou un bouquet de fleurs préemballé, ça n’emballe personne, mais ça sauve des couples.

Un brin cynique non ?

Non, je crois pas. Pas plus que tout le monde. J’ai une affaire à faire tourner. Avec la crise (c’est la crise, vous saviez pas ?), les actionnaires sont de plus en plus exigeants. Donc on mise à fond sur la marketing, ça met la pression sur les clients le public qui devient aussi de plus en plus exigeant. Le mec fait une folie, il y va de son couple. Pour nous c’est le gros lot, pour lui, c’est les lolos… Et finalement tout le monde est content. Alors même si je suis cul nu partout, j’ai des couilles en or… Et ça, toutes les femmes en rêvent…

« Interviewage » sans Valentin, par arpenteur, archer depuis 1971
(c)photo arpenteur2006 - suisse

Publié dans Interviewage

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Yaëlle 14/02/2009 14:41

Excellent de drôlerie et de justesse. Très chouette billet!

madame de K 11/02/2009 08:23

Je suis pas d'accord avec toi que c'est une histoire de cul (mais je suis une fille aussi hein ;-). Par contre je suis 200% d'accord avec toi que c'est une histoire commerciale. Ca me débecte ! Presque autant que Noël... Et si monsieur de K me fait un cadeau le jour de la saint Valentin, je le quitte !

Madame Poppins 10/02/2009 20:06

J'en déduis que l'Arpenteur est un grand romantique qui se cache, sous une couverture bien chaude pour voir le lever du soleil et qui ne pleure pas "je t'assure, ce sont les gouttes d'eau de la rivière"....J'aime bien.... le billet 

Marie 10/02/2009 13:42

On est bien loin des amoureux de Peynet, le romantisme se perd ... Quel observateur tu fais !

choule[bnkr] 10/02/2009 10:09

ce Cupidon est véritablement objectif et intelligent. Ca me scie.Bravo pour cette ITW.