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DURA LEX...
Toutes les lettres (et les chiffres aussi, allez, soyons pas radin) formant les mots qui constituent ce blog, ainsi que tout ce qui s’y trouve, y compris la super méga géniale bannière, sont protégés par la loi, des playmobils surarmés, et plein d’autres trucs plutôt cool. Alors on ne copie pas, on ne vole pas, on ne tire pas les cheveux des filles à la récré, sinon, je vais chercher des copains très baraqués, et on vient tous chez toi manger des pizzas aux anchois sur ton canapé, mettre tes boyaux en guirlande sur ton yucca, et casser ta télé. Alors fais super gaffe les gens.
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Trois ans, 165 billets, 123'530 visiteurs égarés… 1096 jours… C’est long.
Et pourtant…
En trois ans, beaucoup d’eau coule sous les ponts dit-on…
Vraiment ?
Ca commence toujours par ruisseau plein de fraîcheur jailli d’un glacier sous un ciel limpide. Il s’en échappe d’abord doucement, goutte à goutte. Rapidement, il prend de l’assurance. Un peu trop vite sans doute. Il sautille de rocher en rocher en riant. Insouciant, le torrent se met à dévaler la montagne avec fracas, à traverser ses alpages, plein d’un espoir légitime.
C’est clair comme de l’eau de roche : il deviendra rivière. Il varie ses centres d’intérêts, s’ouvre, élargit son point de vue, passe des rapides, ondule paresseusement dans des forêts, baigne de tendres clairières, saute de façon un peu trop intrépide quelques mètres plus bas, juste pour impressionner ceux qui le regardent. Puis il s’assagit un peu, comme étourdi par sa propre inconscience.
Sur ses rives, la rivière rit des groupes d’amis venus pique-niquer qui goûtent leurs premières bières en crânant. Elle couve des amoureux qui se baladent main dans la main et qui s’embrassent à l’ombre d’un saule. Elle surveille des familles qui regardent avec fierté le petit dernier faire ses premiers tours de roue sur sa digue bien droite, et l’aîné qui s’essaie à faire des ricochets sur sa surface lisse.
Elle bombe le torse avec raison, elle y est presque. Elle va devenir un fleuve, large et vigoureux. Indifférent. Traçant sa route avec détermination, sûr de son importance et de son succès. Dans quelques temps, il atteindra la mer, avec un calme et une sérénité qui ne feront que masquer sa puissance.
Cette force qu’il a puisée dans tous ces rochers qui l’ont griffé et ces paysages qu’il a traversés. Cette sérénité apprise de toutes ces pierres qu’on lui a lancées, et de ces corps qui s’y sont timidement baignés…
Et imperceptiblement, il finira par s’endormir sur une plage orangée d’un soleil qui s’y noie… Libre…
Mais si on reste sur le pont, à regarder passer l’eau… le bondissant torrent de montagne risque bien de venir s’endormir dans un étang trouble, duquel jaillissent de temps à autres des rêves de voyages réalisés, des sourires partagés, ou quelques virgules… comme des nénuphars qui égaient de rose une mare saumâtre au printemps…
Et trois ans plus tard, l’étang n’a pas changé.
De temps en temps une goutte de pluie triste comme une larme amie ou un papillon fragile comme un rire d’enfant en troublent brièvement la surface.
Mais son eau est toujours tiède, et l’on y voit plus grand chose. Flou. Ses rives restent identiques, indéfinies mais stables… A la fois boueuses et paisibles, bourbeuses, gluantes, mais pleines de vie…
Comment faire pour y créer une vague, un raz-de marée, en voir le fond, sous la beauté pure d’un ciel après une bouleversante tempête.
Une pierre très grosse, une de celles qu’on ne peut jeter qu’à deux… ?
« Virgule »
tri-anniversaire, par arpenteur, hydrologue depuis 1971
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