Journée internationale...

Publié le par Arpenteur

Dans l’année, il y des mardis et même des vendredis, mais il y a aussi une journée de la femme (8 mars), une journée des zones humides (2 février), une journée du patrimoine (20 septembre), du cheval (21 septembre), des secrétaires (16 avril), de la trisomie 21 (21 mars), et de la jante en alu chromé, mais il n’y pas la journée internationale des cons.

Ce qui est un peu con.

Oui, c’est con parce que le con est l’espèce la plus répandue sur terre. Bien plus que les femmes, les zones humides, les francophones (20 mars) ou les victimes du psoriasis (29 octobre).

D’ailleurs, le fait que l’on soit tous le con de quelqu’un implique qu’il n’y a QUE des cons… Toi compris. Oui, je sais moi aussi, mais c’est une évidence.

Des cons il y en a de toutes sortes.

Des gros, des petits, des sales, des pauvres, des vieux, des tristes, des sinistres, des comme la lune, des comme leurs pieds, des comme des balais.

Il y a aussi, entre autres (car l’infini ne peut être vraiment appréhendé que dans ce domaine là), le con génital, le con cessionnaire, le con vaincu, le con cierge, le con citoyen, le con sultan, le con descendant, le con fesseur, le con fondu en excuses, le con frère, le con voyeur, le con volé en justes noces qui devient le con joint, le con damné, le con sanguin, le con tracté, le con vive, le con juré, le con sensuel, et le con-nasse dans lequel on peut mettre beaucoup beaucoup plus que dans le con standard…

Depuis tout petit, jusqu’à tout vieux rabougri, con est une vocation. Un art que chacun pratique avec un naturel si désarmant que les proches du con ne s’en rendent pas compte. Seuls les esprits aiguisés qui côtoient le con avec une certaine distance, sont capable de le repérer. Jusqu’à ce que cet esprit aiguisé soit repéré à son tour, et devienne lui-même un con. Et ainsi de suite…

Un con de cour de récréation, un con de voisin, un con sur la route, un con au boulot, un con au téléphone, un con derrière son guichet, un con sur les pistes de ski, un con dans la file d’attente à la poste, un con devant la télévision, un con dans la télévision.

D'ailleurs, si on met si souvent des cons dans la télévision, c’est pour que les cons qui sont devant se sentent un peu moins cons, et finissent par dire : « quel con celui-ci ». Pour renforcer le piège, on pose des questions con auxquelles le con peut répondre « C » (faudrait être con pour ne pas savoir la réponse d’ailleurs), en envoyant C au 61313 pour presque pas cher en espérant gagner presque rien, si ce n’est le plaisir d’être moins con qu’il ne le croit… Du coup le con regardera à nouveau cette chaîne ou cette émission là, car c’est quasiment le seul endroit où on dit la vérité, puisque là, il voit que quand même, il est bien moins con que les autres…

Con, ce n’est pas un nouveau truc inventé pour faire de l’audience à la télévision. Non, non, des cons, il en a toujours existé.

Déjà au Neandertal, par exemple, il y avait des cons qui aimaient la fourrure.

Dans l’Antiquité, il y avait des condisciples de Socrate, des conspirateurs à Rome.
Au Moyen-Age, c’étaient les consanguins qui convolaient à contrecoeur pour consolider les contours de leur contrée.

Puis il y eût des conquérants qui partaient après un conclave convertir des continents avec des objets contondants pour concasser la tête du con un peu bronzé d'en face lors de combats sanglants.

Au siècle des Lumières, il y a eu des contemplatifs illuminés assoiffés de connaissance.

Puis il y eut des contre-révolutionnaires qui se faisaient condamner à mort par des cons citoyens constituants.

Au début du XXème siècle sont apparues des cons citoyennes ce qui n’a pas du tout empêché les conflits continentaux.

Consécutivement des jeunes contestataires ont jeté des pavés sur des contingents de contractuels, pour la contraception, sous le regard consterné de leur contribuables de parents.

Et maintenant, il y a les consommateurs…

L’histoire est constellée de cons… L’espace aussi : chaque mètre carré est occupé par un con, qui pense ne pas en être un…

Et pourtant… il est inévitable de passer du petit con au vieux con… Le tout est de faire en sorte d’échapper aux étapes intermédiaires genre sale con, pauvre con, et surtout gros con…

Mais c’est impossible…

Ce que j’aimerais bien savoir… c’est de qui je suis le con (à part de moi…)

« Virgule » compatissante, par arpenteur, con depuis 1971

(c)photo arpenteur2004 

La mort c'est un peu comme la connerie.
Le mort il ne sait pas qu’il est mort, ce sont les autres qui sont tristes.
Pour le con c’est pareil…

Philippe Geluck

Publié dans Virgules

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Camille 30/05/2009 21:05

Quel beau texte !!Alors vous qui êtes entrain de lire ce que j'écris vous allez surment penser que je suis  "conne".

louison 03/04/2009 08:56

ca fait beaucoup de mots de la langue française avec la racine con...Et j'en suis bien con...tente.Bonne journée

tifenn 01/04/2009 12:31

Con sentante je suis encore aujourd'hui.

lavirge 25/03/2009 21:18

madeleine je ne sais pas...par contre bernadette c'était à lourdes!(oui je sais parfois j'ai un super humour!)

Arpenteur 26/03/2009 09:52



;-)
par l'apparition de madeleine, je me demandais simplement où tu avais eu la larme à l'oeil... Si tu oses me l'avouer



lavirge 25/03/2009 15:09

après ton comentaire chez moi je suis veniue faire un petit tour... un petit tour un peu lng même vu que j'ai beaucoup lu j'ai rit, sourit, et même eu la larme à l'oeil (normal je suis une madeleine!)...bref j'ai aimé! je reviendrai...une blonde pas conne... (ben oui je reviendrai...)

Arpenteur 25/03/2009 16:32


bonjour. sois la bienvenue. Ravi que ton arpentage dans les environs t'ait procuré toute cette palette d'émotions, madeleine ou pas (c'est où que Madeleine est apparue d'ailleurs, stp?)...
Reviens quand tu veux... Et Merci beaucoup