Coupe deux boules

Publié le par Arpenteur

En ces lendemains qui cantano et qui déchantent (Didier?), dans le silence enfin retrouvé des klaxons muets, j’ai une coupe (de boule ?) de plus à mettre à mon palmarès de mec de base, qui depuis tout petit regarde la finale de la Coupe du monde.

Argentina 1978 : Argentine-Hollande.

J’étais pour la Hollande, même si j’étais petit. Sans doute sous l’influence de mes parents, l’impossibilité d’être pour l’Argentine des généraux. A la surprise de tout le monde, la Hollande ouvre le score. Je cours sur le balcon de l’immeuble en criant « il y a le feu, il y a le feu, les Orange ont marqué», ce qui effraie ma mère. Feu de paille.

España 1982 : Italie-Allemagne

Dans la maison de vacances, en famille. J’ai plein d’amis italiens, mais je ne peux pas être pour les Azzuris, sans doute mon esprit de contradiction. Impossible d’être pour l’Allemagne non plus. Le but de Paul Breitner qui sauve l’honneur, et le monde devient vert blanc rouge.

Mexico 1986 : Argentine-Allemagne

Sans doute dans la maison familiale. Pas de souvenir, si ce n’est Maradona en bleu qui embrasse sa Coupe, et le soleil éblouissant de Mexico. Sans doute encore sous le choc de la victoire de la France en quarts de finale contre le Brésil, et l’image magique de Platini qui tire par-dessus le stade, et l’horreur de voir Luis Fernandes faire l’avion les chaussettes en bas après avoir inscrit le penalty victorieux.

Italia 1990 : Allemagne-Argentine

En Espagne, dans un bar allemand, dans une ville pleine de jeunes de 20 ans venus s’ennivrer la nuit, et cuver sur la plage. Bière et chants, police et matraques.

USA 1994 : Brésil-Italie

Chez les parents d’un ami italien, avec d’autres amis. L’importante communauté italienne de la ville est prête à faire la fête. La match est lent, long, nul. L’Italie joue mal, l’Italie ne joue pas. Tirs au penalty, et le silence. Accoudé à la fenêtre, je pense « bien fait, ils n’avaient qu’à jouer », mais je suis triste pour mes amis et tous ces gens dehors sur la place.

France 1998 : France-Brésil

Chez les parents d’un ami. L’italien de la soirée prépare une pizza enfermé dans la cuisine. Il ne veut pas voir naître une étoile sur un autre maillot bleu que l’Azzuro. Consternation. Il est parti avant la fin du match, sans avoir quitté la cuisine. On ne l’a pas vu s’éclipser. Comme le Brésil. 

Corée-Japon 2002 : Brésil-Allemagne

Sur la terrasse du chalet d’une amie pour ses 30 ans. La télévision installée dehors sur un tabouret, il faut faire tenir la parabole avec un balai. Peu d’intérêt pour le match. C’est la journée, le soleil brille, les montagnes sont magnifiques et la bière fraîche.

Deutschland 2006 : Italie-France

A la maison avec des amis italiens, et autres amoureux de l’Italie. Grillades, tomates et mozzarelle, vin rouge de Toscane et soleil, sauts et chants dans le salon, drapeaux et concert de klaxons dans la ville. Regarder Zizou sortir de sa carrière sur un tapis carton rouge, et le visage transpirant de rage et de dépit de Thierry Gilardi sur TF1 sont presque autant jouissifs que de partager une telle joie avec des amis.

Parfois les petites portes permettent des sorties encore trop grandes quand on tombe de si haut… Et finalement, tout est remis en place…

« Flashback » dé-Coupé, par Arpenteur, marqueur depuis 1971

(c)photo Reuters2005

Publié dans Flashback

Commenter cet article

Marie 25/02/2009 20:31

Existenciel ..

Jack 17/07/2006 13:20

C'est pas Thierry Roland, c'est notre Jean-Jacques national ! Tu as une coupe du monde d'avance sur moi l'ami. Mon premier grand souvenir, c'est le maillot de Zico déchiré par Paolo Rossi en 1982, et une engueulade d'anthologie avec ma cousine qui elle était pour l'Italie.

STV. 17/07/2006 11:37

Je n'étais jamais venu par ici. J'ai les boules. Je reviendrais avant la prochaine coupe du monde.

kir 14/07/2006 15:47

Bon allez Thierry Roland, on t'a r'connu !

raph 13/07/2006 13:29

quelle mémoire! (en 94, je me rappelle surtout d'un certain suisse-roumanie une veille de bac d'anglais, par contre en 2002, dans un bar brésilien, c'était sympa. et en 98, je crois que la finale n'a jamais eu lieu)