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DURA LEX...

Toutes les lettres (et les chiffres aussi, allez, soyons pas radin) formant les mots qui constituent ce blog, ainsi que tout ce qui s’y trouve, y compris la super méga géniale bannière, sont protégés par la loi, des playmobils surarmés, et plein d’autres trucs plutôt cool. Alors on ne copie pas, on ne vole pas, on ne tire pas les cheveux des filles à la récré, sinon, je vais chercher des copains très baraqués, et on vient tous chez toi manger des pizzas aux anchois sur ton canapé, mettre tes boyaux en guirlande sur ton yucca, et casser ta télé. Alors fais super gaffe les gens. 

 

 

 

 

 

 

 

Avec le temps va

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Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /2009 09:27

Si tu es Suisse, il y a plusieurs chose que tu dois faire dans ta vie : aimer le cervelas, t’excuser auprès des dictateurs, aller au service militaire avec des suisse-allemands, et faire une cabane…

Faire une cabane, ça n’a rien à voir avec le fait de trouver des branches, de les entasser, et de s’y cacher pour jouer aux indiens.

Non.

Faire une cabane, c’est une activité à base de cloques, de jurons, de cartes, d’odeurs, et de vin rouge.

En fait ça commence toujours pareil. Il y a un bon repas, du vin rouge (déjà), le feu crépite dans la cheminée, l’ambiance est agréable et amicale, la neige tombe doucement devant les fenêtres, et tout à coup, c’est le drame… Quelqu’un lance innocemment : « on se fait une cabane cet été ? Â»â€¦

A partir de là, tout s’enchaîne. Coordination des agendas, choix d’un itinéraire… Faut que ce soit beau, mais pas trop dur parce que sinon Jean-Fabrice ne vient pas car c’est un flemmard, mais pas trop facile non plus, parce que quand même la montagne, ça se mérite, et puis pas trop loin, parce que se taper plus d’heures de route que de marche en vivant dans les Alpes se serait vraiment con, et pas trop compliqué à organiser, parce que là franchement ça devient galère.

Lorsque tout est réglé, commence la première partie de l’aventure : retrouver ton sac à dos, ton sac à viande, ton couteau suisse, et tes chaussures de marche quelque part dans le galetas. Acheter des fruits secs, un saucisson et une bouteille de rouge, mettre le tout dans le sac, puis sur son dos.

Ensuite, il te faut être patient, et attendre Jean-Fabrice, dont la montre est en panne depuis moins quart, ce qui permet de se mettre de la crème solaire en regardant le sommet, et là quelqu’un dit : « Facile, 10 minutes et c’est réglé c’t’affaire Â»â€¦

Enfin, lorsque tout le monde est prêt, tu peux te mettre en route. Après deux-trois minutes de marche (jamais plus de cinq, c’est scientifiquement prouvé), tu entends inévitablement un : « Pfff c’est encore loin ? Â» et tout le monde rigole.

Oui c’est vraiment marrant la randonnée.

Normalement un « c’est encore loin Grand Schtroumpf Â» ne tarde pas trop, puis ce ne sont plus que des soupirs, des « c’est qui le con qui a eu cette idée Â», « j’arrête, c’est décidé, je m’arrête là, je ne bouge plus Â»â€¦

Oui, c’est vraiment marrant la randonnée.

Quelques centaines, voir millier de mètres de dénivelé plus haut, la croix blanche nationale flotte fièrement dans le vent, se détachant dans un ciel de ce bleu unique des sommets pas trop hauts.

Au pied du drapeau, la cabane de pierre. Lorsque dégoulinant de sueur, tu poses enfin le pied sur la terrasse avec son panorama magnifique, tu te rappelles pourquoi c’est bien de faire une cabane. Mais cela ne dure que peu de temps, voire moins, car très vite tu apprends qu’il n’y pas de douche, et que ce cabanon branlant, au loin là-bas, ce sont les toilettes.

A l’entrée de la cabane, c’est comme dans une mosquée : il y a une chaussurothèque dans laquelle tu dois déposer tes godillots crottés. En échange, tu peux choisir une paire des sublimes pantoufles mises à disposition, dans lesquelles des milliers de personnes ont fait sécher leurs chaussettes avant toi. Il n’y a forcément jamais ta taille, et tu te retrouves à marcher les orteils recroquevillés dans de jolies mules roses taille 36 avec une grosse fleur sur le dessus.

Avant de profiter d’un repos bien mérité, pour une fois, tu vas dans le réfectoire prendre le repas. A une heure bien précise, on te verse du potage dans un bol à grands coups de louche, puis une assiette de spaghetti, ou un émincé. Rarement plus de variété, ni de choix. Mais tu es dans la sauvagerie échevelée de la nature, alors n’en demande pas trop, ok ? C’est pour ça que tu es venu d’ailleurs…. Quelques fruits en boîte pour faire passer tout ça, une dernière bouteille de vin rouge et un jeu de carte, en attendant l’extinction de feux. Parce que à 22h00 c’est tout le monde au lit sans exception et « silence s’il vous plaît Â»â€¦

Tu penses que l’absence de douche est une plaisanterie, et tu essaies toutes les portes de la cabane (si, si, toutes les quatre) pour en être bien sûr, et tu finis par t’asperger des quelques gouttes qui restent au fond de ta gourde…

Puis, déprimé tu remets tes chaussures et part à l’ascension du cabanon des toilettes, 100m plus loin, parmi les bouquetins. Tu essaies de ne pas regarder dans le trou, pour éviter de voir les déjections de tous ceux et celles avec lesquelles tu vas partager le dortoir. Mais l’odeur… ça… tu peux pas éviter… Alors tu t’entraînes à l’apnée, et tu tentes de respirer avec tes oreilles, mais très vite la nature te rappelles que tu as quitté le stade poissonnier depuis plusieurs centaines de milliers d’années. Tu t’imprimes sur les fesses la page 5 du journal local du 12 juillet 1998, puis tu essaies de ne pas trop baisser les yeux en cédant ta place à celui ou celle qui attendait juste derrière la porte…. Et qui saura… pour le joli bronze… et pour l’odeur…

Chaussé de tes ravissantes mules roses, tu peux enfin monter dans le dortoir. Une petite escalade plus tard, tu te glisses dans ton sac à viande, sous les lourdes et piquantes couvertures militaires et centenaires, encore poisseux de l’ascension de la journée…

Avec un peu de chance tu as bu assez de vin rouge pour t’endormir le premier… mais certains sont vraiment très fort, et c’est juste avant que les meilleures ronfleurs, et le jour, ne se lèvent que tu parviens enfin à t’endormir…

Les yeux collés, tu n’envisages même pas de te débarbouiller, et tu renonces au thé ou café matinal, de peur de devoir affronter le froid humide du petit matin, pour aller aux toilettes.

Une tranche de pain presque sec, légèrement beurrée plus tard, tu abandonnes à regret tes petites mules roses, et tu te remets en marche, parce que la randonnée, c’est bien sympa, mais il faut redescendre ensuite…

Et il peut y avoir du brouillard, et pleuvoir aussi…. Mais pas toujours…

Vivement l’année prochaine…

« Virgule Â» montagnarde, par arpenteur, suisse depuis 1971

©photo arpenteur2009

Par Arpenteur - Publié dans : Virgules
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