Delacroix et la bannière

Publié le par Arpenteur

J’ai tendu une oreille hardie vers un moyen fort peu onéreux pour remplir un blog lorsque l’inspiration se tarit comme le flot de promesses après les érections élections, et lorsqu’on aime les petits jeux à la con. Commenter un tableau. « Excel ! » me dis-je alors, exprimant par là à la fois mon enthousiasme et mon goût pour les abréviations qui faisaient djeunz en 1986.

Eugène Delacroix avait toujours voulu être photographe. Il trouvait super sympa de pouvoir ramener des images de ses vacances, et les montrer à ses amis pour les aider à s’endormir après le dessert. Ou alors pour surprendre Gustave Codacraume en flagrant délit de choses qu’il voulait cacher, et montrer ensuite à tout le monde comme c’est trop un looser.

Le problème d’Eugène était que l’appareil photo n’existait pas. Mais il ne le savait même pas ce con. Et au lieu d’inventer l’appareil photo, et de faire fortune, il décida d’arracher les poils du cochon de son oncle Emile, de les coller sur un bâton, et de les tremper dans les couleurs que lui fabriquait la puissante industrie chimique de l’époque. Il découpa un morceau du drap de sa voisine, en se demandant comment elle avait bien pu faire cette tache jaunâtre, et décida de devenir paparazzi (c’était le mot italien de l’époque pour dire peintre).

Il envisagea d’aller sur la côte d’azur pour surprendre les troubadours et autres saltimbanques pendant leur vacances, en train de prendre de la drogue, ou de se balader à poil sur leur terrasse. Mais comme la côte d’azur n’avait pas été inventée, il se résigna à rester sur Paris, malgré la grisaille et de défier le froid.

Assis à la terrasse du café de « La Tomate Bleue », il prit cette photo historique, par un hasard qui lui valu amour gloire et beauté, et notoriété éternelle, puisqu’on en parle encore des siècles plus tard dans des milieux raffinés et cultivés comme les gogues blogs.

Ce mercredi après-midi là, il eût la chance de surprendre Henriette Dumant-Aulande en train de se rendre chez sa grande rivale Carla Materrazzi, une transalpine, qui les mettait en transe, les pines, avec son regard de b*aise braise, et sa peau gorgée de soleil. Et comme tant d’autres, François Aulande, ministre fervent défenseur de la cause européenne auprès du Roi, et accessoirement mari de la pauvre Henriette, avait succombé aux charmes de Carla, ce que Henriette avait appris et fort peu apprécié.

Raison pour laquelle, elle ameuta ses frères et ses sœurs (qui préférèrent rester à la maison surveiller leur maris, les lâcheuses), ainsi que son petit cousin Serge, pour accompagner sa jalousie vengeresse (on voit d’ailleurs à gauche , avec le long truc dans la main, l'aîné, Rocco, et ses frères l’œil motivé et le bras armé, prêts à fusiller n’importe quel arbitre suédois, ou à défaut une femme italienne).

Quelques amis de François tentèrent en vain de s’interposer, et tombèrent sous les coups de la colère d’Henriette et de sa famille, en éclaboussant de leur sang les sabots d’Eugène, qui, assis sur la terrasse, peignait avec tant de soin que son cappuccino avait complètement refroidi.

C’est alors que la femme trompée se mit à hurler à l’intention de tous les hommes : « Mais bordel de merde bande de cons. Bouffez français. Regardez-moi ce matériel », et elle déchira son corsage avant de reprendre « ce n’est pas en vous goinfrant de produits étrangers que vous encouragerez la production française et créerez des emplois. Alors Carla, tu dégages, et tu me rends mon mari, que je lui fasse un bonnet phrygien avec ses couilles… ».

On ne su jamais la suite de l’histoire, parce qu’Eugène partit immédiatement apporter son cliché à la rédaction de Vois-la, le journal peuple le plus regardé de l’époque, qui lui acheta la photo pour 400’000 LouislaBrocante en DVD, qui firent sa fortune.

Le lendemain, Vois-la titrait : La femme du ministre offensée défendant l’honneur des miches de chez nous. François a eu une tête en peau de couille. Il a du démissionner, et il est resté bien tranquille à la maison.

Et du coup il fallut attendre 1960 et des brouettes, soit plus de 130 ans et plein de guerres, pour que l’Union européenne voie le jour.

« Virgule » sur papier glacé, par Arpenteur, critique d’art depuis 1971

(c)photo delacroix1830 wikitexpliqueici

Publié dans Virgules

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g. 19/02/2007 03:57

Voilà une réponse tout à fait intéressante.g.[qui est tout à fait consciente qu'elle vient de se répéter]

g. 16/02/2007 03:40

Voilà une réponse tout à fait intéressante.g.

Arpenteur 16/02/2007 09:48

merci pour tous les "Mouahahahaha", "Mouarf", et autres "tu fais la paire avec des gens comme raph, badi, et dragi", ainsi que les "fendu la poire", et proposition de voire du bleu au louvre...
C'est déjà ça :-)
Mais bon, j'ai fait critique d'art en troisième langue. En première langue, j'avais fait pipeau (ou droit), et en deuxième jass (jeu de cartes en suisse)... Voilà pour éclairer un peu g. sur ma fonction, en dehors de biographe officiel des Engène célèbres.

STV. 11/02/2007 13:27

C'est de l'art ou du cochon ?

g. 10/02/2007 17:25

Quelle est la vraie fonction de l'Arpenteur au juste ?g.

Tolga 10/02/2007 13:47

Trop fort ! Je me suis fendue la poire avec ta note, l'Arpenteur... Merci ;-) Merci.