Fait néant

Publié le par Arpenteur

Il y a des jours comme ça, où l’inspiration est aussi vide que les yeux d’une vache regardant P*aris H*ilton tenter de lire les données nutritionnelles de sa soupe aux crevettes.

Des jours où Monsieur Néant s’installe dans ton esprit avec armes et bagages, mais surtout avec un transat, un parasol, l’intégrale de l’Equipe, une palette de bières fraîches, un sandwich thon-mayonnaise, un téléphone pour en commander d’autres en cas de petit creux, une lampe à pétrole pour quand il fera nuit, des jerricans par douzaines si la lampe à pétrole vient à donner des signes de faiblesse, et une division blindée pour envahir un pays producteur d’or noir dans les meilleurs délais, juste au cas où.

Comme tu n’es pas plus con que tu en as l’air (ce qui est déjà pas mal), tu sens bien que ce néant n’a pas l’intention de s’en aller de si tôt.

Et quand un invité pas invité s’invite ainsi chez toi, ton instinct te hurle de le foutre dehors immédiatement à grands coups de clavier, mais bon, toi tu es poli, alors tu lui demandes s’il veut prendre quelque chose. Et c’est là qu’il te répond « Pff, bof, j’sais pas… ».

Wow, super, ça sent la méga surboum, je vais appeler Les Forbans, et j’espère qu’il me reste des alka-selzer…

Vu que le défaut principal du néant, c’est justement d’être vide, tu veux bien être gentil un moment, mais s’il ne fait pas d’effort, il n’y pas de raison que tu lui sortes ta vaisselle en or, ta lingerie du dimanche, et une boîte de raviolis premier choix.

Et pour l’éjecter, il te faudra utiliser les grands moyens, 1m90 minimum (comment un grand peut-être moyen, ou un moyen peut-être grand… ? ok, on s’en fout).

Première étape, lui enlever le téléphone, les réserves d’essence, et envoyer la division blindée en permission à Disneyland-Courtelary.

Ensuite, tu lui piques une bière, et tu te mets à lire par-dessus son épaule, en buvant bruyamment, sans oublier de marquer ton contentement par de vigoureux claquements de langue. C’est toujours sympa les gens qui lisent par-dessus ton épaule, non ?

Quand tu sens qu’il est bien concentré, à fond dans son article analysant la contre-performance de Sylvain Jiroflan, pourtant favori, dans le 444.6 mètres en brouette-papillon avec handicap de 3 aux Championnats intercommunaux des châtains foncés de moins de 74kg, qui ont eu lieu à Chastaigner-le-Baril, tu lui demandes nonchalamment : « Dis donc, tu ne trouves pas que Lara Fabian a grossi ? Dans sa dernière chanson elle exprime vraiment toute la profondeur des sentiments, ne penses-tu pas que ce soit lié à ses nouvelles rondeurs ? ».

Puis, quand il va pour tourner la page, tu la retiens en faisant mine de vouloir lire un petit entrefilet au fond de la précédente, pour assouvir ta soudaine passion pour le jokari à XIII.

Petit conseil bonus, pour même pas un centime de plus : si tu veux gagner un peu de temps arrange-toi pour déchirer accidentellement  le papier.

Là normalement, il devrait commencer à monter les tours.

Ensuite il ne te reste plus qu’à déplacer le parasol pour qu’il profite bien de la brûlure du soleil, et à t’installer sur le transat bien serré contre lui, et l’air de rien, tu effleures son mollet, avec les poils du tien.

En principe, il ne lui reste que quelques minutes avant de péter un plomb, et de te dire solennellement, avec un petit air pincé et outré « dans ces conditions je quitte le plateau, c’est inadmissible un tel comportement de la part d’un professionnel comme vous ».

Tu regarderas enfin Monsieur Néant s’en aller, sans même en ressentir la moindre satisfaction, car tu sais qu’il ne tardera pas à revenir.

Mais au moins tu auras réussi à écrire un billet, aussi pathétique soit-il.

Si seulement tu n’étais pas tombé sur cette citation de Picasso (le peintre, pas la citroën) : si tu sais déjà exactement ce que tu vas faire, à quoi bon le faire.

Il ne te reste plus qu’à te laisser envahir par la gêne qui déferle avec la sauvagerie enragée d’une horde de huns qui se sont levés de pied gauche et ont shooté le coin de la porte avec leur petit orteil, à t’excuser auprès de tes lecteurs, et à oublier tout ça…

« Humeur » vide, par Arpenteur, page blanche depuis 1971

(c)photo arpenteur2006 - lausanne, suisse

Publié dans Humeur

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antenor 27/03/2007 21:09

ce billet m'a vidé...

secondflore 27/03/2007 13:11

Soyons réalistes sans en avoir l'air...
Et cette citation de Picasso, parfaite. Je l'adopte !

Plum' 26/03/2007 12:33

Moi, c'est le coup du parasol que j'ai retenu. Mais comme toute "vraie fille" qui se respecte, le mot "poil" est tabou. Idem pour le mot "duvet" qui n'a pas plus de chance...Je fais comment dans ces cas-là, siou'plait, M'sieur ?

drenka 26/03/2007 10:46

Tu manges du thon mayonnaise et t'as ENCORE de la visite?

CarrieB 24/03/2007 19:13

M. Néant nous rend tous visite régulièrement, ils nous aime bien que veux-tu, mais c'est justement pour apprécier davantage le retour de Melle Inspiration.
Et si en plus tu sais tirer de l'inspiration du néant, c'est que tu es vraiment très fort.
PS : On va penser que nous faisons un complot contre le Citroën Picasso si ça continue