Carnet de déroutes

Publié le par Arpenteur

J’ai bien senti que le post sobrement intitulé « c’est off » avait fait naître un frisson de terreur parmi toi, éclairé lecteur. Et un grand vide. Si, si, je sais, ne fais pas l’innocent, tu as passé des jours et des jours à te tirer tout seul sur la souris dans l’espoir de voir jaillir une nouvelle virgule…

Et le retour tant attendu t’a quelque peu laissé sur ta faim, alors que tu avais comblé le manque d’endorphines consécutif à mon absence à coup d’oreilles de lapins en chocolat noir 97%.

Depuis, tu te demandes avec raison : mais bon sang de bonsoir, qu’est-ce qu’il a foutu l’arpenteur pendant tout ce temps, à nous laisser nous gaver de campagne électorale amère et d’animaux en chocolat trop sucrés ? Ou tu ne le te demandes pas, puisqu’il semble que tout le monde s’en foutait, de ce que je foutais.

Vu que tout le monde s’en tamponne comme de la dernière coupe de cheveux de Marcel Grunier (le voisin de pupitre de Clara Morgane en primaire) et que ce n’est pas follement intéressant, je vais tout te dire. Ben oui, n’est-ce pas là le principe d’un blog : raconter des choses inintéressantes à des gens que cela n’intéresse pas, mais perdre son temps à les écrire parce qu’on a rien d’autre à faire, et surtout pas envie de bosser… ?

Eh bien, je suis parti en vacances. Jusque là, pas de quoi faire l’ouverture du 13h de Jean-Pierre Pernaut-Ricard, surtout pas la veille de la Fête de la cordonnerie médiévale de Sainte-Kelly-sous-Brandon.

Mais si je te dis que ce furent des vacances à la base d’aventures risquées, d’animaux marchant sur le ventre, d’hôtesses de l’air et de position horizontale, je sais que tu n’en peux plus d’impatience.

Inutile de te cacher, je te vois. Tout excité, comme un producteur de téléréalité découvrant qu’un jeune homme sourd seul survivant de sa famille suite à un léger dérapage de sa sœur hyperactive qui s’est un jour laissé emporté en jouant avec la tronçonneuse de papa, s’est inscrit à son casting pour essayer de réprimer quelque peu ses pulsions sexuelles envers les hamsters roux en se plongeant à fond dans sa passion pour l’operculophilie.

Afin d’éviter que tu en foutes plein le clavier (de la bave d’impatience, hein, rien d’autre… gros déguelasse), je vais t’en dire un peu plus. Et te raconter trois trucs. Sympa non ?

1. J’ai eu beaucoup de chance, car j’ai fait des trucs risqués. Tu veux un exemple ? Ok, c’est bien parce que c’est toi : j’ai pris le risque de quitter le continent. Ce n’est pas ça le truc risqué, je précise, surtout que la Suisse n’est pas vraiment en Europe, donc je suis assez habitué à cette situation. Par contre, le truc de dingue que j’ai fait, c’est d’aller prendre une correspondance aérienne en France le week-end de Pâques. Et c’est là que le miracle s’est produit : il n’y a eu qu’une seule heure de retard, à cause d’une seule grève. Alors après ça, j’ai joué à la loterie. Je me sentais en veine. Je n’ai rien gagné. Je m’en doutais, j’avais tout grillé mon capital-chance.

Déjà là, je sens que tu es sur le cul, tellement tout ceci est extraordinairement passionnant. Et pourtant ce n’est pas tout.

2. J’ai battu ensuite un record de course à pied sur terrain naturel accidenté : j’ai parcouru peut-être 5km en 2 secondes 3 dixièmes, et j’ai attrapé la maladie de parkinson, dont j’ai guéri après une heure (sans n’avoir jamais étudié médecine).

En fait, je me baladais seul dans le lit presque totalement asséché d’une rivière, dans une région proche du Tropique du Capricorne selon Elisabeth Tessier la carte. Assez sauvage comme endroit mais très beau, avec des animaux aux noms étranges comme des oréotragues, des damans, ou encore des oryx, qui se demandaient ce que je foutais là tout seul à faire autant de bruit pour les faire fuir (en fait j’avais la trouille d’eux, et surtout de ceux que je ne voyais pas, d’où le bruit).

C’est alors qu’à environ 2-3 mètre de moi j’ai vu ça se dresser devant moi. Après une intense réflexion qui a duré au bas mot un tiers de milliardième de nanoseconde, j’ai pensé que l’athlétisme était un sport assez intéressant, et j’ai décidé de me lancer à fond dans un carrière de sprinter. Je me suis découvert un talent certain pour le rétro-départ-arrêté, et ce n’est que quelques kilomètres plus loin que les parachutes de freinage ont réussi à ralentir quelque peu ma course.

Alors je me suis rendu compte que j’étais atteint d’une forme particulièrement virulente de maladie de Parkinson, puisque mon corps entier tremblait, même les oreilles, les aisselles, et la langue… En moins d’une heure, je me suis soigné, mais je n’ai pas fait breveter la médication, pas eu le temps, désolé…

3. Je suis conscient que si tu as lu jusqu’ici, c’est uniquement à cause du teasing de l’hôtesse de l’air, que j’ai utilisé avec talent un peu plus haut dans ce billet. Alors je ne vais pas te faire languir plus longtemps.

Oui.

Oui, j’ai réalisé le fantasme dont tu rêves depuis que tu as vu l’oiseau voler : j’ai passé un moment intime avec une hôtesse de l’air dans un avion. Comment que j’ai fait, tu te demandes, n’est-ce pas, en rêvant de pouvoir faire pareil à l’occasion. Grand seigneur, je te donne la méthode infaillible, mais tu gardes ça pour toi, ok ?

En fait c’est très simple. D’abord, tu attends que tout le monde s’endorme dans l’avion, et surtout l’arpenteuse (ben oui, quand même, faut rester discret). Ensuite, tu te lèves, l’air de rien, comme pour aller aux toilettes, un peu comme si tu te sentais pas bien. Puis quand tu arrives devant la porte, juste à côté de la petite cuisine où les hôtesses sont regroupées en troupeau pendant que tous leurs passagers dorment, tu fais un malaise.

Et là, ça marche à tous les coups : elles te prennent dans leur bras, t’allongent délicatement sur le sol, te caressent le visage, puis te mettent un masque à oxygène (ben oui, de nos jours, faut se protéger… sortez couverts). Pendant quelques instants de délice, tu es le centre de leur attention, jusqu’à ce qu’un steward arrive avec un vieux médecin qui voyageait à la place 47E. Là tu te dis que c’est raté : comme tu as en plus peur du steward (tu sais ce qu’on dit sur les stewards…), et qu’il fait sombre, tu reprends vite tes esprits, et tu retournes t’asseoir sans réveiller l’arpenteuse, qui t’engueulera ensuite quand tu lui raconteras, parce que tu as eu le culot de risquer encore une fois de mourir sans elle.

Et pour tout dire, cette chute était bien meilleure que celle de ce billet... mais ça tu l’avais deviné tout seul.

« Flashback » baroudeur, par Arpenteur, tour operator depuis 1971

(c)photo arpenteuse2007 - etosha, namibie

Publié dans Flashback

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Martin Lothar 08/05/2007 23:11

Finalement, le stewart était peut-être un bon coup hein ! MDR !L'essentiel c'est que tu sois de retour sain et sauf (du moins sauf) A+

ophise 05/05/2007 22:06

Les hommes et les serpents... histoire d'une phobie... j'en suis réduite à exterminer les miens (de serpent) à coup de bêche pendant que l'Homme fait semblant d'être très occupé par une touffe d'ortie à l'autre bout du monde...
Zetes surs qu'il n'y a rien de phallique dans l'affaire ?????????

TT02 05/05/2007 18:37

C'est beau les Oryx mais faut pas que le plafond soit bas sinon ça raye.

Fyfe 05/05/2007 13:07

Moi je dis qu'avec un serpent comme ça dans l'avion tu peux sévèrement emballer qui tu veux dans l'avion, dans une ambiance "on va tous mourrir". Paraît que c'est le meilleur moment pour le seske (si on en croit tous les films hollywoodiens).