Se la pète ici

courrier des lecteurs, lettres d’insultes non anonymes, demandes d’autographes, commandes de produits dérivés, achat des droits pour le cinéma, conseils pour devenir joueur de pipeau professionnel, sponsoring à plus de cinq zéros, ou autres raisons indispensables de me contacter directement ? glissez votre message dans l’enveloppe, léchez le timbre, et collez-le ici 

 

 

 

***

DURA LEX...

Toutes les lettres (et les chiffres aussi, allez, soyons pas radin) formant les mots qui constituent ce blog, ainsi que tout ce qui s’y trouve, y compris la super méga géniale bannière, sont protégés par la loi, des playmobils surarmés, et plein d’autres trucs plutôt cool. Alors on ne copie pas, on ne vole pas, on ne tire pas les cheveux des filles à la récré, sinon, je vais chercher des copains très baraqués, et on vient tous chez toi manger des pizzas aux anchois sur ton canapé, mettre tes boyaux en guirlande sur ton yucca, et casser ta télé. Alors fais super gaffe les gens. 

 

 

 

 

 

 

 

Avec le temps va

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Virgules

Vendredi 17 février 2006

 

Je suis quelque part en Suisse, le pays avec les montagnes en or où coulent des rivières de chocolat. 

J’ai pas vu Armstrong (pas le cycliste) marcher sur la lune, mais je sais ce que c’est un Golgoth. 

L’entrejambe de mes pantalons ne m’arrive pas aux genoux, mais je connais « les Musclés ». 

J’ai eu une télévision sans télécommande, mais je dis jamais que je « kiffais grave » ça, et de toute façon, il n’y avait pas 1000 chaînes pour zapper. 

J’ai connu de l’émail dans les baignoires, et pas que dans ma « boîte de réception ». 

J’ai connu très intimement (oui, oui, avec la langue et tout) des «Boules à 10» qui coûtaient vraiment 10 centimes, mais je n’ai jamais goûté de «Mistral gagnant» (les bonbons, pas la chanson). 

J’ai plus souvent regardé l’Académie des Neuf que la Star Academy des boeufs. 

Je n’ai jamais rien acheté dans un camion Migros, mais j’ai pris le train avec de minuscules billets en carton bicolore. 

Je travaille près d’un clavier avec des livres, mais je ne suis pas un pianiste nain assis sur des encyclopédies. 

J’ai déjà envoyé un courrier avec une enveloppe autour et un timbre léché dessus. 

Je ne sais pas si cette présentation vaut un passeport biométrique, mais faudra faire avec. 

« Vos papiers, svp ! »  

 

« Virgule » du commencement, par Arpenteur, auto-robot-portraitiste depuis 1971

Par Arpenteur
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Jeudi 23 février 2006

Qui n’a jamais frisé le désespoir, lorsque, heureux et les intestins soulagés, il se retourne vers le porte papier, pour constater avec effroi, qu’il ne contient qu’un tube de carton vide, sans la moindre petite feuille salvatrice ? 

Qui n’a jamais pesté de colère en imaginant les misérables options qui lui restent dans ce cas là pour continuer dignement la journée ? 

Le choix n’est pas très large, pour ne pas dire merdique, surtout que les possibilités varient selon les endroits dans lesquels on se trouve, évidemment : 

Dans des toilettes de restaurant ? 

Osera-t-on appeler à l’aide le prochain visiteur, à travers la porte, pétrifié de honte ? Nul doute qu’on laissera passer quelques « clients », en restant bien silencieux et discret, avant, en désespoir de cause, de ravaler son reste de fierté, de se déculotter, même si c’est déjà fait, et d’implorer l’assistance ironiquement généreuse d’un inconnu… 

A la maison ? Cela paraît sans doute plus facile. 

On peut par exemple se résoudre à utiliser le journal que l’on était en train de lire à condition soit qu’il ne soit pas suffisamment intéressant pour mériter un autre sort, soit pas racoleur au point de risquer de vous créer d’inutiles démangeaisons. Même si se torcher avec la gueule de certains (mon dieu que je suis vulgaire, pardonnez-moi) peut parfois procurer un bien-être délicieux. 

Ou alors on peut se lever, et sautiller bêtement, le pantalon sur les chevilles, en souhaitant que le couloir soit libre à ce moment-là, jusqu’à la réserve, tout en priant pour que celle-ci ne soit pas vide. Et faire le retour avec l’espoir que personne n’ait entendu la boucle de la ceinture cliqueter sur le sol à chaque petit saut. 

Mais de là à comprendre ce Floridien de 56 ans, qui a battu à mort son colocataire de 58 ans avec une masse et un marteau fendu, parce qu’il n’y avait plus de papier toilette chez eux… La victime n’a pu être identifiée que par ses empreintes digitales. 

On imagine l’état de celles du meurtrier, vu la cause de la dispute, et là, on se réjouit vraiment, mais alors vraiment, de ne pas être flic en Floride… 

« Virgule » hygiénique, par Arpenteur, proctologue depuis 1971  

 

mercredi 22 février 2006, 3h55 Un homme accusé en Floride d'avoir battu son colocataire à mort en raison d'une pénurie de papier toilette MOSS BLUFF (AP) - Un homme est accusé en Floride d'avoir battu son colocataire à mort avec des marteaux après une dispute en raison d'un manque de papier toilette à leur domicile, ce week-end. Paul Crow a été arrêté et inculpé lundi pour meurtre, selon le poste du shérif du comté de Marion, qui précise que l'accusé, après avoir nié les faits, a avoué sa culpabilité durant l'interrogatoire. Crow, 56 ans, a expliqué qu'il s'est violemment disputé avec son colocataire Kenneth Matthews, 58 ans, parce qu'il ne restait plus de papier toilette chez eux. Ce dernier aurait alors brandi un fusil, avant que Crow ne le batte à mort avec une masse et un marteau fendu, selon ses déclarations. Le corps de la victime a du être identifié par empruntes digitales tant les dommages étaient importants, selon les enquêteurs. AP mgh/v638 http://fr.news.yahoo.com/22022006/5/un-homme-accuse-en-floride-d-avoir-battu-son-colocataire.html 

   

Par Arpenteur
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Vendredi 17 mars 2006

On n’ose imaginer la cause la dispute qui a opposé Juan et Irma, un couple de mexicains : tacos trop cuit ? burritos pas assez fourrés ? tequila trop douce ? devoir épeler encore une fois le nom de leur village en jouant au scrabble (Oxkuzcab, 10'000 puntos !) ?. Ou peut-être un classique litige de télécommande, genre foot contre Starac. 

En tout cas, le mexicain moyen a le sang chaud et ne fait pas dans la dentelle quand il s’engueule avec sa femme. Et elle n’est pas en reste non plus. 

Le jeter de la porcelaine de grand-mère par terre, les coups de rouleau à pâtisserie, et le découpage des fringues ne sont plus à la mode. La discipline devient plus sérieuse et nécessite maintenant de réels talents d’artificier. 

Juan voulait sans doute postuler chez Al Quaida, mais n’avait qu’une moustache (ben oui, tous les mexicains ont une moustache non ?), et Irma rêvait de se lancer dans une carrière de charcutière, mais le tablier rosi de sang ne lui va pas au teint, et puis surtout, elle est trop maigre. Chacun ses frustrations. Mais attention à la goutte qui fait déborder le vase. 

Si le moindre petit couple latino, perdu quelque part au Yucatan se la joue à l’arme de destruction massive, on peut se féliciter que le couple Bush reste uni. Sinon, on aurait tôt fait de voir un porte-avion croiser dans la baignoire de Laura, et des hélicoptères furtifs chargés de missiles nucléaires lancés à la poursuite de George dans la chambre à coucher. 

En tout cas, si jamais les époux Espinoza vous invitent à dîner, ne ratez pas cette occasion de faire la bombe (à noter que cette auberge n’est étrangement pas conseillée par le guide du routard).

« Virgule » blindée, par Arpenteur, armurier depuis 1971

Dispute conjugale à l'arme lourde au Mexique MEXICO (Reuters 14 mars 2006) - Un couple de Mexicains a terminé à l'hôpital après une dispute qui a dégénéré en véritable "guérilla conjugale" à coups de couteaux, d'armes à feu et, pour finir, de bombes artisanales, rapporte le quotidien Milenio. Selon le journal, la dispute entre Juan Espinosa et Irma Contreras s'est terminée par l'explosion d'une petite bombe artisanale à l'essence qui a détruit la maison des "amoureux" à Oxkutzcab, dans la province du Yucatan, dans le sud-est du pays. Espinosa a déclaré à la presse qu'il était ravi que sa femme ait été brûlée au troisième degré dans l'explosion. Quant à Contreras, elle a regretté de ne pas avoir eu l'occasion "de lui trancher sa virilité" lors de la dispute.

 

Par Arpenteur
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Mercredi 22 mars 2006

Hubert Cromagnon, c’est un secret pour personne, ne s’épilait pas. Pas plus qu’il ne se mettait de crème anti-rides. Normal, à quoi bon, il n’avait pas de miroir.

Hubert Cromagnon, ne participait pas aux tâches ménagères, si ce n’est en déposant près du feu la dépouille encore tiède d’un quelconque petit rongeur (ben oui, il devait bien plus souvent attraper des petits trucs un peu ringards que des mammouths, soyons réalistes), pour nourrir Madame Hubert et les quelques enfants survivants, dont il s’employait à renouveler le cheptel tous les jours (Madame Hubert disait alors que son homme était bon chasseur, « mais trop sexuel »).

Le temps a passé. Les mammouths ont disparu. 

Le monde a changé, les femmes aussi. Hubert aussi. On a inventé des villes, avec le métro. Hubert est devenu métrosexuel.

Puis Hubert n’a plus pris le métro, et il est devenu « über » (sans doute la merveilleuse nouvelle orthographe s.m.s.ienne).

Hubert s’épile parfois, se regarde dans le miroir en se rasant, et participe aux taches ménagères, en faisant tomber de la pizza sur le canapé pendant la Champions League (si, si, parfois il les nettoie lui-même, à la mi-temps).

L’Hubert est devenu sexuel, et non plus animal. Perso, ça m’arrange, car la chasse au rongeur, c’est pas trop mon truc. Et puis se raser c’est quand même plus pratique pour manger des spaghettis à la crème. Essayer de cuisiner c’est sympa aussi et ça fait toujours plaisir. Et ça peut même faire hurler de rire (et ne dit-on pas « femme qui rit… » ?). Jouer avec des enfants, c’est le rêve non ? puisqu’on n’a jamais grandi. En plus on s’en fait féliciter au lieu de blâmer…

Alors merci à la journaliste Ariane Ferrier de remettre (ici) d’une plume étincelante l’église au milieu du village plutôt que le feu au centre de la grotte…

« Virgule » ethnologique, par Arpenteur, chasseur depuis 1971   

Par Arpenteur
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Vendredi 31 mars 2006

Mike Horn et Borge Ousland (c’est lui l’autre) ont enfin retrouvé le soleil. Leur barbe commence à dégivrer. Quand ce sera fait, ils iront prendre une douche (enfin j’espère, et surtout qu’ils ne viennent pas la prendre trop près). 

Ils ont parcouru 1000 km à ski sur la banquise, pour atteindre le Pôle Nord, avant le printemps, que le soleil ne reparaisse sur l’horizon, dans la nuit 24 heures par jour, et le reste aussi. 

Pourquoi donc se cacher et le faire de nuit ? Voulaient-ils cambrioler quelques igloos en passant, pour éviter d’avoir à transporter trop de matériel ? Ou peut-être est-ce une simple allergie au soleil qui les a contraints à faire ça dans le noir ? 

Autre piste : Monsieur Corne étant sud-africain, c’est un geste politique pour amener la réconciliation dans son pays, et démontrer qu’on peut faire autre chose dans le noir que lui donner des coups de matraque. 

Et ce coup-ci en plus, Monsieur Corne (ce nom n’a rien à voir avec le fait que sa femme reste des années à l’attendre au Tea room de Château d’Oex) n’est pas parti tout seul. Commencerait-il à avoir les chocottes ? Peut-être qu’il a simplement peur des fantômes dans le noir. Qui sait ? 

Ou alors il avait besoin de quelqu’un pour lacer ses chaussures ? Non quand même, il n’est pas du genre à ne rien savoir faire de ses dix sept doigts. 

Quoique… 

Ben oui, la dernière fois, il était parti tout seul, de jour, et avait eu les doigts gelés en voulant resserrer ses bottes. Alors qu’il touchait le but du doigt. 

Ca lui a fait une bonne leçon, lui qui pensait faire le tour du Cercle polaire à pied comme ça, les doigts dans le nez, eh bien il s’était plutôt mis le doigt dans l’œil. Et il a dû s’en mordre les doigts d’avoir eu une idée pareille. 

A force de manger sur le pouce (même si rien ne pousse en ces contrées), et de ne pas avoir opté pour le velcro, il a quand même été à deux doigts d’y rester. Il a dû se sortir les pouces du cul pour se faire rapatrier, amputer et recoudre (essayez d’envoyer un SMS ou de passer un fil dans une aiguille avec des moufles…). L’Histoire ne dit pas s’il a laissé ses doigts aux ours blancs, avec lesquels il vaut mieux éviter, paraît-il, de jouer au doigt-donneur. 

Heureusement, avec l’aide de sa femme et de ses deux filles, avec lesquels il est uni comme les cinq quatre trois doigts de la main, il a pu repartir, leur foutre la paix, et réussir enfin son défi. Des gars comme ça, ça se compte sur les doigts d’une main (et la sienne en plus). 

Maintenant, il va rentrer, et bonne nouvelle pour sa femme : ils pourront enfin dormir la lumière éteinte. Le petit Mike n’a plus peur du noir. 

Mais bon, mon petit doigt me dit qu’il ne vas pas rester longtemps à la maison à obéir à sa femme au doigt et à l’œil. J’en mettrai ma main à couper. 

Ca fait longtemps qu’il a mis le doigt dans l’engrenage, et il ne va pas tarder à repartir pour une autre aventure. 

Doigt devant…

« Virgule » déglaçante, par Arpenteur, chirurgien-plasticien depuis 1971

Par Arpenteur
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Jeudi 13 avril 2006

Je commence par observer. Longuement. Je regarde le groupe, puis j’en choisis un. Je m’arrange pour l’isoler, puis je l’emmène. 

Chez moi, loin des siens. A la cave, dans le noir. Je ne le nourris pas. A quoi bon. 

J’attends l’envie. 

On en parle à la télévision. Dans la presse. Je m’en délecte. 

Et puis un jour, ça me prend. Très vite souvent. 

Il faut que je le fasse. Plus rien ne peut me retenir. Son heure est venue. 

Je vais le chercher. Il sent que c’est la fin. Ses yeux sont figés. Il ne peut rien dire. 

C’est excitant ce pouvoir. 

Dehors la nuit tombe. Je l’emmène dans la pièce habituelle. Lumière suave. Ca sent la bougie parfumée. J’aime les atmosphères douces. Ca contraste. Ca les rassure. C’en est que plus excitant. 

Près de la fenêtre. Rideaux tirés. Je m'installe à ma place. Toujours là même. 

Concentration et silence. J'aime ces moments de solitude. 

Je commence par l'oreille droite. Toujours. 

Puis la gauche. Toujours. 

Parce qu'il y en a que deux. 

Les cris sont étouffés par le plastic. Je les découpe. 

Lentement, méticuleusement. 

Il ne faut pas gâcher le travail. Se retenir d’aller trop vite. 

Le plaisir vient du temps que l’on prend à jouir du moment. 

Je dépose les oreilles sur le côté, sur un petit sachet. Je vais peut-être les garder. Encore un trophée. 

Puis je le regarde. Sans ses oreilles, il a l'air niais et suppliant. Il a mal. 

Mais je dois finir mon ouvrage. C'est comme ça. J'aime ça. Il n'a pas eu de chance, c'est tout. 

Je lui casse un membre. D'un coup, comme ça. Et je lis la surprise dans ses yeux. Puis un autre.

Je presse son nez, son visage. De plus en plus fort. A lui en faire éclater la tête. Mais pas trop, pas tout de suite. 

Puis, quand dans un craquement elle explose, c’est l’extase. Je reprends lentement mes esprits. Enfin je suis apaisé. 

Et lentement je le dévore. 

C'est sympa Pâques non? 

« Virgule » assassine, par Arpenteur, chocolatier depuis 1971

Par Arpenteur
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Jeudi 27 avril 2006

Tout le monde a un jour mis des petites croix dans les cases en espérant en faire une grande sur sa vie. 

Moi aussi un jour j’ai joué. A la vraie, la grosse. Celle pour les mecs, avec des poils et tout. L’Euromillion qu’ils disent. J’ai regretté. Ca m’a foutu les jetons (pourtant des jetons pour un jeu d’argent, ça tombait bien). 

100 millions d’euros… 

C'est que ça prend de la place. S’ils te donnent des pièces d’1 euro par exemple, ça te fait une pile de 100km de haut. Vu que tu n’as aucune chance de réussir à la faire tenir debout, le mieux c’est de les aligner, debout sur la tranche, face contre face (les 3-4 premières c’est difficile, mais après ça va). Et là, tu as un rouleau de 100km… de chez toi jusqu’à ailleurs, rien que des pièces de 1 euro. Au moins 1h de bagnole, sur l’autoroute et s’il n’y a pas de travaux, pour toutes les voir. Sûr que tu t’en fais piquer un bon paquet en plus. 

Même si on te donne des billets de 10 euros, tu auras quand même une liasse d’environ 1km250 de haut, 4 tours Eiffel. Ça fait vite prise au vent, et tous tes billets de foutre le camp un peu partout.

Bon, si je gagnais, je pourrais les ranger ailleurs, dans une banque pour faire plaisir à Marcel O., aux courtiers et autres assureurs qui se feraient un plaisir de me lécher le cul (sûr que là je serais moins regardant sur mon hygiène. Ben oui, tant qu’à faire…). Mais ils en piqueraient aussi au passage. Pas si grave, de toute façon c’est impossible à dépenser, à moins de faire la guerre à l’Irak. Là oui, tu dépenses ça toutes les heures (450 milliards, soit 450'000 millions, en trois ans quand même). Mais bon, c’est un peu chiant. Il faut parler américain, il y a du sable, il fait chaud, et tout et tout. 

Si je gagne, je serais généreux, mais jamais assez. Je devrais expliquer sur les manchettes du « Machin » pourquoi j’ai pas changé de voiture, ni acheté une île au soleil, ni un jet privé, une équipe de foot, pourquoi je n’ai pas un yacht de 60m de long avec un équipage de 10 personnes pour décapsuler ma bière, pourquoi à la Saint-Valentin je n’ai pas offert une bague plus grosse, et pourquoi je n’habite pas dans un maison de 42 pièces avec vue sur l’amer. On parlerait sûrement plus de moi que de Miss Suisse, ou des tresses de Cindy. 

Mais moi, je veux pas tout ça. 

Devoir fuir pour éviter d’être harcelé. Me cacher pour pas qu’on enlève quelqu’un de ma famille contre une rançon. Bouffer du caviar à la louche et boire du champagne, en me faisant chier comme un rat mort sur une plage déserte. Discuter avec des banquiers et des assureurs. Fréquenter des stars pleines, et coucher avec des mannequins vides. Créer une fondation pour les orphelins du Sida, et ne plus dormir la nuit parce que même avec les 100 millions je n’arrive pas à faire grand chose. 

Non, moi je voulais rien changer. 

Mais j’ai eu du bol. 

J’ai perdu. 

« Virgule » chanceuse, par Arpenteur, croupier depuis 1971 

Par Arpenteur
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Mardi 2 mai 2006

En 24 heures, Jack Bauer a passé 4839 coups de téléphones sans exploser son forfait Premium Plus de chez Motorola (et sans jamais le recharger). Il a découvert une taupe sans même mettre ses lunettes, et il ne l’a pas mangée, même qu’il a la monstre dalle, vu qu’il ne s’est rien mis sous la dent depuis des plombes. Il a désamorcé un terroriste qui voulait faire la bombe dans un bar en lui envoyant un SMS (il lui en reste 812 gratuits pour ce mois-ci) pour le faire sortir : « jte kif tro vi1 2or ». Il a sauvé la vie de son collègue qui s’est coupé les veines en changeant sa carte SIM. Après une course poursuite en voiture, à pied, en hélicoptère, en skate et en vélo, il a réussi à prouver que les accusations d’intoxication des Chicken McNuggets au H5N1 par des terroristes islamistes n’étaient qu’un scénario, et qu’en fait il était le personnage d’une série télé. 

Les producteurs lui ont offert une montre, et il a resigné pour 5 ans. 

En 35 heures, Jacques Lemaraicher est arrivé deux fois en retard (mercredi et jeudi), il a lu l’Equipe en intégralité, et tout commenté à la cafétéria pendant chacune de ses 5 pauses quotidiennes. Il a failli terminer un sudoku niveau 1, il a réussi à se planquer trois fois quand son supérieur est arrivé dans son bureau. Il a organisé ses vacances au Club Med, et s’est inscrit pour la prochaine grève. Il a fait tous les concours de Camping-car magazine, et a terminé le mot fléché en ne trichant que 6 fois. Il a envoyé 2 dossiers terminés voilà 3 mois aux archives, et a fait 9 téléphones, dont 8 privés. Il a signé 4 pétitions pour que l’on supprime la surveillance internet à l’intérieur de l’entreprise, et a essayé 7 fois de s’inscrire au Maillon faible. Il a été content de voir enfin arriver le week-end, « on nous prend vraiment pour des esclaves putain ». 

Avant de partir, il a rangé son bureau, et a demandé une augmentation. 

*****

En ce lendemain de fête du travail, il me semblait bon de remettre la pointeuse au milieu du couloir… 

« Virgule » syndicaliste, par Arpenteur, horloger depuis 1971

(c)photo arpenteur2005

Par Arpenteur
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Jeudi 4 mai 2006

« Monsieur Arpenteur est prié de se rendre à la porte 56E, dernier appel pour Monsieur Arpenteur, porte 56E . Mister Arpenteur please proceed to the gate 56E, last call for Mister Arpenteur, gate 56E » 

Et je cours dans les couloirs, traînant un sac qui doit peser dans les 12 tonnes, quelques fringues, des bouquins, et 42 kg de chocolat pour mes amis. 

Bloqué sur l’escalator derrière un couple de vieux en partance pour les Canaries pour la 9ème année consécutive, vu l’état de leur t-shirt Gran Canaria, j’ai le temps de me délecter de l’horrible sensation de la sueur qui imprègne une chemise neuve (mais oui, vous savez, la fraîcheur de la goutte qui coule lentement sous l’aisselle). 

Mon sac se coince dans un tourniquet, quand j’entends encore une fois mon nom. Je fais semblant de rien, car je m’étais juré que jamais je ne me ferais appeler dans un aéroport. 

Je passe le contrôle de sécurité, et évidemment ça sonne de partout. On me fait vider mon sac car mon trousseau de clé ressemble à un missile nucléaire. Puis je me retrouve en chaussettes, dont une trouée, essayant d’une main de retenir mon pantalon dont on m’a enlevé la ceinture, et j’essaie tant bien que mal de refermer mon sac sous les yeux de voyageurs de tous pays (planétaire la honte, je vous dis), pendant qu’un agent fait semblant d’ignorer la délicieuse odeur que dégagent mes chaussures qu’il est en train d’examiner avec soin. 

Après un ultime sprint, j’arrive à la porte d’embarquement 56G, d’où une hôtesse qui a dû commencer sa carrière avec Blérioz me renvoie sans ménagement jusqu’à la porte 56E. Elle a d’ailleurs bien raison. 

Je fouille dans ma veste à la recherche de ma carte d’embarquement, en faisant mine de ne pas entendre les soupirs de l’hôtesse. Soulagé, je la lui tends quand elle me réclame mon passeport en souriant, mais sur le ton qu’un garde-chiourme utiliserait contre son pire ennemi. Je le retrouve au fond de mon sac, entre mon téléphone et le missile nucléaire. 

Un dernier 100m dans la passerelle, et je suis accueilli avec un sourire par le personnel de bord. Mais je ne suis pas dupe… Les regards des autres passagers me font clairement sentir leur irritation, et j’ai déjà honte de l’odeur que je vais dégager. Je plains le pauvre qui aura le siège 24C juste à côté de moi. 

L’avion commence à rouler. Le signal « attachez vos ceintures » clignote en émettant un bip agaçant. 

Je me retourne et d’un plat de la main jovial j’éteins le réveil. 

Faut pas que je sois en retard, je pars en vacances…  

« Virgule » touristique, par Arpenteur, sprinter depuis 1971

(c)photo arpenteur2004

Par Arpenteur
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Mardi 30 mai 2006

Qu’y a-t-il de plus dur, un lundi matin pluvieux (ou même un autre matin d’ailleurs), que de voir revenir de vacances un collègue qui vous exaspérait déjà avant, et qu’il vienne vous gâcher la pause-café avec son sourire détendu, et sa peau bronzée (je ne dis pas tannée, parce que bientôt c’est vous qu’il va tanner). 

Eh bien oui, il y a pire : c’est de le croiser dans les transports en commun. 

Parce que là, pas d’échappatoire possible, et en plus, il fera partager sa merveilleuse expérience de retour à la nature à tous les passagers, en vous prenant systématiquement à témoin : 

« Tu sais, ce qu’on a vraiment aimé sur la Côte d’Azur, c’est de sortir des sentiers battus, de partir à l’aventure, et retrouver le côté authentique des choses » (en clair : on allait même à la plage en passant par la petite ruelle entre les 2 hôtels qui nous masquaient la vue, et qu’elle était même pas goudronnée la ruelle, et que même des fois, il y avait un linge pendu à la fenêtre de la cuisine du Riva Bella qu'on aurait dit le sud, et que même on gagnait du temps, en évitant la rue que prennent bêtement tous les touristes). 

Là, vous hochez la tête d’un air admiratif (pas à cause de ma prose ma foi fort gouleyante), mais de cette expérience aventureuse teintée de courage et d’esprit pionnier. 

« Tu sais (oui, il commence toujours par « tu sais », parce que lui il a voyagé, alors il sait, et pas toi), ce qu’il faut, c’est éviter les endroits touristiques (ok, la prochaine fois, que j’irai sur la Côte d’Azur, je prendrai aussi la petite ruelle entre les poubelles du Riva Bella et de l’hôtel des Flots bleus), car c’est seulement là que tu découvres la vraie vie des gens du coin, c’est là que se cache la richesse d’un voyage, et c’est ça qui est passionnant » (en clair : en passant, tu entends le clandestin bulgare payé au noir pour faire la plonge dans la cuisine du Riva Bella, qui chante d’un air mélancolique le tube de la gagnante de sa StarAc nationale, en souvenir du bon temps au pays). 

C’est ça le trend maintenant : tout le monde veut éviter les endroits touristiques (ben oui, c’est plus classe, moins beauf quoi, comme de dire « trend » non ?). A tel point que même les guides de voyage et les agences te disent comment les éviter, comment faire et où aller. 

Du coup, tous les touristes se retrouvent dans des lieux non touristiques, qui du coup, le deviennent. Parfait exemple de caudophagie (ou auto-herpétophagisme, dit aussi « théorie du serpent qui se mord la queue »). 

Alors s’il te plaît Raymond, arrête, toi et moi, où que l’on aille, on sera toujours des touristes. 

Allez ma pause est finie, suis de retour au boulot, et je n’irai pas à la pause café. Je veux pas être le Raymond du jour… 

« Virgule » aventurière, par Arpenteur, cafetier depuis 1971 

(c)photo arpenteur2006 

Par Arpenteur
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