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Pourquoi on a toujours la queue la plus longue à la Poste, et jamais dans les vestiaires du foot à 13 ans…?
Voilà une des fameuses Lois de Murphy, la trop connue « loi de l’emmerdement maximum LEM ».
C’est sûr, et tout le monde l’a un jour expérimenté. Tu entres dans la poste (ou ailleurs, peu importe, ça marche partout…), tu regarde les 4 files d’attente.
Tu te concentres, tu analyses : éviter la queue avec la vieille dame et son caddie à roulette qui est venue faire ses paiements, ne surtout pas se mettre derrière la secrétaire encombrée de 3 sacs de recommandés, fuir le quadragénaire moustachu à l’air grincheux avec son paquet mal ficelé dont le contenu va s’écraser sur le sol avant l’arrivée au guichet…
Après cette examen tout à fait professionnel de la situation, fruit de nombreuses semaines passées dans des files d’attente. Semaines oui. (Imaginons, 30 minutes minimum de file d’attente (toutes queues confondues) par semaine, 52 semaines par an, disons que tu es au milieu de ta vie, et que tu fais la queue seul depuis au moins 20 ans, soit 31’200 minutes de queue, soit 3 semaines 24 heures sur 24, sans dormir, ni manger, ni aller au toilettes, et ça c’est dur, car c’est chiant la queue…). Bref
Sûr de ton analyse toute en profondeur, tu choisis le guichet No 3. Pour passer le temps, tu regardes la progression des autres queues. La femme enceinte de la file No 2 arrivée 5 minutes après a déjà deux rangs d’avance. Au guichet No 4, le mec en sur-vêtement et chaussures de ville, l’air grisâtre du fonctionnaire à l’assurance-maladie, que tu as dépassé en entrant dans le bâtiment, marmonne un bonjour à la guichetière.
Dans un soupir, tu t’étonnes encore de t’être fait Murphyser…
Et ce n’est pas fini. Tu es alors soumis aux inévitables corollaires de la LEM :
Corollaire No 1 : lorsque enfin tu reprends espoir en t’approchant du guichet, l’étudiant ébouriffé juste devant n’a pas rempli ses bulletins, n’a pas écrit l’adresse sur les enveloppes, n’a pas assez d’argent, et entreprend donc un fastidieux tri parmi ses factures pour choisir les plus urgentes, en les commentant à haute voix, le plus mollement du monde.
Corollaire No 2 : la guichetière No 3 est la plus lente et maladroite de tous les offices de poste de l’hémisphère nord. Son sourire est aussi jovial que celui d’une contractuelle qui te voit arriver vers ta voiture juste à temps pour ne pas te faire coller, et elle entreprend d’aider l’étudiant, en remuant vivement les papiers qu’il venait enfin de finir de trier.
La sueur perle à ton front. Tu comprends pourquoi le port d’arme est soumis à autorisation.
Puis c’est ton tour. Tu essaies de sourire.
La vieille dame avec le caddie est déjà chez elle en train de nourrir son chat, penchée sur la gamelle de kitekat autant que le permet sa prothèse de hanche dernier cri, lorsque tu laisses tomber ta monnaie qui se répand sur le sol dans un tintement infernal qui ne masque même pas les soupirs d’exaspération des clients qui attendent derrière.
« Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi moi ?… »
Si tu étais le seul, tu crierais au complot. Mais il paraît que c’est pour tout le monde pareil. Alors tu te fais une raison, et jure qu’on ne t’y reprendras plus…
Et désolé, moi, comme toi, je n’ai pas de réponse à cette question universelle : Pourquoi a-t-on toujours la queue la plus longue à la poste et jamais dans les vestiaires du foot à 13 ans ?
Sans doute pour avoir des souvenirs à se remémorer dans les files d’attente, et pouvoir se dire qu’il y a pire, non ?
« Pourquoi » sans réponse, par Arpenteur, maître-queue depuis 1971
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