Moment de solitude

Publié le par Arpenteur

Qui n’a jamais frisé le désespoir, lorsque, heureux et les intestins soulagés, il se retourne vers le porte papier, pour constater avec effroi, qu’il ne contient qu’un tube de carton vide, sans la moindre petite feuille salvatrice ? 

Qui n’a jamais pesté de colère en imaginant les misérables options qui lui restent dans ce cas là pour continuer dignement la journée ? 

Le choix n’est pas très large, pour ne pas dire merdique, surtout que les possibilités varient selon les endroits dans lesquels on se trouve, évidemment : 

Dans des toilettes de restaurant ? 

Osera-t-on appeler à l’aide le prochain visiteur, à travers la porte, pétrifié de honte ? Nul doute qu’on laissera passer quelques « clients », en restant bien silencieux et discret, avant, en désespoir de cause, de ravaler son reste de fierté, de se déculotter, même si c’est déjà fait, et d’implorer l’assistance ironiquement généreuse d’un inconnu… 

A la maison ? Cela paraît sans doute plus facile. 

On peut par exemple se résoudre à utiliser le journal que l’on était en train de lire à condition soit qu’il ne soit pas suffisamment intéressant pour mériter un autre sort, soit pas racoleur au point de risquer de vous créer d’inutiles démangeaisons. Même si se torcher avec la gueule de certains (mon dieu que je suis vulgaire, pardonnez-moi) peut parfois procurer un bien-être délicieux. 

Ou alors on peut se lever, et sautiller bêtement, le pantalon sur les chevilles, en souhaitant que le couloir soit libre à ce moment-là, jusqu’à la réserve, tout en priant pour que celle-ci ne soit pas vide. Et faire le retour avec l’espoir que personne n’ait entendu la boucle de la ceinture cliqueter sur le sol à chaque petit saut. 

Mais de là à comprendre ce Floridien de 56 ans, qui a battu à mort son colocataire de 58 ans avec une masse et un marteau fendu, parce qu’il n’y avait plus de papier toilette chez eux… La victime n’a pu être identifiée que par ses empreintes digitales. 

On imagine l’état de celles du meurtrier, vu la cause de la dispute, et là, on se réjouit vraiment, mais alors vraiment, de ne pas être flic en Floride… 

« Virgule » hygiénique, par Arpenteur, proctologue depuis 1971  

 

mercredi 22 février 2006, 3h55 Un homme accusé en Floride d'avoir battu son colocataire à mort en raison d'une pénurie de papier toilette MOSS BLUFF (AP) - Un homme est accusé en Floride d'avoir battu son colocataire à mort avec des marteaux après une dispute en raison d'un manque de papier toilette à leur domicile, ce week-end. Paul Crow a été arrêté et inculpé lundi pour meurtre, selon le poste du shérif du comté de Marion, qui précise que l'accusé, après avoir nié les faits, a avoué sa culpabilité durant l'interrogatoire. Crow, 56 ans, a expliqué qu'il s'est violemment disputé avec son colocataire Kenneth Matthews, 58 ans, parce qu'il ne restait plus de papier toilette chez eux. Ce dernier aurait alors brandi un fusil, avant que Crow ne le batte à mort avec une masse et un marteau fendu, selon ses déclarations. Le corps de la victime a du être identifié par empruntes digitales tant les dommages étaient importants, selon les enquêteurs. AP mgh/v638 http://fr.news.yahoo.com/22022006/5/un-homme-accuse-en-floride-d-avoir-battu-son-colocataire.html 

   

Publié dans Virgules

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Elle est à Part 08/08/2011 11:26



Le point commun entre un auteur (oui, il peut être auteur de blog aussi) et un constipé ? (outre le fait qu'ils puissent tous deux être chroniques) : l'angoisse de la page blanche.


C'est pas de moi (juste une partie), c'est du Chat. Mais ça me semblait à propos. (et comme je me mets martel en tête pour commenter chaque article, les citations des autres vont probablement m'y
aider. J'ai du retard à rattraper !)



Marie 30/01/2009 14:10

Comme tu n' as pas vu Amstrong marcher sur la lune (moi si, je me suis levée tout exprès) je sais qu'il ne faut jamais se rendre aux toilettes sans mouchoir en papier, élémentaire ...