Poire ou conduire...?

Publié le par Arpenteur

Ca se passe au Moyen-Age, un mercredi en fin de matinée, vers 11h14 pile, (si je dis mardi en fin d'après-midi, cela se verra que j’ai piqué le concept ailleurs).

Gunther von Raspenhofenburg vient de garer sa caravane au camping du Pinson Jovial, sur la côte sud du Royaume de Provence orientale. Briguiteuh, sa chair cher et tendre épouse se précipite vers leurs amis estivants et néanmoins voisins. Il s’agit de Ruud et Greitje Wjooerdenboeken venus tout droit de Rotterdam, prendre possession de l’emplacement XXVII, qu’ils réservent d’année en année, depuis 38 ans.

« - Greitje, Greitje, ik heb hulp nodig! (à partir de là, les dialogues sont en français, sans accent, parce que le néerlandais avec l’accent allemand, écrit en plus, c’est bof bof…).

- Hej Briguiteuh, dis donc tu te portes toujours aussi bien.

- C’est Gunther qui se porte pas bien là. On s’est arrêté chez Char-Grill sur l’Haute-Route, juste avant le col, et Gunther a mangé quelque chose qui ne lui a pas réussi. Il a des gaz plutôt épais, et ça coule de partout. Vous n’auriez pas quelques onguents ou autre potions pour nous aider à nous sortir de ce mauvais pas. Je ne crois pas qu’il pourra aller jusqu’au latrines, il n’ose déjà plus bouger de son siège.

- Ah oui ? fais voir ? ».

Et Greitje s’approche de son ami estivant et néanmoins voisin Gunther, non sans avoir contourné son gigantesque stock de nourriture et de matériel, ce qui lui prend au bas mot, quelque temps.

- Oh dis donc, en effet, ça n’a pas l’air d’aller fort.

- C’est ça rigole, répond Gunther d’un air crispé, mais n’oublie pas que si je n’arrive pas à aller au latrines, c’est vous les voisins les plus proches ».

Prenant tout à coup conscience de la gravité de la situation, et craignant pour ses marchandises transportées avec courage depuis les Pays-Bas (c’est pas facile, car tout le trajet est en montée du coup), Greitje appelle Ruud, qui prenait un pot chez les Belges de l’emplacement XIX, venus à vélo (l’agence mondiale anti-dopage a contrôlé ce post, qui est officiellement à l’eau claire).

Lorsque Ruud entendit crier sa femme, il la rejoignit en courant aussi vite que lui permettaient ses sabots de bois nu-pieds, appelés autrefois « Tongs », à cause du bruit qu’ils faisaient (en fait là, il court, donc ça fait « tong tong tong tong tong… »).

- Que se passe-t-il, hurla-t-il, craignant que son stock de Gouda n’ait été dérobé.

- Ruud, est-ce qu’on a une potion pour Gunther ? il a des problèmes d’entrailles.

Ruud s’approcha du pauvre Gunther au visage tordu de douleur, et le voyant se mit à rire comme un bossu (c’est une expression, Ruud n’est pas bossu, il est juste grand comme un Haut-landais, et a tendance à se pencher pour parler aux autres, ou pour rire).

Il riait, il riait, à s’en faire dans les shorts.

- Eh les gars, cria-t-il à l’intention de ses collègues d’apéro, venez voir la poire à l’allemand, apparemment faut l’aider à se vider….

- Pauvre con, hurla Gunther, la poire à l’allemand, tu peux te la mettre au cul !!

« Virgule » étymologique, par Arpenteur, caravanier depuis 1971

Publié dans Pourquoi

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Marie 25/02/2009 20:44

Si je puis me permettre, ce sont surtout les britanniques qui voyagent avec toutes leurs denrées UK. A part cela je me suis pliée de rire, du vécu naturellement au pays où les marmottes mettent le chocolat dans du papier alu (c'est la pub, pas une critique parce que j'ai un couteau suisse, un vrai avec la croix dessus)

C4l1m3r0 25/07/2006 10:10

Dieu, c'que c'était compliqué à c't'époque.Surtout le mercredi.

STV. 24/07/2006 15:52

Merci, bon appétit à toi aussi ! :)

Lavomisse 24/07/2006 13:54

Mais je vois qu'ici aussi, on cause latrines sur le coup des douze heures ;-)