Disco-saure

Publié le par Arpenteur

Comme les gens font des enfants de plus en plus tard, ils ne peuvent pas regarder les dessins animés avec leurs rejetons. Par conséquent, il a fallu inventer les discothèques pour les plus de 28 ans, pour qu’ils puissent aller écouter les génériques de dessins animés de leur enfance sans honte, ainsi que des tubes chantés par des gens qui n’ont jamais été sauvés par des SMS pour continuer l’aventure.
Il se trouve que dans les environs d’ici, donc genre un peu la campagne quelque part en Suisse, il y en a une depuis peu. Toujours soucieux de te rendre moins con (si, si, je te jure c’est possible), et surtout de ne pas rentrer trop tôt, l’arpenteur a pris le risque inouï d’y aller, lui qui déteste la danse (qui le lui rend bien, d’ailleurs, cette salope, mais là n’est pas le propos).
Grâce à ce courage journalistique trop rare de nos jours, il peut t’abreuver de judicieux conseils, si toi aussi tu veux aller danser sur Ohé ohé capitaine Flam abandonné
Tout d’abord une boîte provinciale pour les plus de 28 ans, c’est en dehors de la ville, entre des réservoirs géants pour du pétrole libyen et la ferme de Gustave-Marcel Duchemin, d’où cette riante odeur sur le parking. Donc mieux vaut venir avec le nez bouché, ou un verre dedans, le nez (mais en taxi alors, ou accompagné, attention hein !). D’emblée tu constates avec une certaine appréhension, que tu trouves très facilement une place de parc…
Du coup, tu hésites un peu devant la porte du J*, mais comme tu n’as pas envie de rentrer, tu rentres (réfléchis, tu vas comprendre…………… làààà bien… tu vois, elle était bonne, non ?)
Une fois entré, on te prend ta veste, parce que c’est vestiaire obligatoire, et le préposé ne t’encourage pas spécialement en disant : « il n’y a pas grand monde »… Mais il a surtout l’outrecuidance de ne pas te demander ta carte d’identité cet enfoiré… alors que je le rappelle c’est interdit aux « moins de 28 »…

Non mais oh… pas le sens du commerce les gars… Toujours flatter le client, on ne vous l’a jamais dit à l’école des « patron de boîte » de Goumoëns-sur-Arbaz ?
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, tu passes le rideau, et tu te retrouves d’un coup d’un seul dans l’épisode 439 de Derrick (celui où il enlève ses lunettes deux fois). Le décor est tel que tu vérifies tout de suite si ce n’est pas Horst Tappert qui est aux platines mange-disque. Mais non, c’est DJ Franky, celui que tu évitais à chaque fois qu’il était dans un bar, depuis que tu as 18 ans… mais apparemment, il a enfin appris à se taire entre les chansons…
La musique est sympa, et pour une fois, tu reconnais deux trois morceaux, et le son n’est pas trop fort, ce qui est agréable et reposant pour les piles de ton sonoton. L’air détaché, tu poses tranquillement ta bière sur une table basse en formica, qui change de couleur toute seule, et tu essaies d’avoir l’air cool (le principe même d’une enquête, c’est de ne pas se faire repérer), en discutant avec tes vieux potes de ta première sortie en boîte, comme un ancien combattant.
Tu ne tardes toutefois pas à te demander ce que tu fais là. Ca se remplit lentement. Quelques clients pas trop rouillés essaient de danser, dont le père de Kevin, et la mère de Sim, mais aussi la réceptionniste de la maison de Commune, le droguiste, celui qui a une entreprise de peinture, et l’assistante dentaire, entre autres.
Il n’est pas dur d’imaginer que le plan drague de base n’est pas « vous habitez chez vos parents », mais plutôt « vous avez divorcé quand ? », pendant les slows (oui, oui, il paraît qu’il y a des slows, comme à la boum pour les 13 ans de Christophe, en 1984)…
Mais vers deux heures du mat’, tu es complètement claqué, alors tu rentres chez toi, en regrettant déjà d’être venu, car tu sais qu’au moins jusqu’au mardi suivant tu auras la tête dans le cul… et le tien en plus, ce qui n’est pas le plus amusant, il faut le reconnaître…
Mais il y a aussi du bon. Par exemple, tu ne paies pas l’entrée, et c’est le seul endroit que je connaisse où les boissons non alcoolisées pour le chauffeur sont gratuites…
Comme quoi l’adage « plus tu deviens vieux, plus tu deviens con », n’est peut-être pas forcément juste…
« Coup d’œil » dans le rétro, par arpenteur, disc-jockey depuis 1971

(c)photo arpenteur2004 - rejkjavik, islande 

*le nom complet restera anonyme car d’une part je n’ai pas été payé pour cette publicité (mais suis ouvert à toute proposition), et d’autre part, l’arpenteur est secret… et vénal, puisque moyennant corruption active, il est possible que je cafte, si quelqu’un a vraiment envie d’aller visiter et qu’on me le demande par mail…

Publié dans Coup d'oeil

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CarrieB 25/05/2008 19:30

Ben oui, c'est là (aussi) qu'on se rend compte qu'on vieillit. J'ai eu l'occasion d'aller en boîte de nuit récemment, et je dois dire que je m'y sentais nettement moins à l'aise qu'à mes 16 ans, et que la plupart des autres clients (qui eux, avaient 16 ans) me regardaient l'air de dire "mais elle s'est trompée d'endroit la vieille, c'est pathétique".Je ne suis a priori pas si vieille que ça, mais c'est la que la relativité prend tout son sens.

féekabossée 23/05/2008 21:38

Haaann ! Alors cette fois, voilà, le Mac**ba n'est plus la seule boîte à danser de ton chez toi ?Tu crois qu'ils vont aussi faire le salon de l'auto avec les clientes de plus de 28 ans, en string panthère ? Tu sais les filles de la boum à Christophe en 1984...

schizozote 22/05/2008 20:24

Tu as donc plus de 28 ans. Misère miséreuse et misérable... Une fois n'est pas coutume, je ressens les titillements d'un très léger mais pourtant capital désaccord avec toi : rentrer la tête dans ses propres fesses comporte certains avantages, surtout si tu as mangé 10 kg de pétales de roses la veille. Blague à part, c'est bon de te relire :)