Ca sent le sapin

Publié le par Arpenteur

Discrètement, on nous a rappelé ce week-end que voilà un an, la couverture journalistique du tremblement de terre qui a secoué le Pakistan et fait des milliers de victimes avait été presque inexistante (comme les couvertures sur place, d'ailleurs). Enfin on nous a plutôt rappelé que ça avait eu lieu, vu qu’ils en avaient quasiment pas parlé à l’époque. On était loin d’un raz-de marée tsunami (raz-de-marée ça fait ringard, pardon) d’infos, et par conséquent de dons…

Cela m’a ramené un an en arrière, à ce reportage radio que j’avais entendu, réalisé par une amie, depuis le Pakistan, quelques jours après la catastrophe, où elle racontait les répliques, la nuit dans les ruines et l’odeur de la mort.

C’est déjà pas mal que quelques journalistes en aient parlé. Des centaines de milliers de morts, et une couverture médiatique bien moins épaisse que pour l’élection de Miss Suisse, dont on se foutait (et dont on se fout toujours) éperdument, et qui a squatté nos journaux pendant des mois (en même temps que la grippe aviaire d'ailleurs...coincidence?). Enfin nos journaux, c’est un bien grand mot… Mais le journal le plus lu quand même…

Mais surtout, quelle drôle de sensation que d’entendre une amie parler de cela quand on vient de sortir d’un lit bien chaud et qu’on est sur le chemin du travail : cette nuit, elle a « senti la mort au milieu de ruines et des pleurs d’enfants », alors que moins de huit jours avant nous mangions, buvions et riions ensemble.

Quelle odeur cela peut-il bien avoir la mort ? Comment se sent-on après une telle expérience ? Pourrais-je faire la part des choses après avoir côtoyé une telle misère ?

Eh bien heureusement, ce genre de chose n’empêchent pas de partager un bon repas, quelques semaines plus tard, sans le relever…

Etrange pudeur.

Terribles et cruels paradoxes du monde.

Mais que faire ? Le simple fait de ne pas savoir répondre à cette question est d’une terrible lâcheté. Mais je suis lâche. Ma seule consolation est que je suis de loin pas le seul.

Mais dire ça, c’est aussi d’une lâcheté sans nom…

« Dis, ça sent quoi la mort ? »

« Flashback » catastrophique, par Arpenteur, parfumeur depuis 1971

(c)photo arpenteur2005

Publié dans Flashback

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MarcelD 06/12/2006 23:01

La non couverture médiatique est honteuse.
Ne pas en parler avec ton amie, ça doit s'appeler de la pudeur, je crois.
"le stade ultime de la parole, c'est le silence" proverbe japonais

STV. 12/10/2006 12:05

Le courage de quoi ? Que devrait-on faire ? Porter un deuil ? Tout plaquer et partir là-bas pour aider à reconstruire ? Devenir médecin (si possible sans frontière) ? C'est vrai que c'est gênant, de ne pas savoir répondre à ces questions.

Arpenteur 12/10/2006 15:00

Le courage de ne pas l'accepter si facilement, tout simplement... ou le courage d'accepter de l'accepter si facilement....

Ada 10/10/2006 10:17

Oh oui, ♫ Où l'acheter, le courage ?♫