Les voix du seigneur sont impénétrables

Publié le par Arpenteur

Les hôtels c’est bien. Non seulement, la plupart du temps, ça veut dire que l’on est en congé, mais il y a aussi de super buffets de petit déjeuner devant lesquels tous les clients défilent. Dans presque tous les hôtels, pas besoin de chercher les étoiles.

Les hôtels autour de la Méditerranée, c’est bien. Non seulement, la plupart du temps, ils ne sont pas trop loin de la mer, mais il y aussi du carrelage dans toutes les pièces, y compris les chambres, pour ne pas trop souffrir de la chaleur. Même en janvier à Barcelone. Tu ne risques pas de te brûler avec le sable, mais par contre tu hésites à poser le pied par terre en sortant du lit.

Vu que l’isolation ça ne sert pas à grand-chose dans ce genre de région, cela te permet de passer ton week-end en compagnie de tout le septième étage (et non à l’étage de la 7ème compagnie, quoique c’est un peu ça).

A la 704, tu as le couple de hollandais qui s’engueulent comme les murs plâtre, probablement pour savoir qui est le plus grand. En face, dans la 707, il y a les deux allemandes qui lorsqu’elles traversent le couloir font autant de bruit que le 28ème de cavalerie pendant la charge. Dans les hôtels en carrelage, les talons et les blondes devraient être totalement interdits. On dirait qu’elles font le tour de notre lit en essayant de nous percer les tympans à coups de talons. Mais non, elles marchent simplement dans le couloir.

Ma soppratutto, à la 708 et à la 706, il y a deux couples d’italiens. C’est sympa les italiens. Ils ont gagné la coupe du monde, alors rien que pour ça, on ne peut pas leur en vouloir. Mais pour d’autres choses, presque oui. D’abord tu as Gino, qui pour ne pas déranger sa femme, va téléphoner à la Mamma, dans le couloir. Il parle tellement fort qu’il ne se rend pas compte que même en sortant de la chambre, Fernanda entend toute la conversation comme si elle en faisait partie. Nous aussi d’ailleurs. Et même s’il n’était pas allé dans le couloir.

La Mamma est vite rassurée que tutto va bene, et que ritorna a casa bientôt, et que mangia abbastanza, si, si, et nous, nous sommes rassurés aussi. Puis les quatre amici non comminciano a sentire un pò la fatiga, mais plutôt se mettent à faire un concours de mime avec les mains, ou quelque chose du genre, et à glousser de rire comme s’ils étaient à la Scala di Milano. Mais nous, nous entendons très bien qu’ils ne sont pas à la Scala. Ils sont dans la 708. Ils se décident finalement à aller manger una pizza, et nous sombrons enfin dans un sommeil bien mérité après une semaine de dur labeur.

C’est alors qu’au milieu de la nuit, peu de temps après que la cavalerie allemande soit rentrée, et que j’aie réussi à me rendormir, je suis réveillé par un miracle.

« Ô Dio ! ô Dio ! ô Dio! » implore la ragazza de la 706. Au début je pense tout de suite à une apparition. Je regarde partout dans la chambre, mais pas le moindre spectre divin. Pourtant, vu le niveau sonore, je suis persuadé que cela se passe carrément au pied de mon lit, voire sur mon coussin. Les incantations reprennent de plus belle, entrecoupées de quelques gémissements, qui ne laissent planer aucun doute sur le miracle en train de s’accomplir : Fernanda est en train de faire croire à Gino qu’elle jouit. Simulateurs les italiens ? D’aucuns diront que dans les 16 mètres ça arrive parfois. Mais je peux vous confirmer que dans une chambre de 16m2… aussi. Enfin, les italiennes surtout.

Et apparemment les voix du seigneur sont loin d’être impénétrables. Quelques dizaines de « ô Dio ! ô Dio ! ô Dio ! » aussi crédibles que le doublage en suisse allemand d’un f*ilm p*orno moldave à 2 balles (n’y voyez aucun jeu de mot, merci) plus tard, Gino réussit à marquer le but, car la foule en délire Fernanda se calme. Les autres commencent alors dans la 708, mais de façon quand même un peu plus discrète. Je n’ai plus l’impression qu’ils sont dans mon lit, mais seulement sur le fauteuil sous la télé, et je parviens à me rendormir, sans savoir si l’autre partie se termine aussi sur un match nul.

Ce qui me permet de revenir au buffet du petit déjeuner, et au plaisir qu’il y a de voir défiler tous les clients, en imaginant qui est Dio, et qui a manifestement raté une carrière dans le doublage au cinéma.

Ben finalement on se dit que ça pourrait être n’importe qui, et que le reste de l’hôtel peut penser que c’est nous.

Et ça, ça fait froid dans le dos…

Impasse sur le buffet, deux croissants à l’emporter et on file en vitesse arpenter la ville…

« Flashback » sonore, par Arpenteur, europhile depuis 1971

(c)photo arpenteur2005

Publié dans Flashback

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moltaldo 14/04/2007 20:53

Bonjour , j’ai écrit un livre sur  décrivant l’expérience dont j’ai bénéficié auprés de Jésus …
 

Vous pourrez ainsi voir les informations sur ce livre à l’adresse suivante …
 

Cliquez sur le lien : http://lesvoixduseigneur.blogspot.com/
 


 

Merci de votre attention !
 

Très cordialement !
 

Mr Moltaldo

l'inconnu 07/02/2007 09:19

les voix, peut-être, mais les voies, apparemment, certainement pas impénétrables...Aaaah, les hotels à vocation européenne.. Il n'y a que ça de vrai, tient!SI ça se trouve, il regardait juste la finale de la coupe du monde? (ou celle de l'Euro 2000, ce qui expliquerait qu'elle se calme apparemment assez vite)

Tolga 05/02/2007 17:04

Barcelone ou ailleurs... certains hotels à Istanbul offrent le même concert. Reste à savoir ce que les bloggeurs italiens écrivent sur les arpenteurs français quand ils rentrent de leur séjour en Espagne. Tu as sans doute apporté, toi aussi, ta contribution à l'auberge sans t'en rendre compte. Sans doute.

Fyfe 05/02/2007 12:00

Y a pas à chipoter, ce blog est vraiment spirituel.Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai des apparitions divines à chaque passage, mais .... ;-)

dragibus 05/02/2007 10:48

peut être implorait elle Céline Dion pour qu'elle arrête sa carrière ?..